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(Miniature) L’interview bleue : Héléna Cazaute
Photo : Mulhouse Media / LNV
05/03/2021
L’interview bleue : Héléna Cazaute
Désignée MVP des deux derniers matchs remportés par Mulhouse, Héléna Cazaute contribue à la très bonne série de la formation alsacienne, leader de Ligue A, qui reste sur douze succès d’affilée. L’occasion de s’entretenir avec la réceptionneuse/attaquante de l’équipe de France, âgée de 24 ans.
Tu viens d’aligner deux matchs à plus de 20 points, à chaque fois MVP, on a l’impression que c’est la grande forme actuellement ?
Oui, c’est vrai qu’en ce moment, je me sens en forme, et comme je suis en réussite, la passeuse me fait confiance. Je pense aussi que le fait qu’on ait moins de matchs à enchaîner est bénéfique. Ce qui joue également, c’est l’accent mis sur la récupération au club. Ce qui est top à Mulhouse, c’est que nous avons les bains froids, la cryothérapie, le sauna, les bottes de presso-thérapie, nous avons aussi à disposition notre kiné et la possibilité de faire des soins supplémentaires au centre sportif avec un autre kiné, tous ces outils nous font beaucoup de mien.

Mulhouse reste sur douze succès consécutifs en Ligue A, vous n’avez concédé qu’une seule défaite contre Béziers, qui vous suit à 4 points, as-tu l’impression que la fin de saison va s’apparenter à un mano a mano entre vous et les Angels ?
Oui, clairement, on voit que même si rien n’est joué, nous nous sommes maintenant détachés avec Béziers. Dans nos têtes, nous sommes vraiment passées en mode rouleau-compresseur, dans le sens où avec cette saison sans playoffs, on sait que chaque point est super important pour la fin de la saison, on n’a pas le droit à l’erreur. Tous les matchs qu’on peut gagner 3-0, il faut le faire, et si on tombe contre des équipes qui jouent le match de leur vie ou si on est dans un moins bon jour, il faut arriver à limiter la casse. Par exemple sur notre dernier match à Marcq-en-Baroeul, on a été menées 21-16 dans le deuxième set, finalement, on a trouvé les ressources pour le remporter 25-23, alors qu’en début de saison, on aurait pu finir ce match au tie-break.

Dans la tête, cette saison sans playoffs change-t-elle beaucoup de choses ?
Oui, comme je le disais, plus que d’habitude, chaque point, chaque set, prend énormément d’importance. On l’a vu le week-end dernier : Béziers a perdu un point (victoire 3-2 à Mougins), et trois ou quatre points d’écart au classement par rapport à nous, ce n’est pas la même chose. Mentalement, il faut garder cette concentration.

"Nous n'avons pas envie de passer à côté"

Lors de vos trois prochains matchs, vous allez affronter deux fois le troisième, Nantes (la seconde en quarts de finale de la Coupe de France), puis une Le Cannet, quatrième, est-ce un premier tournant pour vous ?
Oui, c’est évident que ces trois matchs sont super importants, Nantes est une bonne équipe, Le Cannet aussi. Si on arrive justement à garder cette concentration, il va falloir aller nous chercher pour arriver à nous battre, parce que j’ai vraiment l’impression que dans l’équipe, personne n’a envie de perdre le moindre point. Je trouve que ça a changé par rapport au début de la saison. Nous sommes conscientes que nous sommes capables de faire de belles choses cette saison, nous n’avons pas envie de passer à côté.

De belles choses notamment en Coupe de France, est-ce un objectif important à vos yeux ?
Oui, c’est certain. Nous avons malheureusement perdu au Final Four en début de saison contre Venelles, nous espérons vraiment réussir cette saison à remporter cette Coupe, mais aussi le Championnat.

As-tu déjà coché sur ton agenda le match retour de Ligue A face à Béziers ?
Oui, c’est le 10 avril ! C’est la seule équipe qui nous a battues cette saison en Championnat, on aura à cœur de prendre notre revanche, même si on sait que ce n’est jamais facile de gagner au Four-à-Chaux face à une bonne équipe. Si on garde notre état d’esprit de guerrières, je pense qu’on en a les moyens.

Est-ce toujours particulier pour toi de retourner à Béziers ?
Oui, évidemment, c’est mon premier club, j’y suis restée trois ans, je garde plein de bons souvenirs, ça va encore me faire un petit quelque chose.

