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10/07/2017
Earvin Ngapeth : « On a envie que ça dure »
Ils auront à peine eu le temps de fêter leur victoire ! Dans la foulée de leur deuxième titre en Ligue Mondiale samedi à Curitiba, les joueurs de l’équipe de France sont rentrés en France où ils ont atterri lundi matin avant d’enchaîner sur une tournée médiatique. MVP du Final Six, Earvin Ngapeth s’est confié.
Vous avez été très démonstratif au moment de remporter la finale, l’émotion sur la balle de match conclue par Trévor Clevenot était-elle plus forte que lors de vos deux titres remportés en 2015 ?
Elle est plus forte. En 2015, on était sur un petit nuage, tout était nouveau, tout nous réussissait. Là, cette victoire, on l’a construite semaine après semaine, avec un groupe différent. Ça reste une émotion magnifique de gagner une Ligue Mondiale, mais c’est vrai qu’il y a une petite saveur en plus, parce que c’est contre le Brésil en finale chez lui, organisé dans un stade de foot devant plus de 20 000 personnes, 14-13 dans le tie-break, quand la balle tombe par terre, c’est un truc de fou.

Quel est l’ingrédient principal de cette deuxième victoire en Ligue Mondiale ?
Je pense que c’est le groupe, la vie du groupe, la joie qu’on a de bosser, de jouer ensemble et d’essayer de gagner ensemble, ce sont ces liens qui font que sur le terrain, tout est plus facile. On joue pour la plupart depuis très longtemps ensemble, pour beaucoup d’entre nous, nos pères jouaient ensemble déjà, le coach aussi jouait avec mon père, il m’a bordé ! Donc on est nés ensemble, on a un lien très spécial, je pense que ça aide beaucoup, déjà pour se supporter cinq mois l’été, ensuite dans les moments difficiles qu’on peut traverser. Par exemple, en finale, ça a été dur par moments, nous avons été malmenés par les Brésiliens, ils étaient supérieurs à certains moments, mais on se regarde, on se fait confiance, on souffre ensemble et on repart de plus belle. Après, il y a aussi l’expérience qui aide : un match comme celui de samedi, il y a deux ans, on l’aurait perdu, parce qu’on n’avait pas cette expérience. Aujourd’hui, on l’a et plus on fait des matchs comme ça, plus on gagne des titres, plus on engrange de l’expérience et plus on progresse.

L’équipe de France occupe depuis trois ans le haut de la hiérarchie mondiale, est-ce un motif de fierté pour vous ?
Oui, bien sûr, c’est une fierté. On a tous envie de faire avancer le volley français, c’est ce qu’on est en train de faire. Et on a envie que ça dure, je pense qu’on a une génération qui peut durer encore pas mal de temps, ça va être notre objectif. Au-delà du palmarès, on veut que le volley français prenne une place.

"MVP, la cerise sur le gâteau"

A titre plus personnel, comment avez-vous vécu le début de cette Ligue Mondiale, à regarder jouer vos copains ?
Beaucoup d’amis m’ont dit quand j’étais chez moi à regarder les gars jouer en Russie que c’était un mal pour un bien, que j’allais revenir avec les crocs ; sur le coup, je n’étais pas convaincu, mais ils ont eu raison.
 Le fait de ne pas jouer a fait que le ballon m’a manqué et que je me suis préparé comme un fou pour ce Final Six. Ça a été dur au début, mais le fait que l’équipe gagne, ça m’a permis de me soigner tranquillement, de ne pas me presser et de bien me préparer pour ce Final Six.

A côté de ça, on a l’impression qu’en plus d’être un leader dans le jeu, vous avez pris plus d’importance dans la vie de groupe : on vous a vu haranguer vos coéquipiers sur le terrain, vous vous êtes aussi investi pour accueillir les nouveaux, avez-vous ce sentiment ?
Je pense qu’avec les années, on a tous un rôle plus important dans la vie du groupe. Cette année, je pense que c’était le moment pour ceux qui étaient là depuis un peu plus longtemps, moi, Benji (Toniutti), Kéké (Le Roux), Jenia (Grebennikov) d’aider tout le groupe à se construire, c’est vraiment ce qu’on a fait. C’est un rôle important, mais il coule de source, dans le sens où il y a des nouveaux qui arrivent, il faut qu’ils se sentent bien parce qu’on a besoin d’eux. Et à l’arrivée, on a vu des gars comme Steph Boyer ou Barth (Chinenyeze) qui ne devait pas forcément être titulaire, faire un Final Six de folie, ou un mec comme Antoine Brizard faire de très bonnes rentrées.

MVP du Final Six, est-ce une récompense importante pour vous ?
C’est toujours important. Mais ce n’était pas du tout un objectif, surtout après ma blessure. Mon objectif, c’était de revenir, d’aider le groupe à aller chercher un podium. Le fait d’avoir été élu MVP, c’est la cerise sur le gâteau, mais je n’y ai jamais pensé, parce que je ne savais pas où j’en étais, si j’allais être prêt, si j’allais même jouer, parce que l’équipe tournait très bien sans moi. Je venais vraiment parce que j’avais faim de ballon et que je voulais aider l’équipe. Après, j’ai retrouvé le rythme rapidement, c’est sûr que je suis très content.

Place au Championnat d’Europe, avec le titre dans le viseur ?
Oui, l’objectif, c’est de garder notre titre de champion d’Europe, on ira pour ça, on va bien se préparer dans deux semaines et demie pour arriver pour gagner. 
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Saint-Jean-de-Monts et La Réunion. Avant de s'envoler pour La Réunion pour "du repos total", Earvin Ngapeth n'en a pas tout à fait fini avec le volley, puisqu'il organise les 12 et 13 juillet sur la plage de Saint-Jean-de-Monts (Vendée) le Ngapeth Invitational, tournoi de 3x3 auquel il participe à la tête d'une dream team qui sera composée du Brésilien Bruno et du Serbe Uros Kovacevic ! De nombreux joueurs français seront également de la partie, comme Julien Lyneel, Jenia Grebennikov, Benjamin Toniutti, Nicolas Maréchal, Hubert Henno, Yoann Jaumel... Les Bleus attaqueront la préparation de l'Euro en Pologne le 27 juillet à Montpellier.