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(Miniature) L’interview bleue : Lisa Jeanpierre
Photo : Club Voleibol Haris
16/10/2020
L’interview bleue : Lisa Jeanpierre
Après avoir effectué ses débuts pros à Mulhouse puis évolué la saison dernière à Chamalières, Lisa Jeanpierre a choisi d’aller jouer en première division espagnole, au Club Voleibol Haris de La Laguna, sur l’île de Tenerife (Canaries). La réceptionneuse/attaquante de 21 ans explique son choix et évoque ses ambitions.
Tu as joué la saison dernière à Chamalières, que garderas-tu de ce passage en Auvergne ?
Je garde le positif, j’ai eu beaucoup plus de temps de jeu qu’à Mulhouse où je ne jouais pas, de par le fait que c’est un très gros club et qu’il y avait de grosses joueuses aux ailes, donc c’était ce que j’étais venue chercher. Et même si ça ne s’est pas passé exactement comme je le voulais, je l’ai pris comme une expérience qui m’a fait grandir mentalement et dans mon jeu. Donc au final, c’est positif.

Tu as signé pour cette saison à La Laguna, pourquoi ce choix ?
Les premières propositions que j’ai reçues sont venues de l’étranger, d’Espagne mais aussi de Finlande, je me suis dit que c’était peut-être le signe qu’en France, il n’y avait pas trop de clubs qui voulaient de moi, donc j’ai décidé de tenter l’étranger. Bien évidemment, quand la proposition est arrivée, mon agent s’est renseigné sur le club de la Laguna. De mon côté, j’ai échangé avec une fille avec qui j’avais joué à Mulhouse, Carla Rueda, qui avait eu mon coach actuel (Juan Diego Garcia), elle ne m’a fait que des retours positifs, j’en ai eu d’autres d’une ancienne passeuse de Béziers. J’ai vu que le cadre était sympa, que le club était vraiment bien structuré, donc je me suis lancée. Le niveau est peut-être un peu moins fort qu’en France, je dirais que ça équivaut à du milieu de tableau de Ligue A, mais je ne regrette pas, parce que ça se passe très bien et que j’ai du temps de jeu, ce qui était ma priorité.

Quand es-tu arrivée et comment se sont passés tes débuts ?
Nous avons attaqué la préparation le 1er septembre, je suis venue une semaine plus tôt en vacances avec ma famille, ils voulaient voir où j’allais et comment j’étais installée. Nous avons fait cinq semaines de préparation, joué plusieurs matchs amicaux lors de tournois avec les équipes de Gran Canaria (il y a deux équipes à Las Palmas), le championnat a repris il y a deux semaines, nous avons gagné nos deux premiers matchs, j’espère que ça va continuer.

Tu as d’ailleurs croisé deux joueuses françaises, Lisa Arbos et Victoria Foucher, qui évoluent à Las Palmas ?
Oui, c’était sympa, nous avons discuté, elles m’ont parlé de comment ça se passait pour elles, c’était marrant de se retrouver dans ce championnat espagnol contre deux Françaises qui sont sur l’île juste à côté de Tenerife. Je ne les connaissais pas personnellement, j’ai joué contre Lisa Arbos quand on était jeunes, Victoria Foucher pas du tout.

As-tu l’impression qu’on attend beaucoup de toi ?
Oui, c’est sûr que je n’ai pas du tout le même statut qu’avant. Le fait d’être étrangère fait que j’ai un peu plus de liberté dans mon jeu d’un point de vue technique, on me fait confiance. J’ai aussi plus de responsabilités, même si, comme il y a des joueuses plus expérimentées que moi dans l’équipe, ce n’est pas que sur mes épaules que reposent toutes les responsabilités. En tout cas, je sens que le coach me fait confiance, il m’a clairement dit que j’allais avoir un rôle important dans l’équipe et qu’il comptait sur moi.

Quels sont les objectifs du club cette saison ?
Nous pouvons viser le haut du tableau, l'objectif est de remporter des titres, que ce soit le championnat ou la Coupe. On dispute aussi la Challenge Cup avec l’objectif d’aller le plus loin possible. De ce que je sais, les grosses équipes du championnat sont une des deux de Las Palmas, Olimpico, que nous avons battue la semaine dernière, et Menorca. Mais je n’ai pas encore tout vu.

"L’équipe de France st super importante pour moi"

Comment es-tu installée et comment se passe la vie de tous les jours aux Canaries ?

Nous sommes bien installées, je suis dans un appartement en colocation, situé à trois minutes de la salle, nous avons des voitures pour profiter un peu de l’île quand nous avons des jours de repos. La salle est bien, même si, avec le Covid, il n’y a forcément pas beaucoup de public, mais ici, le club est très suivi, c’est un club très familial. Et nous sommes très bien encadrées physiquement : dans la capitale, Santa Cruz, nous sommes accompagnées par des préparateurs physiques très compétents qui ont leur propre cabinet, nous avons aussi une salle de muscu où nous travaillons tous les jours, donc sur ce plan, c’est top. Et ici, il fait beau, il n’y a pas d’hiver, il y a du soleil tout le temps, c’est sûr que quand tu te réveilles le matin avec le soleil tous les jours, ça fait du bien ! Et le dimanche, quand nous avons du temps de repos, on va souvent à la plage, d’autant que pour les articulations, on nous conseille d’aller faire trempette ans l’eau, on en profite.

Tu n’as pas joué au volley entre début mars et début septembre, cela t’a-t-il manqué et comment s’est passé ton confinement ?
C’était long ! Personnellement, je n’ai pas arrêté le sport, même pendant le confinement. J’ai toujours couru à l’extérieur, j’ai un grand parking devant chez moi dans lequel je pouvais faire du sport, j’avais des élastiques, donc je me suis entretenue physiquement. Et dès que les salles étaient de nouveaux ouvertes, j’ai repris, le préparateur physique de Voleibol Haris m’avait donné tout un programme. Donc j’ai plutôt bien vécu le confinement, j’étais avec mon copain dans notre appartement à Mulhouse, même si le manque du volley s’est fait sentir. Et six mois après, la reprise n’était pas évidente.

Ce choix d’aller en Espagne a-t-il été aussi dicté par le fait que le sélectionneur, Emile Rousseaux, estime que pour avoir une chance d’être retenue en équipe de France, il faut avoir du temps de jeu ?
J’ai d’abord fait ce choix pour moi, pour voir autre chose, mais je l’ai bien sûr aussi fait pour l’équipe de France. J’étais très consciente que je ne pouvais pas aller dans un club où j’allais avoir un temps de jeu minime. Emile nous a toujours conseillées d’aller à l’étranger, donc oui, ça a joué. Avant, ce n’était pas du tout un objectif pour moi d’aller à l’étranger dans le sens où je trouvais ça trop tôt, finalement, j’ai choisi cette voie et je me sens bien où je suis, ça me permet de montrer ce que je vaux et d’évoluer pour peut-être accéder de nouveau à l’équipe de France, qui est super importante pour moi.