"Mon objectif est de partir à l’étranger"

Mulhouse a disputé cette saison la phase de poules de la Ligue des champions (troisième derrière VakifBank Istanbul et Commercecon Lodz, et devant Plovdiv), quel bilan fais-tu de cette campagne européenne ?
Je pense qu’elle nous a permis de nous situer. Le point positif, c’est que nous avons réussi à battre deux fois l’équipe bulgare, ce qui n’était pas évident, parce qu’elles ont fait un super match retour contre nous, elles défendaient tout. VakifBank, on n’en parle pas, parce que c’est vraiment un super niveau, c’est une des meilleures équipes du monde. Pour ce qui est des Polonaises, on est complètement passées à côté du match aller, je pense qu’il y avait pas mal de fatigue lié au fait que c’était notre troisième match en trois jours, et au retour, on a vu qu’on était capables de les accrocher, pendant un set et demi, on a réussi à bien rivaliser. Cette compétition nous a fait prendre conscience qu’on pouvait évoluer à un niveau assez élevé si on restait bien concentrées plus d’un set et demi, l’objectif maintenant, est de garder ce niveau en championnat et en Coupe. Donc le bilan est quand même positif, on est une équipe jeune, certaines participaient pour la première fois à la Ligue des champions, et depuis, notre niveau est en train de monter, en match, mais aussi lors des entraînements.

Christina Bauer vous a rejointes cet hiver pour remplacer Leandra Olinga Andela, blessée au genou, quel est son apport ?
La blessure de Leandra a vraiment été un coup dur pour tout le monde, pour elle surtout. Après, j’ai été super contente que le choix se soit porté sur Christina pour la remplacer, d’abord parce que c’est vraiment une amie, ensuite, parce qu’elle apporte beaucoup de sérénité, c’est la force tranquille. Là, on sent qu’elle retrouve son niveau de jeu, il ne faut pas oublier qu’elle sort de maternité, pour la fin de la saison, elle va être à 100%.

Parlons de ton avenir : sais-tu où tu évolueras la saison prochaine ?
Pour l’instant, je ne sais pas encore. Je me sens vraiment super bien à Mulhouse, le club est top, le staff aussi, je suis très bien installée, les supporters sont très proches de nous, après, mon objectif est de partir à l’étranger. Je ne sais pas si ça se fera la saison prochaine ou plus tard, je l’espère parce que ça fait quelque temps que j’en parle, il va falloir avoir des propositions et comme je l’ai dit, je ne ferme pas non plus la porte à Mulhouse.

Quel championnat t’attire le plus ?
Le championnat italien, parce que c’est le meilleur et que j’ai envie de viser haut.

Regardes-tu justement ce que fait Lucille Gicquel à Conegliano ? Cela te donne-t-il envie ?
Oui bien sûr, dès que je n’ai pas de match ou d’entraînement, je regarde les matchs de Lulu. Je suis super contente pour elle, parce qu’à chaque fois qu’elle rentre, elle fait des bons matchs, c’est vraiment positif, je suis très fière d’elle. Et évidemment, ça donne envie !

"En équipe de France, on est toutes vraiment engagées dans le projet"

Finissons par l’équipe de France : vous allez disputer début mai les qualifications du Championnat d’Europe 2021, comment vois-tu ce rendez-vous avec une poule composée de la Hongrie, du Danemark et d’Israël ?
Il ne va pas falloir le rater ! Ce qui est positif, c’est que nous enchaînerons direct après la saison en club, nous serons encore dans un mode compétition, nous allons directement entrer dans le bain. L’objectif est évidemment de se qualifier, je pense qu’il est accessible, maintenant à nous de prouver qu’on a bien travaillé. Depuis qu’Emile (Rousseaux, le responsable du projet féminin) est arrivé, on a vraiment beaucoup bossé, tout ce travail, on le fait pour ce genre de match décisif, à nous de tout donner et de montrer qui on est. Il faut qu’on arrive cette année à franchir un nouveau palier, tous les moyens ont été mis pour ça. Même l’année dernière, avec le Covid, on a réussi à faire des stages, ça nous a permis de revenir sur l’Euro 2019 et de regarder où on en était par rapport à certaines équipes, en termes de bloc/défense, de prises de responsabilités… Tout ça est rentré dans nos têtes. On sait que le chemin est encore long, mais je trouve qu’on forme un groupe vraiment soudé, on sait où on a envie d’aller, on est vraiment engagées dans le projet, avec des objectifs, c’est super important pour la suite.

Beaucoup d’entre vous sont désormais titulaires en club, ce qui était une priorité affichée par Emile Rousseaux à son arrivée, sens-tu une différence ?
Oui, c’est sûr, il y a beaucoup plus de filles qui jouent, quitte à descendre un peu de niveau en allant dans des clubs plus de bas du tableau, c’est vraiment ça qu’il nous faut. Il y a aussi beaucoup plus de filles qui jouent à l’étranger : Lulu en Italie, Julie (Oliveira Souza) et Juliette (Fidon Lebleu) en Pologne, il y a aussi Lisa Jeanpierre, Lisa Arbos et Victoria Foucher en Espagne, elles ont pris ce risque et en plus, elles jouent, ce n’est que positif pour l’équipe de France.