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(Miniature) Amandha Sylves : « La gamine qui est en moi revient très vite sur le terrain »
Photo : Julien Crosnier / FFVolley
21/02/2020
Amandha Sylves : « La gamine qui est en moi revient très vite sur le terrain »
Sortie au printemps dernier de l’IFVB, Amandha Sylves, après un été passé en équipe de France et un premier Championnat d’Europe, a continué sa progression éclair, puisqu’elle est titulaire pour sa première saison professionnelle dans les rangs de Nantes, un des candidats au titre de champion de France. La jeune centrale de 19 ans répond à L’interview bleue de la semaine.
Nantes a joué son dernier match de la Ligue des champions cette semaine (défaite à Conegliano, Nantes, deuxième de la poule, ne jouera pas les quarts), quel bilan tires-tu de cette phase de poules ?
C’était une très belle expérience que je suis contente d’avoir vécue très jeune. Je n’en tire que du positif, parce que même si nous ne nous sommes pas qualifiées, ça m’a permis de connaître le haut niveau des clubs, de gagner en rapidité, en lecture de jeu, et, techniquement, de ne pas toujours taper au même endroit. Ce qui est sûr, c’est que le niveau est différent. L’équipe qui m’a le plus marquée, c’est Conegliano, une équipe composée de joueuses très puissantes, mais aussi Vasas (Budapest), parce qu’à l’aller, nous les avions battues 3-0, mais au retour, on avait vu qu’elles nous avaient étudiées, qu’elles avaient bien regardé nos points forts, c’était un autre match (victoire tout de même, 3-1). On savait qu’avec Conegliano dans notre poule, c’était impossible de finir premières de notre poule, c'est quand même bien de terminer deuxièmes.

Tu effectues ta première saison en Ligue A, tu es titulaire quasiment tous les matchs, t’attendais-tu à avoir autant de temps de jeu ?
Non, pas du tout. Je ne m’attendais pas, déjà, à jouer. Quand je voyais le nombre de filles de l’IF qui ont attendu un ou deux ans avant de jouer et qui sont pourtant de grandes joueuses, comme Héléna Cazaute ou Juliette Fidon, ou même des filles de la génération d’avant de l’IF qui ne sont pas encore en pro aujourd’hui, je me disais que, arriver dans un club pro, de haut de tableau, et jouer, c’était inimaginable.

Comment expliques-tu que tu aies joué d’entrée ? Ton entraîneur Cyril Ong t’avait-il dit que tu allais jouer ?
Non, il ne me l’a pas dit. Je pense qu’il a vu ce dont j’étais capable l’année dernière en Championnat avec l’IF, il a dû se dire que j’avais du potentiel et il a sans doute voulu l’exploiter. Mais je ne sais pas en fait ! Je pense qu’il m’a surtout fait confiance dès le début, ce qui n’est pas le cas de tous les entraîneurs avec des filles qui sortent de l’IF.

Penses-tu que le fait d’avoir pu te montrer la saison dernière en Ligue A avec France Avenir 2024 (c’était la première fois que l’équipe de l’IFVB jouait le Championnat de France), puis un peu l’été dernier lors de l’EuroVolley 2019 avec l'équipe de France t’a aussi servi auprès de ton entraîneur ?
C’est sûr que ça n’amuse pas forcément certains entraîneur et clubs, comme Mulhouse ou Nantes, de se déplacer jusqu’à Toulouse (où évoluait l'équipe la saison dernière, elle joue ses matchs à Albi cette saison) en sachant qu’ils vont gagner 3-0, mais nous, les jeunes, le fait d'avoir cette équipe de l'IF en Ligue A nous permet de découvrir le Championnat et les joueuses qui seront potentiellement en concurrence avec nous si on arrive à jouer en pro la saison suivante. Ça permet aussi aux entraîneurs de repérer le potentiel des jeunes filles de l’IF. Pour ce qui est de l’équipe de France, je n’ai pas énormément joué au Championnat d’Europe, mais quand je suis rentrée, j’ai fait ce que j’ai pu, peut-être que ça l’a (Cyril Ong) un peu rassuré sur le fait de me faire venir.

Si tu joues beaucoup cette saison, c’est parce que tes performances sont convaincantes, comment expliques-tu cette bonne adaptation ?
Oh la la, je ne sais pas ! Je suis venue avec « mon moi normal », je n’ai pas cherché à être quelqu’un d’autre, je ne me suis pas cachée par rapport à mes attitudes. Je suis pareille à Nantes que je l’étais à Toulouse, un peu folle - pas un peu, diront les autres -, c’est le même état d’esprit. Et j’ai essayé de montrer ce que je valais à Cyril, à mes coéquipières, aux supporters et à la présidente. Après, je suis quand même étonnée, c’est sûr. A chaque fois que j’ai l’impression de faire un match pourri, il y a toujours quelqu’un qui vient me réconforter et me dire « pas du tout, t’as fait un bon match ».

Tu prends beaucoup de plaisir ?
Ah oui, vraiment ! Comme c’est ma première saison, je me dis parfois qu’il faut que je sois sérieuse, mais la gamine qui est en moi revient très vite sur le terrain. C’est aussi ça qui fait mon jeu.

Dans quels domaines principaux penses-tu que tu as de grosses marges de progression ?
Le service et le bloc, les deux secteurs dans lesquels je suis la plus faible.

D’un point de vue collectif, Nantes fait une très bonne saison, deuxième en Ligue A à deux points de Mulhouse, quels objectifs vous fixez-vous entre coéquipières ?
Franchement, même si je n’étais pas dans cette équipe et que je la regardais de l’extérieur, je dirais que cette équipe mérite d’être championne de France, au vu de toutes les étapes qu’elle a franchies ces derniers temps. Et entre nous, on se le dit aussi, c’est un club qui mérite ce titre. Maintenant, on sait que ça va être très difficile face aux grosses équipes que sont Béziers, Mulhouse et Cannes.

Avant de penser aux playoffs, tu vas retrouver l’équipe de l’IFVB dans huit jours à Nantes, attends-tu ce match avec impatience ?
Je suis trop contente de toutes les revoir ! Je vais sûrement entamer le match avec une grosse excitation, il faudra que j’arrive à me calmer ! C’est trop bien de jouer contre elles, et elles-mêmes, elles sont très contentes, même si elles me disent qu’elles vont encore perdre !

Finissons par l’équipe de France, quel bilan tires-tu de ton été passé ?
Le Championnat d’Europe, c’était juste magnifique, quelque chose à vivre, à revivre, à re-revivre, je suis vraiment super contente d’avoir vécu cette expérience. Je suis assez fière aussi d’avoir pu jouer, surtout contre les Serbes, ce n’était que du plaisir. Je suis pressée de retrouver les filles en équipe de France.