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Edouard ROWLANDSON / Youssef KROU






Edouard ROWLANDSON


Né le 20 juillet 1988
au Luxembourg

Palmarès Beach Volley
2018 : 1er FIVB World Tour Montpellier *
2015 : 2ème CEV Jurmala Masters
2015 : 3ème FIVB Fuzhou Open
2014 : 3ème FIVB Mangaung Open
2014 : 3ème FIVB Doha Open
2014 : 1er FIVB Xiamen Open
2014 : 2ème CEV Baku Masters



Palmarès Volley
52 sélections en équipe de France
2009 : Vice Champion d'Europe
2006 : Vice Champion d'Europe -21ans
2005 : Vice Champion d'Europe -19ans
2007-2012 : joueur à l'Arago de Sète
2005-2007 : CNVB





Edouard Rowlandson peut se targuer d’avoir été international à la fois en salle et sur le sable, puisqu’avant de briller en beach, c’est dans les gymnases qu’il s’est illustré. Arrivé à l’âge de 6 ans au Touquet après avoir vécu au Luxembourg, il y découvre le volley en même temps qu’une multitude d’autres sports, de l’athlétisme au rugby, en passant par le foot, le hockey sur gazon et le tennis. « A un moment, j’ai même failli arrêter le volley pour le tennis, j’étais 15/2 à 12 ans, pas assez pour percer, mais je prenais beaucoup de plaisir, mes parents m’ont conseillé de ne pas lâcher le volley. » Bien leur en a pris, puisque, à son entrée au lycée, Edouard intègre le pôle Espoir de Wattignies, avant d’effectuer un essai au CNVB. « J’y suis allé pendant un stage de l’équipe de France cadets et comme ils cherchaient un libéro, j’ai à la fois passé un test pour entrer au CNVB et intégrer cette équipe de France. »

L’essai est concluant et voilà le néo-libéro, jusqu’ici réceptionneur/attaquant, parti pour deux ans de formation à Montpellier, où il passe son Bac S et se fait remarquer en équipe de France jeunes (finaliste de l’Euro des moins de 19 puis des moins de 21). Il intègre ensuite à la fois l’ESC de Montpellier, qui lui propose un cursus adapté aux sportifs de haut niveau, et le club de Sète, réputé pour lancer les jeunes et où il va côtoyer Benjamin Toniutti, Baptiste Geiler, Emmanuel Ragondet… « Je me retrouve titulaire pour mon premier match lors du derby à Montpellier, avec de l’enjeu et de la pression. Ça s’est très bien passé, j’ai fini la saison titulaire et j’ai été appelé dans la foulée pour la première fois en équipe de France A par Philippe Blain. »

Des débuts en Bleu à jamais gravés dans sa mémoire : « Je me retrouvais avec des idoles dont j’avais le poster dans ma chambre, Stéphane Antiga, Hubert Henno, Pierre Pujol, c’était très très fort. D’autant plus que, Hubert Henno ayant quitté le groupe et Jean-François Exiga s’étant blessé, je me retrouve titulaire en Ligue Mondiale face au Venezuela devant 15 000 personnes, on gagne 3-2. » Reste que, entre Henno, Exiga et bientôt Grebennikov, la concurrence est rude au poste de libéro des Bleus : « Un été, comme je ne suis pas appelé, je participe aux Championnats de France de beach, je n’avais jusqu’ici jamais joué en 2x2. J’ai pris énormément de plaisir au point qu’avec mon partenaire, Grégory Brachard, on va en finale, seulement battus par les frères Cès, la paire française de référence. »

Vient alors le temps des interrogations : « Je venais de finir mes études en obtenant un Master, je sortais de ma meilleure saison à Sète, j’avais une opportunité pour partir en Pologne, je faisais régulièrement partie du groupe France, mais au fond de moi, je ressentais un peu de manque de plaisir à pratiquer mon sport. Je me suis renseigné auprès des joueurs de beach de l’époque et j’ai décidé de quitter mon confort pour me lancer dans une nouvelle aventure, mes collègues de l’Arago me prenaient pour un malade ! »

