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(Miniature) L’interview bleue : Nina Stojiljkovic
Photo : CEV
04/12/2020
L’interview bleue : Nina Stojiljkovic
Après une saison en Slovénie, Nina Stojiljkovic est revenue l’été dernier au Stade Français Paris-Saint-Cloud, dont elle avait déjà porté les couleurs en 2017-2018. La passeuse tricolore, 24 ans, répond à L’Interview bleue de la semaine.
Tu as passé la saison dernière à Maribor, que gardes-tu de cette première expérience à l’étranger ?
C’était une super expérience, parce qu’on a fait vraiment beaucoup de matchs, on jouait quatre compétitions : le Championnat, la Coupe, la MEVZA et la Ligue des champions. Il y avait forcément un sacré niveau d’écart entre le championnat et la Ligue des champions, surtout que nous avions une grosse poule (Scandicci, VakifBank Istanbul, Lokomotiv Kaliningrad), il fallait franchir quelques marches d’une compétition à l’autre, mais ça reste une super expérience, je me suis vraiment plu en Slovénie. Je pense que j’ai pris un peu plus de dimension en jouant là-bas.

Jusqu’à quand es-tu restée en Slovénie ?
Jusqu’en juin. Le confinement n’a pas été aussi long qu’ici, même s’il n’y avait pas de matchs, on a continué à s’entraîner. Du coup, quand je suis arrivée au stage de l’équipe de France en juillet, j’avais six semaines d’entraînement dans les jambes, c’était plus facile pour moi que d’autres qui avaient coupé complètement.

Comment s’est passé ce stage d’été avec l’équipe de France ?
On était très contentes de se retrouver, surtout après le confinement, il y avait une bonne ambiance. Je pense que c’était un stage très nécessaire parce que cela aurait été compliqué pour la plupart d’entre nous de retrouver nos clubs sans avoir touché le ballon pendant plusieurs mois. C’était une très bonne opportunité de revenir au niveau physiquement et de se préparer à la saison en club. Et ça nous a en même temps permis de revenir sur l’Euro 2019 et de travailler quelques systèmes de jeu.

Pourquoi es-tu rentrée en France ?
Avec la situation sanitaire, c’était vraiment particulier de se décider. Au début, j’avais prévu de rester en Slovénie, mais comme je n’étais pas sûre que les matchs internationaux qui étaient les plus intéressants, ceux de la MEVZA et de la Ligue des champions, auraient lieu cette saison, j’ai préféré partir. Paris m’a alors contactée très vite, c’était la possibilité de revenir à la maison, puisque je viens d’ici, je savais que j’allais avoir du temps de jeu dans un championnat que je connaissais, donc je me suis dit que vu le contexte, ce n’était pas une mauvaise idée de revenir.

Comment juges-tu votre premier tiers de championnat avec le Stade Français (13e avec 3 victoires pour 6 défaites) ?
Nous étions très bien parties, on fonctionnait bien ensemble, mais là, j’avoue que la situation est un peu compliquée en ce moment, on n’arrive pas à gagner ni à prendre de points (5 défaites consécutives à ce jour). Je pense qu’il nous manque un peu d’efficacité dans les moments-clés, on a des difficultés dans les « money time ». On a quelques joueuses blessées ou qui ne reviennent que pour les matchs, on a dû s’arrêter un moment parce que certaines avaient des symptômes du Covid, du coup, on s’est arrêtées pour toutes se faire tester, au final, nous étions toutes négatives. On traverse une passe difficile, mais on s’accroche.

Est-ce compliqué de trouver le rythme de la compétition dans ce contexte et en match, est-ce difficile de trouver la motivation dans des salles vides ?

C’est clair que c’est inédit ! Oui, c’est compliqué, les déplacements le sont aussi, mais il faut faire avec et je suis surtout reconnaissante qu’on nous permette de jouer et de faire notre métier. Pour ce qui est des salles vides, c’est sûr que ça n’aide pas, comme on n’a pas l’ambiance autour du terrain, on a parfois l’impression d’avoir un faux rythme alors que si ça ne trouve, ce n’est pas le cas, on se demande si on joue sur le bon rythme ou pas. Et c’est beaucoup moins entraînant, mais là encore, il faut faire abstraction de ça.

Pour revenir à l’équipe de France, la CEV vient d’annoncer le report du Tournoi de qualification au Championnat d’Europe qui devait avoir lieu en janvier, es-tu déçue ?
Forcément, parce que ça fait longtemps qu’on n’a pas joué en équipe nationale. On a besoin de faire des matchs, on a envie de jouer la qualification sur le terrain, c’est plus valorisant que si on devait se qualifier via le ranking. On aussi envie de se revoir, mais bon, les retrouvailles ne seront que plus belles !