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(Miniature)  L’interview bleue : Lucille Gicquel
Photo : M. Gregolin / Imoco Conegliano
06/11/2020
L’interview bleue : Lucille Gicquel
Après deux saisons pleines à Nantes, Lucille Gicquel a tenté cette saison le pari de l’étranger en signant dans un des meilleurs clubs d’Italie, Conegliano, actuel leader invaincu de la Serie A1. La pointue tricolore, qui fêtera la semaine prochaine ses 23 ans, répond à L’interview bleue de la semaine.
Tu as été désignée MVP du match face à Cuneo le week-end dernier, peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ?
Ça s’est bien passé, mais honnêtement, en face, le niveau n’était pas trop là, parce qu’elles ont eu des problèmes avec le Covid, les trois quarts des joueuses habituelles n’étaient pas là, c’était plus l’équipe réserve que nous avions face à nous, donc c’était forcément plus facile pour nous. Et c’est pour ça aussi que j’ai commencé directement titulaire, le coach en a profité pour faire des changements. Mais ça m’a fait du bien de pouvoir jouer tout le match et de montrer un peu ce que je sais faire.

Revenons un peu en arrière, peux-tu nous raconter tes premiers pas dans ton nouveau club en juillet dernier ?
La préparation a commencé tôt, mi-juillet, au début, il y avait forcément un peu le stress du changement et de la nouveauté, on est toujours un peu timide, on ne sait pas trop comment se comporter ni comment les joueuses vont être avec toi. Mais j’ai été très vite mise à l’aise, ce sont des filles qui sont très humbles, drôles, pas prise de tête, ça m’a beaucoup aidée et petit à petit, je pense que je commence à me faire ma place dans l’équipe et avec les autres joueuses, ça se passe très bien. J’ai eu une ou deux semaines, pendant lesquelles je me suis sentie moins bien, avec le manque de la famille, du pays, mais sportivement, ça se passe de mieux en mieux à l’entraînement, j’arrive à faire de belles choses, je peux maintenant dire que je suis en progrès.

Qu’est-ce qui surprend quand on arrive dans un tel club ?
C’est surtout le nombre de personnes dans le staff, les kinés, les préparateurs physiques, mais aussi tous les petits détails à côté sur la prévention, la récupération, tout est mis en place pour que les joueuses soient dans les meilleures dispositions physiques pour être performantes.

C’est quoi une journée-type de Lucille Gicquel à Conegliano ?
Le matin, c’est muscu, soit à 9h30, soit à 10h30, en fonction du groupe dans lequel on est, ensuite, on rentre à ma maison, je me fais à manger, il y a la sieste derrière, et ensuite, on a entraînement à 17h.

Es-tu bien installée ?
Je suis très bien logée, j’ai un grand appartement avec deux chambres, ce qui me permet d’accueillir ma famille si elle veut venir. Récemment, j’ai eu la visite de ma sœur et de son copain, puis de mon copain, j’ai pu profiter d’eux. Malheureusement, mes parents, qui devaient venir cette semaine, ont été obligés de reporter leur voyage à cause du reconfinement en France. Ce qui est aussi sympa, c’est que nous sommes toutes ensemble avec les autres joueuses dans le même immeuble, c’est plus facile pour s’intégrer, si on a besoin de quoi que ce soit, on sait qu’on a quelqu’un à côté de nous.

Tu t’es mise à l’italien ?
Au début, j’étais à fond, déterminée pour apprendre, mais au fur et à mesure, je reconnais que je suis devenue un peu plus flemmarde. Là, ça fait un petit moment que je ne m’y suis pas remise, mais j’essaie quand même de bien écouter ce que les filles disent pour améliorer ma compréhension.

As-tu pu profiter un peu de la « dolce vita » italienne ?
Oui, surtout en début de saison, parce qu’il faisait beau et qu’il y avait moins de soucis avec le Covid. J’ai pu visiter les environs, je suis allée pour la première fois à Venise, j’essaie d’aller me balader dès qu’il y a des journées libres.

Etes-vous reconfinés en Italie ?
Non, pour l’instant, il n’y a pas eu de reconfinement (un couvre-feu nocturne a depuis été déclaré). Tous les magasins ferment à 18-19h, mais on évite de croiser trop de monde, et d’une façon générale, les Italiens font très attention, il n’y a pas beaucoup de gens dans les rues, tout le monde met son masque. Dans l’équipe, on fait des tests Covid toutes les semaines et dès qu’il y a des cas positifs dans des équipes, les matchs sont reportés.

"Je suis super contente de retrouver Nantes en Ligue des champions"

Dans l’équipe, tu côtoies une des stars du volley italien et international, Paola Egonu, qui évolue à ton poste, peux-tu nous parler d’elle ?
C’est sympa de travailler avec elle, c’est une fille avec qui je m’entends bien, elle a le contact facile. Après, physiquement, elle est hors normes, elle est vraiment au-dessus, elle est impressionnante à voir jouer, on a forcément des choses à apprendre quand on la côtoie au quotidien, c’est très intéressant.

Tu savais en arrivant que tu ne serais pas titulaire, comment vis-tu cette situation ?
C’était effectivement prévu à la base, donc je ne me pose pas trop de questions sur mon temps de jeu. Si on m’en donne, tant mieux et j’essaie de donner tout ce que j’ai. Pour l’instant, j’ai joué les deux derniers matchs en tant que titulaire
(interview faite mardi, elle n'était pas titulaire mercredi contre Bergame), des matchs un peu plus faciles, mais pas non plus contre les derniers du championnat, ça prouve aussi que le coach me fait confiance. Je prends tout ce que j’ai à prendre, je n’ai aucune raison d’être déçue de la manière dont ça se passe.

Un club comme Conegliano vise forcément des titres, quels sont les objectifs cette saison ?
On ne nous dit pas qu’il faut gagner, mais les joueuses savent ce qu’elles veulent, et leur objectif, c’est de gagner le championnat, gagner la Ligue des champions et toutes les compétitions sur lesquelles nous sommes engagées. Et pour l’instant, ça se passe très bien, on sent que nous sommes au-dessus des autres dans le championnat, je ne dis pas que c’est facile, mais on a réussi tous nos matchs 3-0 ou 3-1, c’est un très bon début de saison.

A propos de Ligue des champions, le tirage au sort a programmé des retrouvailles avec Nantes, joli clin d’œil du destin ?
Oui, c’est assez incroyable, je ne m’attendais pas à ce qu’on joue Nantes. Donc je suis super contente, j’aurai peut-être l’occasion de voir ma famille qui est juste à côté, et je vais retrouver mes anciennes coéquipières, c’est top, je suis contente pour elles que ça se passe bien en ce début de saison. Nantes est vraiment un club qui me tient à cœur, j’y ai passé deux très bonnes années.

Un dernier mot sur l’équipe de France, le groupe doit se retrouver fin décembre pour préparer les qualifications du championnat d’Europe 2021, vous échangez entre joueuses sur le sujet ?
Oui, nous échangeons beaucoup, surtout sur le fait de savoir si ces qualifications vont avoir lieu ou pas, on a vraiment envie de les jouer pour essayer de se qualifier, c’est très important pour nous toutes.