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03/07/2020
L’Interview bleue : Juliette Fidon Lebleu
Après une première saison réussie en Pologne sous les couleurs de Legionowo, Juliette Fidon Lebleu évoluera encore la saison prochaine en PlusLiga puisqu’elle a signé à Rzeszow, équipe dirigée par Stéphane Antiga. Un club que la réceptionneuse/attaquante de 23 ans rejoindra mi-juillet, après quelques jours de stage en équipe de France du côté de Dinard.
Avant de parler de ton transfert à Rzeszow, peux-tu nous dire quel bilan tu as fait de ta première saison en PlusLiga avec Legionowo ?
Cette saison s’est très très bien passée, même si ça a été frustrant de la finir comme ça. Nous étions sur une bonne dynamique et je pense que nous avions les moyens de faire des playoffs sympas. Nous n’avons pas eu l’opportunité de les disputer, après, évidemment, la santé du monde entier était bien plus importante. En tout cas, j’ai découvert une autre manière de travailler et de fonctionner, ça m’a beaucoup plu et ça m’a donné envie de rester dans ce pays.

Vous avez terminé la saison régulière à la quatrième place, peut-on dire que c’était presque au-delà des objectifs de départ ?
Oui, la place que nous avons atteinte était un objectif, mais à un peu plus long terme. C’était assez inattendu pour le club, du coup, les gens étaient super contents, c’était vraiment sympa. Même quand on perdait, il n’y avait pas cette animosité qu’on peut trouver dans certains clubs où les gens ont du mal à comprendre que l’équipe puisse perdre.

Le fait d’avoir eu ta première expérience à l’étranger avec une compatriote, en l’occurrence Julie Oliveira Souza, a-t-il facilité l’acclimatation ?
Elle a plus de mérite que moi parce qu’elle est arrivée avant moi, elle était alors la seule étrangère. Mais oui, c’est sûr que le fait d’être deux a été un vrai atout, nous avons été là l’une pour l’autre, nous étions assez complices, nous nous sommes bien aidées, c’était bien pour nous.

Tu sortais d’une dernière saison plus difficile, cela t’a-t-il fait du bien de te relancer dans un club à l’étranger ?
(Ferme). Contrairement à ce que j’ai lu, je ne suis pas du tout partie pour me remettre en question, il y a beaucoup de choses fausses qui ont été dites à mon compte. Après, c’est vrai que j’avais vécu une saison compliquée pour différentes raisons et que le fait de vivre cette première expérience à l’étranger m’a fait du bien et était clairement nécessaire. Ça m’a fait grandir et réaliser pas mal de choses, donc c’était exactement ce dont j’avais besoin, je le referais 20 000 fois et c’est bien pour ça que je reste là-bas, même si je change de club.

Tu as donc signé à Rzeszow, deuxième de la saison régulière en 2019/2020, comment s’est fait ce transfert ?
J’avais rencontré Stéphane (Antiga), que je ne connaissais pas du tout, au début de la saison, puisque notre premier match du Championnat était contre son équipe. On avait juste discuté comme ça. Plus tard, après le Final Four de la Coupe de Pologne, pendant lequel on avait de nouveau joué contre eux, il m’avait parlé de l’éventuelle possibilité de me faire venir. Et quelques jours après, il a discuté avec mon agent, les choses se sont faites assez rapidement. Pour moi, c’était une super opportunité, dans la mesure où ça correspondait parfaitement à l’évolution que je souhaitais avoir. Je n’ai pas hésité longtemps.

C’est flatteur quand on est contactée directement par Stéphane Antiga ?
Oui, complètement. C’est quand même quelqu’un qui a fait beaucoup de résultats en Pologne, je me dis que s’il me recrute, c’est que je dois être sur la bonne voie de progression et que ce n’est pas seulement parce que je suis française. Il va m’apporter beaucoup de par son expérience de joueur de haut niveau, d’autant plus sur le même poste que le mien. Je suis contente qu’il m’ait appelée et qu’il m’ait incluse dans ce projet. Maintenant, j’ai vraiment hâte de commencer, je pense que je vais encore beaucoup apprendre dans un club où il y a un bon coach, une grosse équipe, un staff très dense.

C’est une montée en gamme pour toi ?
Oui, exactement. Je suis contente, c’est vraiment une bonne opportunité pour moi, ça me motive beaucoup.

As-tu la garantie d’être titulaire ?
Non, il n’y a pas de garantie, il y aura de la concurrence, il y a du beau monde au poste de réceptionneuse/attaquante donc il va falloir bosser pour prendre sa place.

Quand vas-tu découvrir ton nouveau club ?
Je pars le 12 juillet pour une reprise le lendemain. La saison reprend deux mois plus tard avec la Supercoupe le 13 septembre puis le Championnat le week-end suivant.

D’ici là, tu as retrouvé l’équipe de France mercredi à Dinard, ce stage est-il important dans cette saison particulière, complètement blanche en termes de compétitions ?
C’est bien effectivement de reprendre contact avec le groupe, même si, pour ma part, ça va être plus court. Je ne pense pas que dans ce délai, je vais apprendre un nouveau système de jeu, mais ça sera toujours ça de pris en vue des qualifications pour l’Euro en janvier.

As-tu hâte justement de reprendre la compétition ?
Oui, autant de temps sans jouer, c’est long. Je t’avoue que j’ai aussi un peu d’appréhension, parce que j’ai des petits problèmes d’épaule. Même si j’ai essayé au maximum de l’entretenir pendant la pause, je n’ai pas tapé dans un ballon pendant toute cette période, donc même si je me sens en forme physiquement, je pense que ça va être un peu long de retrouver les sensations que j’avais pendant la saison.

Comment s’est passé le confinement pour toi ?
Le corps a apprécié d’être au repos, pour ce qui est de la tête, ça a été un peu plus compliqué, un bouleversement plus important, d’autant qu’au début, il a fallu rentrer en catastrophe de Pologne, ça a été mine de rien assez stressant, il y avait aussi toute la pression que tu ressens au quotidien qui retombait, c’était particulier. Et pour moi, une partie de cette période a été très compliquée, parce que j’ai perdu mon papa, c’était particulièrement difficile parce que c’est survenu pendant cette période. C’est la vie, mais ça prend forcément du temps de s’en remettre, et ça mettra encore du temps, j’espère que le fait de reprendre le volley et ma vie indépendante en Pologne va me faire du bien.