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25/05/2020
L’interview bleue : Youssef Krou
Alors qu’il devait reprendre la saison en mars Australie avec Edouard Rowlandson, Youssef Krou a dû rentrer précipitamment en France pour se confiner du côté de Cannes. Le beacher tricolore raconte comment il a vécu cette période au moment où il s’apprête à reprendre l’entraînement du côté de Toulouse.
Le confinement a débuté au moment où vous deviez attaquer la saison avec Edouard en Australie, comment as-tu vécu ce coup d’arrêt ?
C’était difficile d’être obligé d’accepter d’être à nouveau retardé, parce que comme beaucoup de monde le sait, je me suis fait une grosse blessure à l’épaule en mars 2019. Mars 2020, c’était pile un an après, j’attendais avec impatience de retrouver la compétition, le haut niveau, et de pouvoir tester mon épaule, donc ça a été difficile de me dire que tout le travail qui avait été mis en place depuis un an, avec le chirurgien, les kinés à Montpellier, Laurent Delrieu et Alicia Dauvilliers, les kinés à Toulouse, a été coupé net.

Comment s'était passée la préparation de cette nouvelle saison ?
Ca s’était très bien passé avec deux semaines de stage en Espagne, trois au Brésil, cette période a été super importante, parce que la concentration était vraiment fixée sur un objectif, performer au début de la saison, j’avais vraiment hâte de retrouver les terrains. Je me souviens que dans l’avion pour l’Australie, j’étais avec un joueur norvégien, je lui disais que ce tournoi, c’était un peu à pile ou face : soit on le faisait soit il allait être annulé. Au final, on est partis jeudi après-midi, on est arrivés samedi matin et lundi matin, on était déjà dans l’avion du retour. A un moment donné, je me suis dit que quitte à être là-bas, autant y rester une semaine pour en profiter, sauf que pas mal de monde m’a dit que c’était plus prudent de rentrer et finalement, on a bien fait de rentrer vite, puisqu’on est arrivés mardi matin en France et à midi, tout était fermé.

Où as-tu été te confiner ?
Je suis rentré directement à Cannes chez mes meilleurs amis, où j’avais accès à pas mal de matériel pour m'entraîner et à des copains pour toucher un peu la balle, j’ai passé toute cette période là-bas. C’est là où je me ressource en général entre les tournois ou les stages, ça s’est très bien passé. Pendant toute cette période, on avait aussi des visio-conférences hebdomadaires avec le staff centrées sur du travail vidéo, sur l’étude des matchs, c’était un très bon moyen de garder contact avec notre sport, en parallèle des séances physiques. Je suis resté à Cannes au début du déconfinement, parce qu’on ne pouvait pas encore s’entraîner au CREPS.

Quel est le programme maintenant ?
La seule certitude qu’on a aujourd’hui, c’est que le 3 juin, on reprend au CREPS de Toulouse par des réunions au cours desquelles on va nous expliquer les consignes sanitaires à respecter sur le site, on va commencer à s’entraîner le lendemain avec Edouard, mais je ne sais pas encore dans quelles conditions exactes. Pour ce qui est de la compétition, on ne sait rien, c’est compliqué de programmer quoi que ce soit tant qu’on ne sait pas quand on pourra jouer notre premier tournoi.

Dans quel état d’esprit étiez-vous avec Edouard au moment d’attaquer la saison, avant que tout ça n’arrive ?
C’était un peu comme le titre du film de 50 Cent, Réussir ou Mourir. On a vraiment travaillé dur pour avoir la chance de rejouer sur le World Tour, donc on attendait ça avec impatience. Après, avec le recul, je me dis que pour mon épaule, c’est tout bénef, parce qu’après une telle opération, tu mets du temps à retrouver toute ta force et ta confiance, donc là, ça fait deux mois et demi supplémentaire, plus le temps qui nous sépare du prochain tournoi, ça va me permettre d’être à 100% au moment de rejouer.

L’objectif olympique est reporté d’un an, c’est aussi l’occasion d’avoir plus de chances de se qualifier ?
Oui, c’est clair que s’il y a assez de tournois, ça nous rouvre une chance de nous qualifier via le classement olympique. Là, dans le Top 15, il y a deux équipes déjà qualifiées pour Tokyo, ça veut dire que la limite est repoussée à la 17e place. Avec ma blessure, c’était injouable de se qualifier par le classement, là, ça redevient possible, donc il nous reste le double chemin, le classement et la Continental Cup.

As-tu le sentiment qu’avec Edouard, vous avez retrouvé tous vos automatismes et que vous avez les moyens de performer sur le World Tour ?
Ce qui est sûr, c’est que juste avant que je me blesse, nous avions retrouvé notre niveau (ils avaient dû abandonner à Sydney alors qu'ils avaient atteint les demi-finales). Maintenant, tant qu’on n’a pas renoué avec la compétition, c’est difficile de se prononcer et de tirer des enseignements d’une phase de stage. Ce n’est que lorsqu’on sera au pied du mur de la compétition qu’on pourra savoir. Maintenant, notre investissement est tellement important qu’on ne doit plus avoir de doutes.

La compétition te manque ?
C’est clair que j’ai hâte ! Je n’ai qu’une envie, c’est de jouer au beach avec Eddy.