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(Miniature) Que sont-ils devenus ? Jean Hornain
Jean Hornain en 1979 entre Alain Fabiani et Séverin Granvorka (photo DR)
26/01/2018
Que sont-ils devenus ? Jean Hornain
Suite de notre série consacrée aux anciens internationaux, avec aujourd’hui un focus sur Jean Hornain, joueur de l’équipe de France au début des années 80, devenu par la suite dirigeant d’entreprise, passé notamment par la direction de L’Equipe TV et du Parisien.
Comment avez-vous découvert le volley ?
C’est totalement une affaire de famille, puisque mon papa jouait au volley-ball, pas à haut niveau mais j’ai traîné avec lui dans les gymnases depuis tout petit ; ma mère, qui était une basketteuse, s’était aussi mise au volley, mon frère aîné y a joué, ma petite sœur aussi, nous avons passé nos enfances dans les gymnases, au printemps sur les tournois sur l’herbe et l’été sur la Côte basque à toucher la balle. C’est un sport qui m’a très vite passionné et dans lequel j’ai ensuite connu les sélections de jeunes, les Espoirs, puis l’équipe de France militaires et l’équipe de France A.

Quel a été votre parcours en club ?
Mon premier club a été le PUC, de l’âge de 11 ans jusqu’à 17 ans. Je suis alors parti au CSM Clamart avec mon frère, avec un premier titre de champion de France juniors dont je me rappelle encore, puis l’intégration dans l’équipe A, avec une très jolie aventure à la clé dans un club magnifique. Ensuite, j’ai fait une saison au Stade Français, puis je suis parti jouer trois années avec la superbe équipe de l’AS Cannes.

A quel poste jouiez-vous et quelles étaient vos qualités principales ?

J’étais contreur central, je jouais en balle rapide, mais j’étais aussi réceptionneur prioritaire, parce que malgré ma grande taille (1,98m), j’étais très à l’aise derrière. Je n’étais pas le joueur le plus puissant, mais j’avais un jeu complet et j’étais très apprécié pour la qualité de ma réception, je m’entendais très bien avec Alain Fabiani à Cannes et en équipe de France, j’arrivais à le servir exactement comme il aimait pour qu’il puisse jouer, souvent en suspension.

Si vous deviez isoler quelques grands souvenirs de votre parcours de volleyeur ?
En club, c’est le titre de vice-champion d’Europe des clubs champions, la Champions League de l’époque, avec l’AS Cannes (1983), les seuls qui nous ont battus étaient le CSKA Moscou qui était l’équipe de l’URSS à l’époque. Pour nous hisser en finale, nous avions réussi à sortir les Italiens de Parme devant leur public. Ensuite, je garde un très bon souvenir de notre quatrième place au Championnat d’Europe en 1979 qui s’est déroulé en France, j’étais le plus jeune joueur à intégrer l’équipe, je n’avais que 18 ans. Cette quatrième place était à l’époque une vraie performance, parce qu’il fallait quand même battre les pays de l’Est qui dominaient notre sport. En tout, j’ai un peu moins de 200 sélections, j’ai joué de 1979 jusqu’au Championnat d’Europe 1985 qui a été ma dernière compétition et dont je garde aussi un excellent souvenir, puisque nous avions remporté la médaille de bronze. Après, je me suis blessé au genou et je me suis dit qu’il fallait passer à autre chose.

Comment s’est passée votre reconversion ?
Quand j'étais joueur, j’avais suivi les études de l’époque pour les sportifs de haut niveau, c'est-à-dire le professorat d’éducation physique. J’ai fait quatre années à l’INSEP et j’ai passé mon CAPES en 1982 puis l’agrégation en 1986 à l’arrêt de ma carrière. Ma seconde carrière aurait dû être celle d’un professeur d’EPS, mais mon aventure a bifurqué. Je devais prendre mon poste au Lycée Michelet, à Vanves, quand j’ai rencontré le professeur d’EPS de HEC qui m’a dit que les sportifs de haut niveau avaient accès au concours d’entrée du MBA de HEC, je me suis donc inscrit et je me suis retrouvé à faire un troisième cycle d’études, d’abord à Jouy-en-Josas, puis à Montréal, j’avais comme copine de classe la skieuse Perrine Pelen, nous étions les deux sportifs de la promotion. Ça m’a fait découvrir un tout autre univers, celui de l’entreprise, avec la gestion, la finance, le marketing, les RH… J’ai énormément appris et au bout d’un an et demi, je suis parti à Londres pendant deux ans où j’ai travaillé dans une banque d’affaires, j’avais envie de découvrir d’autres horizons. L’univers bancaire ne m’ayant pas passionné, j’ai commencé un parcours assez long dans la télévision et les médias.

Vous avez notamment intégré le groupe Amaury…
J’ai d’abord travaillé dans le dessin animé, puis j’ai effectivement monté les activités télévision du groupe Amaury, en m’occupant notamment de la vente des droits du Tour de France et de la production des images du Dakar. J’ai ensuite monté la chaîne L’Equipe qui existe depuis 1998 et les activités digitales de L’Equipe avec lequipe.fr. La famille Amaury m’a par la suite confié les rênes du Parisien, le journal historique du groupe, que j’ai dirigé pendant dix ans. Là, je viens d’opérer une nouvelle reconversion, puisque je suis depuis un an et demi directeur général de Citeo, l’entreprise en France qui gère le recyclage des emballages et les papiers, les fameuses poubelles à couvercle jaune que vous pouvez voir dans les rues. Je suis donc dans l’économie circulaire et le recyclage, une activité qui a beaucoup de sens et me passionne. Vous voyez, entre le prof de gym, la finance, les dessins animés, les médias et maintenant le recyclage, je suis un spécialiste de la reconversion !

Avez-vous gardé un lien fort avec la famille du volley ?
Oui, je vois toujours mes vieux potes, Hervé Mazzon, Laurent Tillie, Philippe Blain, Eric Bouvier, je fais aussi partie de l’association des anciens internationaux. Ça a été ma famille pendant longtemps et même si la vie a fait que les uns et les autres ont pris des chemins différents, j’ai toujours une très grande affection pour ce sport et notamment pour cette période au cours de laquelle nous avons eu une génération formidable, j’ai adoré. Je vais en revanche très peu voir de matchs, j’ai adoré jouer, mais je suis un moins bon spectateur, je n’ai pas non plus eu la vocation d’entraîneur, mon plaisir était d’être sur le terrain.

Avez-vous tout de même suivi le parcours récent de l’équipe de France de Laurent Tillie ?
Oui, bien sûr, j’ai beaucoup d’admiration pour ce que fait Laurent. Franchement, ce n’est pas facile, parce que le niveau mondial est très très élevé. Dans un contexte où le niveau physique est très impressionnant, l’équipe de France arrive à tirer son épingle du jeu alors qu’elle n’est pas physiquement la plus puissante, elle doit sans arrêt être à son maximum pour pouvoir gagner. Et Laurent a réussi à créer un véritable "team spirit", je trouve ça fantastique, je suis très content pour lui car j’ai beaucoup d’affection pour lui, il est investi, passionné et profondément humain, j’espère que la suite sera aussi belle.

Avez-vous continué à faire du sport après l’arrêt de votre carrière ?
Du volley, quasiment pas, parce qu’on n’aime pas trop voir que finalement, on est beaucoup moins capable, j’ai un peu de mal avec ça. En revanche, j’ai pris un coach qui me prend en main deux fois une heure par semaine et m’aide à rester en bon état et à continuer à bouger malgré mes problèmes d’épaule, de genou, de dos, comme un vieux sportif...