Commence alors une seconde carrière, entamée avec Yannick Salvetti à Montpellier sous la houlette de Stéphane Canet et Mathieu Hamel, avant de se poursuivre avec Andy Cès : « Comme il avait encore des points FIVB, il s’est proposé de jouer avec moi pour me permettre d’acquérir de l’expérience sur le circuit international, c’était une super opportunité, j’ai pu découvrir le World Tour. » Un an plus tard, c’est la rencontre décisive avec Youssef Krou, « qui avait envie d’ouvrir une nouvelle page », les deux hommes obtenant très vite des résultats, dont une victoire sur le World Tour de Xianmen. « Ça nous a permis de nous retrouver dans le top 30 mondial en un an et de bénéficier de plus de soutien de la part de la Fédération. »

Lancés vers les Jeux de Rio, les deux compères sont cependant freinés dans leur élan au cours de l’été 2015 suite à une blessure à la cuisse d’Edouard et manquent de peu la qualification. Pour le défenseur, c’est le coup d’arrêt : « Le fait de passer si près a été très difficile à digérer, j’ai alors décidé de couper et de me lancer dans une aventure complètement différente, j’ai ouvert un salon de thé avec ma compagne aux Deux-Alpes. » La coupure, « riche et intense », dure deux ans, le temps de « prendre conscience que c’est une immense chance de vivre du sport de haut niveau », et pour son retour à l’été 2018, Edouard remporte le tournoi de Montpellier avec Olivier Barthélémy avant de retrouver Youssef Krou pour une deuxième campagne de qualification olympique.

Interrompue une première fois en février 2019 lorsque ce dernier se blesse sérieusement à l’épaule en demi-finale du World Tour de Sydney, puis un an plus tard par la pandémie de Covid-19. Malgré cela, l’ancien Sétois, père d’une deuxième petite fille pendant le confinement et qui va profiter de l’été 2020 pour se marier en Ecosse, d’où est originaire son père, y croit dur comme fer, avec un double objectif olympique en tête : « A 32 ans, j’ai la certitude que mes meilleures années sont devant moi. Le report d’un an des Jeux nous laisse une chance de nous relancer dans la course à la qualification et derrière, on vise Paris 2024 qui est l’objectif ultime de notre carrière de beacher. »
 

Youssef KROU


Né le 19 juin 1989
à Agadir (Maroc)


Palmarès Beach Volley
2017 :3ème Montpellier*
2017 : 2ème Sydney °°
2015 : 2ème CEV Jurmala Masters
2015 : 3ème FIVB Fuzhou Open
2014 : 3ème FIVB Mangaung Open
2014 : 3ème FIVB Doha Open
2014 : 1er FIVB Xiamen Open
2014 : 2ème CEV Baku Masters



Palmarès Volley
2007 : Champion d'Europe cadets
2009-2014 : joueur à l'AS Cannes
2010 : Vice Champion de France avec l'AS Cannes
2007-2009 : CNVB





Après une enfance passée entre la France, l’Allemagne et Madagascar, Youssef Krou, né à Agadir, a posé ses valises à l’adolescence à Cannes où il a découvert le volley en suivant des amis. Il prend sa première licence en minimes à l’AS Cannes, où ses qualités physiques tapent dans l’œil des responsables du pôle Espoir local, Marc Rousselin et Eric Rouer, qu’il intègre au moment de son entrée au lycée Carnot. Il rejoint ensuite le CNVB, où, devenu réceptionneur/attaquant (il était auparavant central), il se forme deux ans aux côtés d’une sacrée génération, de Marc Zopie à Earvin Ngapeth en passant par Benjamin Toniutti, Guillaume Quesque, Fred Barais, Julien Lyneel, Kevin Tillie et Kévin Le Roux, remportant en équipe de France cadets un titre européen et une médaille de bronze mondiale en 2007.

