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(Miniature) L’interview bleue : Daryl Bultor
Photo : Tourcoing Media / LNV
21/01/2021
L’interview bleue : Daryl Bultor
MVP du match remporté le week-end dernier par Tourcoing aux dépens de Tours (3-1), Daryl Bultor, arrivé de Sète l’été dernier, a réussi son intégration au sein du club nordiste, actuellement 6e en Ligue A. L’occasion d’échanger avec le central international de 25 ans.
Une victoire 3-1 sur Tours pour attaquer l’année 2021, c’était la reprise idéale ?
Oui, on peut dire ça, parce qu’on a gagné contre une grosse équipe de Tours. Ils sont un peu passés à côté de leur match, mais je pense qu’on y est pour quelque chose parce qu’on a très bien joué, très bien servi, c’était vraiment une très bonne reprise, d’autant qu’on restait sur quatre défaites de suite. Ça fait du bien de couper cette série et de prendre trois bons points contre cette équipe, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir prendre trois points contre Tours.

Cerise sur le gâteau, tu as été élu MVP du match avec un total de 17 points, ça fait plaisir ?
Ça fait toujours plaisir, mais je n’apporte pas spécialement d’intérêt à ce genre de récompense, parce que le volley est un sport collectif et je sais que si le passeur ou les réceptionneurs/attaquants n’avaient pas été bons, je n’aurais pas été MVP. C’est toute l’équipe qui le mérite et ce qui me fait le plus plaisir, c’est que l’équipe ait bien joué, c’est pour ça que j’ai eu autant de ballons.

Tu l’as dit, vous restiez en fin d’année sur une série de quatre défaites consécutives, comment l’expliques-tu ?
C’est difficile de te donner une raison, mais ce qui est sûr, c’est qu’on est tombés contre de bonnes équipes. Quand on a perdu contre Cambrai, par exemple, ils ont super bien joué, de notre côté, nous étions sur une moins bonne dynamique, mais sur le moment, le plus fort a gagné.

Avant cette série, il y a eu une très bonne entame, puisque le TLM a été leader en début de saison, t’attendais-tu à ce que vous soyez aussi compétitifs ?
Honnêtement, non, parce qu’il y a beaucoup de joueurs dans cette équipe qui n’avaient jamais joué en Ligue A, beaucoup de jeunes, puisque je suis le troisième plus vieux de l’équipe alors que je viens d’avoir 25 ans, c’est très rare. Donc je pensais qu’on aurait un peu plus galéré, mais d’entrée, on a gagné des matchs, ce qui nous a mis en confiance. Maintenant, le plus important est à venir, on voit que chaque année, il y a une équipe qui démarre super bien et se porte moins bien en deuxième partie de saison, on espère que ce ne sera pas nous, on travaille pour ça.

"Jusqu’à la fin de la saison, ça va être la guerre !"

Le Championnat de France est souvent décrit comme très homogène, as-tu l’impression que c’est encore plus le cas cette saison ?
C’est clair et je pense que jusqu’à la fin de la saison, ça va être la guerre ! D’habitude, c’était effectivement homogène, mais Tours était un peu au-dessus, alors que cette année, on a vraiment l’impression que tout le monde peut battre tout le monde. On a vu que Montpellier a souffert pour gagner à Nice, on voit le promu Cambrai qui a réussi à battre presque tout le monde, Cannes fait une super saison, Narbonne est très solide, Paris s’est renforcé avec Antonin Rouzier, Ajaccio ne gagne pas pour l’instant, mais est solide sur le papier… A chaque match, il n’y a aucune marge et une défaite ou une victoire peut vite avoir des conséquences au classement dans la course aux playoffs. C’est pour ça que le Championnat de France est très intéressant. Dans ces conditions, notre unique objectif pour l’instant est de se qualifier pour les playoffs.

Si c’est le cas, tout sera alors possible pour les huit équipes qualifiées ?
Oui, particulièrement cette saison, tout est possible. La seule équipe que je ne vois pas flancher est Montpellier, ils sont solides partout, ils ont un banc très fort, donc c’est la seule que je vois vraiment dans le dernier carré, mais sinon, je pense que toutes auront des arguments. Je n’ai pas parlé tout à l’heure de Chaumont qui a des jeunes joueurs qui peuvent exploser à tous moments, bien sûr Tours avec ses vieux briscards comme Nathan (Wounembaina) qui deviennent injouables dès que la fin de saison approche… Honnêtement, ça peut être la saison de beaucoup d’équipes. Là, on vient de faire un gros match contre Tours, mais ce n’est pour autant que ça va rouler lors de nos prochains matchs contre des équipes moins bien classées, Nice et Ajaccio. Si on arrive les mains dans les poches en se disant que ça va passer, on va prendre trois "tôles".

