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02/01/2018
L'interview bleue - Youssef Krou : « Faire notre nid dans le Top 20 »
L'année de beach-volley débute sur les chapeaux de roue avec un tournoi FIVB World Tour 4 étoiles à La Haye du 3 au 7 janvier. Tournoi auquel participent plusieurs paires françaises, dont les n°1 masculins, Quincy Ayé et Youssef Krou. Ce dernier évoque les objectifs de l'année 2018.
 
Quel bilan dressez-vous de votre saison 2017, marquée notamment par deux médailles d'or (CEV Satellite de Yantarny et World Tour 1 étoile d'Agadir) et une d'argent (2 étoiles de Sydney) ?
Nous avons fait une belle saison. Au début, nous étions encore à tâtonner chacun à nos postes, mais il y a eu un déclic l’été dernier sur le tournoi en Ukraine (à Kharkiv début juillet) quand nous avons gagné 2-0 contre les deux Arnaud (Loiseau et Gauthier-Rat). On a senti un vrai « switch », et à partir de ce moment-là, on a commencé à enchaîner des bons résultats et surtout, nous avons réussi à développer notre jeu tactiquement, individuellement et collectivement. Au final, le bilan est très positif, avec des médailles, mais on va dire que nous étions dans la cour d’avant la cour des grands. On a fait de bons matchs contre de belles équipes, cette saison, il va falloir jouer comme ça quasiment tous les matchs.

Comment avez-vous préparé cette saison ?
« Préparé », c’est un grand mot, parce que nous ne nous sommes arrêtés que deux semaines après Sydney (fin novembre), ensuite nous avons continué à nous entraîner. Il n’y a pas vraiment eu de coupure entre la saison 2017 et la saison 2018, nous sommes dans la continuité avec l’envie de performer sur des tournois un peu plus relevés pour faire notre nid dans le Top 20.

Cela fait maintenant plus d’un an que vous avez changé de poste, passant de bloqueur à défenseur, vous sentez-vous désormais bien adapté ?
J’ai tout de suite adhéré à ce changement de poste, avec une vision plus globale du jeu, moins d’initiatives à prendre dans le jeu, il faut être plus patient. Après, il y a encore énormément de boulot, j’ai travaillé deux ans et demi au bloc, là, ça fait un an que je travaille en défense, je peux faire encore beaucoup mieux. Mais c’est très plaisant de sentir les progrès au quotidien, je pense qu’ils se voient sur nos résultats. Que ce soit Quincy ou moi, nous avons progressé dans nos secteurs respectifs.

Vous formiez un duo soudé avec votre précédent coéquipier, Edouard Rowlandson, cela prend-il du temps de retrouver la même entente avec un partenaire différent ?

Ça prend forcément du temps, surtout que le relationnel est différent. Avec Eddy, nous avions déjà tous les deux un passé professionnel dans le monde du volley (ils avaient joué en salle), Quincy l’avait aussi, mais en tant qu’aspirant, c’est un niveau différent. Avec Quincy, notre relation est basée sur de la confiance, de la patience, de la performance à venir, plutôt que sur un résultat immédiat. Il y a vraiment beaucoup beaucoup de potentiel si nous continuons à travailler comme ça. Je me souviens qu’Eddy m’avait dit quand nous avions commencé à jouer ensemble, que le beach était un sport dans lequel tu ne peux pas te cacher et qui nécessite à un moment de sortir tes tripes sur le terrain pour progresser et gagner. Si tu n’as pas ce caractère, c’est très difficile voire impossible de performer. Ce côté, Quincy l’a clairement, je pense que petit à petit, il va le montrer encore davantage, se responsabiliser, prendre de plus en plus de place sur le terrain jusqu’à arriver à une sorte d’équilibre entre nous, c’est ça, le but.

La saison dernière, vous avez brillé sur des tournois CEV Satellite et World Tour une ou deux étoiles, le prochain palier, c’est de faire de même sur les trois-quatre-cinq étoiles ?
Oui, bien sûr, ce serait dans la continuité de notre progression. Maintenant, il ne faut surtout pas mettre la charrue avant les bœufs. Je suis persuadé qu’il y a du potentiel, il y a aussi du travail, maintenant, à nous de profiter de chaque entraînement et de chaque tournoi pour glaner la qualification à Tokyo, qui est notre objectif des deux ans à venir. Si nous y arrivons, ce sera le résultat du travail. J’ai raté les Jeux avec Eddy pour des raisons liées à l’expérience, normalement, ces raisons ne se reproduiront pas. Maintenant, il y a aussi d’autres objectifs intermédiaires à réussir avant.

Qu’attendez-vous de ce premier tournoi du World Tour de l’année à La Haye ?
Personnellement, je vais toujours sur un tournoi pour faire une médaille et je sais que quand on joue chacun entre 75 et 95% de nos moyens, on est très forts, ce serait bien d’atteindre ce niveau. Maintenant, c’est tôt dans l’année, comme nous n’avons pas eu de vraie coupure, nous n’avons pas encore eu de gros travail physique et technique, cette partie-là arrivera après les deux premiers tournois de l’année, à La Haye et en République tchèque (European Masters à Pelhrimov, 11-14 janvier). L’idéal sur ce tournoi de La Haye, ce serait d’augmenter nos « entry points » (points permettant d’être qualifiés dans la meilleure position possible sur les tournois du World Tour).

Le Brésilien Lissandro Carvalho a récemment été nommé responsable du secteur beach, comment accueillez-vous son arrivée ?
C’est un plus indéniable, il a une carrière d’entraîneur qui plaide pour lui. C’est en outre intéressant de travailler avec d’autres entraîneurs, venus d’horizons différents, pour voir leurs méthodes et leurs temps d’entraînements. Je suis persuadé qu’il y a beaucoup à prendre pour progresser.
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Cinq paires françaises à La Haye. Cinq duos tricolores sont engagés cette semaine sur le World Tour 4 étoiles de La Haye : dans le tableau masculin, Youssef Krou et Quincy Ayé sont directement admis dans le main draw, tandis que les paires Maxime Thiercy/Arnaud Gauthier-Rat et Olivier Barthélémy/Romain Di Giantommaso (composées en cours de saison dernière) passeront par les qualifications (deux tours à élimination directe). Qualifications également du côté féminin pour Aline Chamereau/Alexandra Jupiter et Alexia Richard/Lézana Placette, ces dernières se retrouvant pour l'occasion en raison des blessures de leurs partenaires respectives, Margaux Carrère et Ophélie Lusson.