A sa sortie du CNVB, Youssef retrouve Cannes, où il découvre la Ligue des champions sous les commandes de Laurent Tillie - « On avait joué contre Kazan de Lloyd Ball et Maxim Mikhailov, j’étais un petit jeune, j’étais vraiment impressionné par tous ces noms » - et vit quelques belles saisons avec « une équipe de dingues », composée notamment de Pierre Pujol, Loïc Geiler, Ludovic Castard, Samuele Tuia et Pascal Ragondet. La dernière, perturbée par une blessure, se passe moins bien, poussant le natif d’Agadir à opérer un tournant décisif dans sa carrière.

« J’ai senti que j’avais besoin de changement, et un jour de novembre 2013, au retour d’un match à Nantes-Rezé, Eddy (Edouard Rowlandson), que j’avais souvent croisé lorsqu’il jouait à Sète, m’a appelé pour me proposer de faire un essai de beach à Montpellier. J’avais souvent joué en 3x3 l’été, mais jamais en 2x2, je trouvais ça trop technique et trop physique. » L’essai se passe bien, puisque Mathieu Hamel, alors en charge du secteur masculin, propose à Youssef de rejoindre l’équipe de France. « Je n’ai pas beaucoup hésité, j’avais besoin d’un nouveau challenge. J’ai fini ma saison en salle et j’ai embrayé sur des entraînements à Montpellier. »

Six mois plus tard, après une médaille d’argent au Masters européen de Baku, le nouveau duo qu’il forme avec Edouard Rowlandson remporte un tournoi du World Tour à Xiamen et enchaîne sur deux troisièmes places, à Doha et Mangaung. « Notre niveau de confiance a alors explosé, on a continué à surfer sur cette vague en 2015 en refaisant une deuxième place au Masters européen, ce qui nous a permis de nous qualifier pour les Mondiaux, où, malheureusement, Eddy s’est blessé, ce qui nous a fait rater les gros tournois de l’été. » Dès lors, la course à la qualification olympique pour Rio se complique, le duo échouant de peu, poussant Edouard Rowlandson à faire une pause.

« Cette non-qualification a été très compliquée à digérer, parce que quand tu te fixes un objectif élevé, que tu y mets beaucoup d’investissement que tu ne l’atteins pas, tu mets du temps à te relever. J’ai accepté l’envie d’arrêter d’Eddy, mais de mon côté, comme j’étais encore jeune dans le beach, j’avais vraiment envie de continuer. » Il est alors associé à Quincy Ayé, passant de bloqueur à défenseur. « L’expérience a été très enrichissante parce que je me suis familiarisé avec une autre vision du jeu. Et au niveau résultats avec « la Quince », on a réussi à performer, avec notamment deux médailles d’or à Agadir et à Yantarmy pendant l’été 2017. »

En septembre 2018, « quand Eddy est descendu de sa montagne », le duo Rowlandson/Krou est reconstitué et performe d’entrée, 5e fin 2018 sur le World Tour de Qinzhou, demi-finaliste en mars 2019 à Sydney, moment où l’épaule droite de Youssef cède sur une attaque. « J’étais au top de ma forme, rien ne laissait penser que ça pouvait lâcher. Ça a été un gros coup d’arrêt, j’ai mis du temps à retrouver la mobilité, la force et surtout la confiance. » En mars 2020, c’est la pandémie de Covid-19 qui freine les deux compères, un contre-temps que Youssef a mis à profit pour définitivement se rassurer au niveau de son épaule opérée, mais également pour se pencher sur son avenir via un bilan de compétences et l’obtention de la VAE (validation des acquis de l’expérience) dans la perspective d’un diplôme d’entraîneur.

« J’arrêterai sans doute le sport de haut niveau après Paris 2024, où on veut décrocher une médaille avec Eddy. Après, je pense que j’aurai envie d’utiliser mon expérience pour la rendre au beach, peut-être en entraînant, avant de tirer mon chapeau et de faire autre chose. » Pourquoi pas de la danse, Youssef confiant une passion pour le lindy hop, né aux Etats-Unis au début du 20e siècle ?