A titre personnel, pourquoi as-tu choisi Tourcoing après tes deux années à Sète ?
Déjà parce que le club m’a montré beaucoup d’intérêt et m’a très vite appelé en me proposant un contrat de deux ans ; ensuite le fait que Mauricio (Paes) soit venu, il a la réputation d’être un bon coach, et c’est le cas. Enfin le challenge de changer de région. On ne va pas se mentir, passer de l’Hérault au Nord, le climat n’est pas le même, mais c’est une autre aventure et il y a plein de choses très bien ici : je suis bien installé, j’habite à côté de la salle, donc je fais tout à pied, et ce n’est pas une légende que les gens du Nord sont très gentils, je prends beaucoup de plaisir ici, c’est kiffant, tant mieux !

Le fait d’être international tricolore te donne-t-il plus de responsabilités quand tu changes ainsi de club ?
Honnêtement, je n’ai jamais trop fait attention à ça, et la seule vérité, c’est le terrain. Si tu es bon, tu as des responsabilités, si tu ne l’es pas, tu n’en as pas. Après, je ne peux pas te dire si j’en ai ou pas, car je n’arrive toujours pas à savoir si je fais une bonne saison ou pas. Je pense que je peux faire beaucoup mieux, on fera plus un bilan à la fin.

Dans quels domaines peux-tu faire beaucoup mieux ?
Le service, je peux faire moins de fautes, à l’attaque, être beaucoup plus percutant, et au bloc, j’ai encore énormément de progrès à faire…

"L'équipe de France m'a manqué"

Finissons par l’équipe de France : les Bleus ne se sont plus revus depuis plus d’un an et la victoire sur le TQO de Berlin, estimes-tu que la coupure involontaire de l’été dernier a permis aux joueurs de se régénérer un peu après plusieurs étés chargés ?

Personnellement, ça m’a manqué de ne pas retrouver l’équipe l’été dernier, ça fait trois-quatre ans maintenant que je suis en sélection, je commence à avoir mes habitudes. Je me suis acclimaté au fait de ne pas m’arrêter l’été, mais je pense que pour les plus expérimentés, comme Benjamin (Toniutti) ou d’autres, ça leur a fait du bien, parce qu’ils ont eu un été libre pour la première fois depuis des années.

On a l’impression que tu t’es facilement fondu dans l’ambiance de ce groupe ?
Oui, ça a été assez simple, déjà parce que quand je suis arrivé, nous étions plusieurs jeunes à être appelés en même temps, comme Barth (Chinenyeze), Antoine (Brizard), Jean (Patry), Stephen (Boyer). On avait à peu près tous le même âge, on avait joué ensemble en équipes de France jeunes, donc c’était plus facile de s’intégrer. Ensuite, avec les « vieux », dès que tu fais deux-trois blagues, ça les fait rire, ça rend l’intégration encore plus facile, surtout que j’aime bien ça.

A ton poste de central, il y a deux joueurs installés depuis de nombreuses années, Kévin Le Roux et Nicolas Le Goff, ton objectif est-il, maintenant que tu es intégré dans ce groupe, de les bousculer un peu, de gagner plus de temps de jeu ?
Forcément, sinon, je ne serais pas un sportif de haut niveau ni un compétiteur. Maintenant, je sais que ça va être très dur, parce que Nico et Kévin font partie des meilleurs centraux du monde, mais c’est un beau challenge et ça donne envie de se donner à 100%. Si je fais ça et que malgré tout, je n’arrive pas à les titiller, je n’aurais aucun remord, j’ai quand même deux « animaux » devant moi. Après, nous avons des styles de jeu très différents, eux sont très grands et voient bien le jeu, moi, je suis plus petit, peut-être plus tonique, nous avons chacun nos points forts et nos points faibles, ça permet au coach d’avoir plus de solutions.

Les Jeux de Tokyo sont pour l’instant maintenus, tu crois en tes chances de faire partie de l’aventure ?
Honnêtement, je n’y pense pas pour l’instant, parce que dans la hiérarchie, je suis quatrième central et les trois devant moi sont très forts, entre Barth qui fait de très belles choses en Italie, Nico, qui est numéro 1 en France, et Kévin. Donc même si c’est un rêve pour moi, je me dis juste : "Entraîne-toi à fond avec ton club et on verra après."