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(Miniature) L’interview bleue : Marion Gauthier-Rat
Photo : CEV
23/03/2018
L’interview bleue : Marion Gauthier-Rat
Marion Gauthier-Rat effectue une saison pleine, centrale d'une équipe de Nantes qui vient de se faire sortir en demi-finales de la Challenge Cup et s’apprête à disputer les playoffs en Ligue A. La grande sœur d'Arnaud, joueur de l’équipe de France de beach, qui pourrait retrouver les Bleues cette saison, se confie.
Vous vous êtes inclinées mercredi en demi-finale retour de la Challenge Cup contre Bursa, les Turques étaient-elles supérieures sur cette double confrontation ?
Oui, surtout sur la deuxième. La première, malgré le score de 3-0 qui peut paraître sévère, on avait réussi à les mettre bien plus en difficulté qu’au match retour à la maison, on avait proposé un niveau de jeu supérieur et on les avait surtout mises en difficulté au niveau du bloc/défense, elles avaient beaucoup plus de mal à faire les points. Malheureusement au retour, elles ont été un peu trop dans la facilité offensive, on n’a pas trop fait le poids sur ce coup-là.

Reste que l’aventure européenne aura été belle, qu’en gardez-vous ?

On aurait aimé aller plus loin, parce que nous sommes des compétitrices, mais nous sommes quand même très fières d’avoir atteint les demi-finales, c’est vraiment une belle expérience pour nous et pour le club. Si on doit garder quelque chose de cette aventure, ce n’est vraiment que du positif.

Parlons maintenant du Championnat, vous êtes officiellement qualifiées pour les playoffs depuis la dernière journée, était-ce un soulagement ?
Oui, après un début de saison un peu difficile, nous avions revu nos objectifs à la baisse, cette qualification pour les playoffs était très importante, cela fait un moment qu’on travaille beaucoup aux entraînements pour y arriver, on avait envie d’être récompensées aux matchs. Le coach nous avait fixé un objectif de victoires au milieu du mois de janvier pour parvenir aux playoffs, nous savions que cela se jouerait sur la régularité et qu’il faudrait aussi parallèlement poursuivre l’aventure européenne avec beaucoup de matchs à jouer et un effectif réduit, nous sommes soulagées et contentes d’avoir réussi à remplir cet objectif qui était important.

Comment expliquez-vous que vous ayez été contraintes de revoir vos objectifs de la saison à la baisse ?
C’est difficile de pointer une raison particulière. Nous avons essayé de mettre plusieurs choses en place, ça n’a pas forcément fonctionné, nous n’arrivions pas à mettre en place pendant les matchs ce que nous réussissions à faire aux entraînements, notre niveau de jeu était bien trop irrégulier pour prétendre nous installer dans le haut du tableau.

"Limiter l’impact offensif de Rivers"

Vous jouez à Béziers ce week-end, une équipe que vous avez de fortes chances de retrouver par la suite au premier tour des playoffs, comment allez-vous aborder ce match ?
Le match de ce week-end a une importance relative, dans le sens où notre qualification est assurée, ce qui était l’objectif principal. Après, c’est toujours assez intéressant de pouvoir jouer une équipe qu’on va retrouver. On sait que nous ne partons pas favorites, c’est évident en regardant le classement, mais on sait aussi que nous pouvons mettre en difficulté cette équipe de Béziers, nous allons tout faire pour, pour ensuite aborder les playoffs avec l’objectif de passer le premier tour.

Quel regard portez-vous sur cette équipe de Béziers ?
Elles ont de grandes qualités, leur jeu est très bien drivé par la passeuse, elles ont de grosses capacités offensives avec Rivers et des bonnes attaquantes d’ailes. Après, il faudra arriver à bien cadrer des joueuses et à limiter l’impact offensif de Rivers, et de notre côté exploiter au mieux notre jeu.

L’exemple à suivre pour contrer Rivers, c’est celui de Cannes en finale de la Coupe de France ?
Oui, quand on regarde le profil de Béziers, on voit qu’elle a un impact très important, après, Cannes l’a très bien fait, mais Cannes a les moyens de très bien faire, elles ont une équipe très complète avec de grandes individualités. Nous, il faudra le mettre en place peut-être un peu plus collectivement, trouver des tactiques de jeu pour essayer de bien limiter son impact.

Il faudra aussi compter sur votre public, le public nantais est-il toujours aussi chaud derrière vous ?

Oui. La première partie de saison, il a un peu été en manque de victoires, on a réussi à leur prouver sur la deuxième partie de saison et en Coupe d’Europe que nous étions bien déterminées à atteindre les objectifs et aller le plus loin possible, je suis sûr qu’il répondra présent lui aussi.

"Avec Arnaud, on est toujours en contact"

Parlons maintenant de vous : comment jugez-vous votre saison ?
Chaque saison est différente. Comme pour tout le monde, le début de la saison a été un peu difficile à vivre, parce que les résultats n’étaient pas là. Après, encore une fois, j’ai l’opportunité de beaucoup jouer cette saison, le coach et l’équipe comptent beaucoup sur moi, ce sont des responsabilités dans le jeu qui sont très bonnes à prendre et amènent beaucoup d’expérience. Je suis très satisfaite de pouvoir apporter à cette équipe jusqu’au bout et de manière plus efficace surtout en deuxième partie de saison.

La saison internationale va bientôt commencer, avez-vous comme objectif de renouer avec l’équipe de France, dont vous ne faisiez pas partie l’été dernier ?
Oui, l’année dernière, je n’avais pu aller en équipe de France pour des raisons liées à mes études et à mes genoux, je souffrais beaucoup. Là, j’ai déjà reçu des sollicitations pour faire partie du groupe élargi, j’attends comme les autres joueuses de voir quelle sera la sélection pour les différentes échéances, on devrait en savoir plus dans les semaines à venir.

Quel regard avez-vous porté sur ce nouveau projet qui se met en place ?
On a envie d’y croire. On a vu que la saison dernière, il y a eu de belles opportunités et de bons résultats, c’est encourageant, on a envie de se donner les moyens de réussir et de prouver aux gens que l’on peut aussi compter sur le volley féminin et que ça vaut la peine d’investir et de creuser dans cette voie-là. C’est plutôt positif, maintenant, il faut que ça perdure dans le temps.

Un dernier mot : l’un de vos deux frères, Arnaud, fait partie de l’équipe de France, de beach, arrivez-vous à suivre sa progression ?

Oui, on est toujours en contact, on se tient bien informés de nos parcours respectifs. Je suis très contente et fière de ce qu’il accomplit, tant qu’il est heureux et qu’il s’épanouit dans ce qu’il fait, c’est le plus important. Tout ce que je lui souhaite, c’est qu’il ait de la réussite à la hauteur de l’investissement qu’il met.

Se prend-on à rêver dans la famille de Jeux Olympiques ensemble en 2024 à Paris ?
Je pense que si ça arrive concrètement, ce sera plus pour lui que pour moi, je suis un peu plus vieille (elle aura 31 ans en 2024, Arnaud 27 ans), mais si c’est toujours ce dont il a envie de faire, ça serait un grand honneur pour lui, c’est quand même LA compétition que tout sportif rêve de faire dans sa carrière, ça me ferait évidemment très plaisir.