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(Miniature) Le Roux : « L’Italie me fait revivre »
Photo : www.modenavolley.it/
18/11/2016
Le Roux : « L’Italie me fait revivre »
Après une saison en Turquie couronnée d’un titre de champion avec Halkbank Ankara, Kevin Le Roux a débarqué à Modène après les JO, où il a retrouvé Earvin Ngapeth. Le central breton des Bleus évoque ses premiers mois dans sa nouvelle équipe, auteure du triplé Championnat-Coupe-Supercoupe la saison dernière.
Qu’avez-vous fait au retour de Rio ?
Nous avons eu un peu moins de deux semaines avant de reprendre à Modène, on ne peut pas dire que nous ayons vraiment eu le temps de souffler, parce que c’est court, mais j’ai quand même pris l’air en allant aux Etats-Unis, Las Vegas, Los Angeles, ça m’a fait du bien, mais ça va tellement vite… Quand tu rentres et que tu reprends l’entraînement, tu as l’impression de ne pas avoir arrêté
.
Comment s’est passée la reprise de l’entraînement avec Modène ?
La reprise a été assez difficile, parce que le coach à Modène est un gars qui aime les longues séances d’entraînement, on ne fait jamais moins de deux heures, c’est intense, il faut enquiller, il est très exigeant.

Vous avez déjà joué en Italie, à Piacenza, vous n’avez pas dû être trop dépaysé à Modène…
Non, pas trop, il a fallu que je découvre la ville et apprenne comment le club fonctionne, mais au bout de deux semaines, j’étais bien. En revanche, le contexte est différent : la première fois que je suis venu en Italie, j’étais célibataire, c’était ma première expérience à l’étranger, très peu de monde venait me voir, alors que là, j’ai demandé à avoir deux chambres dans mon appartement pour accueillir des proches, parce que j’ai besoin de compagnie. Quasiment tous les mois, j’ai des amis qui viennent me voir de France, ça me convient bien. C’est aussi pour ça que je suis venu en Italie, j’ai besoin de « vivre ». En Corée et en Turquie (où il a joué les deux saisons précédentes, ndlr), c’était plus compliqué. L’Italie me fait revivre.

Comment trouvez-vous Modène ?
C’est une petite ville, il n’y a même pas 200 000 habitants, je ne dirais pas que tout le monde se connaît, mais presque ! Les gens sont très amicaux avec moi, quand je me balade dans la rue, ils ont toujours un message sympa, ils sont contents de me voir. Et moi, je suis content d’avoir retrouvé la nourriture italienne, ici, on mange vraiment très très bien…

Passez-vous beaucoup de temps avec Earvin Ngapeth ?
Oui, nous sommes très souvent ensemble, avec son petit frère Swan aussi, nous déjeunons et prenons nos cafés ensemble, nous côtoyons aussi beaucoup les Américains (Maxwell Holt et Brian Cook).

"Des objectifs importants avec l'équipe de France"

Modène est un club ambitieux, le sentez-vous au quotidien ?

Oui, mais en Turquie à Ankara, c’était la même chose. Il n’y a pas plus de pression ici que dans un autre club. Après, tu joues avec des joueurs qui sont tous très reconnus, donc il y a des objectifs à remplir au regard de cet effectif. Ici, le plus important, ce sont les titres nationaux, le Championnat, la Coupe, on a déjà gagné la Supercoupe, à nous de faire le triplé, comme l’an dernier. Après, on n’a pas encore parlé de la Ligue des champions. Ce qui est sûr, c’est que le niveau est plus fort et qu’il faut vraiment travailler pour se faire sa place.

Sportivement, comment ça se passe ?
Jusqu’ici très bien, mais là, on vient de perdre deux fois de suite en Championnat (à domicile contre Monza puis à Molfetta), ce sont des choses qui peuvent arriver, ça ne va pas nous tuer le Championnat, par contre, il va falloir gagner les gros matchs qui arrivent, avec Trentino, Piacenza puis Macerata (Lube Civitanova, l’équipe de Jenia Grebennikov, ndlr). A mon avis, ces deux défaites peuvent être un mal pour un bien.

Comment expliquez-vous ces deux défaites ?
Il y a sans doute plusieurs raisons, l’une est liée à l’absence d’Earvin (Ngapeth), qui est blessé au coude, du coup, notre réception est moins stable. Et nous, les centraux, Maxwell Holt, Matteo Piano et moi, on est moins utilisés et nos attaquants se font davantage bloquer.

Avez-vous vite réussi à trouver votre place dans cette équipe ?
Oui, je n’ai pas eu de mal à m’adapter à l’équipe, maintenant, je ne joue pas toujours, mais je ne suis pas le coach et je ne vais pas aller le voir pour râler parce que je joue moins. Nous sommes trois bons centraux, il fait pas mal tourner, je respecte les choix qui sont faits, à moi de me bouger plus à l’entraînement pour gagner ma place, je n’ai de toute façon pas le choix.

Pour finir sur l’équipe de France et les Jeux de Rio, la déception est-elle digérée ?
Oui, elle est digérée depuis longtemps. Les Jeux, ce n’est clairement pas la meilleure compétition qu’on ait faite ces derniers temps, on ne va pas se le cacher, mais c’est du passé. Si on regarde derrière soi, on se fait du mal pour rien, mieux vaut tourner la page et regarder devant : la qualification pour le Championnat du monde en mai, le Championnat d’Europe l’été prochain qui sont des objectifs importants.