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(Miniature) Mallory Caleyron : « Fière de ce que j’ai fait »
Photo : Julien Crosnier / FFVolley
31/01/2020
Mallory Caleyron : « Fière de ce que j’ai fait »
L'interview bleue de la semaine donne la parole à Mallory Caleyron qui, à cause de douleurs répétées au genou, a annoncé la semaine dernière qu'elle avait décidé, à 31 ans, de mettre un terme à sa carrière. La passeuse du Stade Français et de l'équipe de France évoque cet arrêt, ses souvenirs et son avenir.
Pourquoi as-tu pris la décision de mettre un terme à ta carrière ?
En fait, j’ai mal au genou depuis le mois de mai, la douleur est montée crescendo. On m’avait diagnostiqué un syndrome de l’essuie-glace avec des cartilages un peu abîmés, donc j’ai eu une infiltration avant le Championnat d’Europe l'été dernier. Mais mon genou n’allait pas vraiment mieux, j’ai encore eu une infiltration après qui m’a permise de tenir quelques mois pour reprendre la saison avec le Stade Français, mais l’avant-dernier match avant la trêve, à Marcq-en-Baroeul, je n’ai pas réussi à finir la partie, j’avais l’impression d’avoir tout cassé. Apparemment, il n’y avait rien, donc j’ai eu quinze jours de repos, j’ai repris, mais j’avais encore mal, on a vu que c’était un problème au ménisque externe, j’ai encore fait une infiltration, de la mésothérapie, mais je n’arrivais même plus à descendre les escaliers, c’était insoutenable. A un moment, il a fallu prendre une décision : ça fait quatre mois qu’un jour, c’est oui, le lendemain, c’est non, ça n’aidait pas l’équipe, donc je me suis dit que ce n’était plus possible et j’ai décidé d’arrêter, je vois le chirurgien cette semaine pour voir ce qu’on va faire.

Cette décision a-t-elle été difficile à prendre ?
Non, parce que j’avais de toute façon prévu de mettre un terme à ma carrière à la fin de la saison, j’en parlais depuis trois-quatre mois avec mon mari (Quentin Caleyron, qui fait partie de l'équipe de France de cyclisme sur piste), c’était clair entre nous. Une chose me tenait particulièrement à cœur avant d’arrêter, c’était de retourner en équipe de France, ce que j’ai fait l’été dernier, c’est comme si la boucle avait été bouclée, je me suis dit que je pouvais partir sereinement. Ça arrive juste un peu plus tôt que prévu. Ça pique un peu d’arrêter, je suis un peu déçue, en phase de digestion de cette décision, mais il n’y a ni frustration ni amertume ni dépression, parce que j’ai de belles choses qui arrivent derrière.

Avant d’évoquer cet avenir, revenons sur cette carrière : qu’en retiens-tu ?
Des embûches, avec mes blessures (elle avait déjà dû mettre sa carrière entre parenthèses en 2015 à cause d’une blessure au pied, avant de revenir), mais si c’était à refaire, je signerais tout de suite pour la même chose. J’aurais aimé gagner des titres, peut-être aller à l’étranger, mais tout ce que j’ai fait m’a semblé logique sur le moment et a été dicté par des choix de valeurs et de cœur, donc je ne regrette absolument rien et je suis fière de ce que j’ai fait. Et surtout, ce que je retiens, ce sont les rencontres magnifiques, les échanges, les moments de partage fabuleux… Pendant toutes ces années, je n’ai jamais eu l’impression d’aller au travail.

Si tu ne devais garder qu’un moment de cette carrière ?
Je dirais ma première année au Cannet (2012-2013). J’ai eu la chance d’avoir un coach très fort, Riccardo Marchesi (aujourd’hui à Cannes) qui m’a vraiment fait passer un cap en tant que volleyeuse, je pense que ça a été un tournant dans ma carrière, c’est le moment où j’ai grandi et appris le plus. Et en équipe de France, mon meilleur souvenir, c’est la qualif pour le Championnat d’Europe en Suisse (2013) contre l’Ukraine : on perd là-bas 3-1 et on gagne 3-2 au retour puis au golden set à Saint-Dié des Vosges. Ensuite, on atteint les quarts de finale au Championnat d’Europe, tout découle un peu de ce barrage gagné contre l’Ukraine.

Tu as donc achevé ta carrière internationale par le dernier EuroVolley 2019 en Turquie, qu’en gardes-tu ?
Collectivement, c’était chouette de découvrir des jeunes que je ne connaissais pas, de constater qu’il y a des filles qui sont motivées pour faire avancer le volley féminin français. Après, sur le plan personnel, ça n’a pas été très simple, mais mon objectif était de retourner en équipe de France, parce que c’est une fierté pour moi de porter ce maillot, c’était très important à mes yeux. Je suis donc très contente d’avoir pu disputer mon troisième Championnat d’Europe, même si j’aurais aimé jouer plus et apporter plus de choses, je n’ai pas réussi à m’exprimer, mais ça fait partie du volley.

Parlons maintenant de la suite : quel est ton programme désormais ?
Cette année, comme je savais que ça allait être ma dernière saison, j’ai repris un Master en management du sport à Nanterre avec l’objectif de faire un stage en entreprise. Là, je viens de valider le fait que je vais faire un stage de cinq mois dans une grande entreprise, au sein de laquelle je vais m’occuper du développement du sport santé. Je ne pouvais pas rêver mieux. Et je devrais aussi sans doute continuer à aider le Stade Français au niveau administratif. Des portes s’ouvrent, c’est trop bien, je suis confiante pour la suite.

As-tu envie de rester dans l’univers du volley, d'un point de vue sportif ?
Dans un premier temps, je ne pense pas, j’ai envie de profiter de ma vie, de mon mari, mais je sais que j’adore transmettre aux plus jeunes. Donc aujourd’hui, ce n’est pas dans les plans, mais ça peut le devenir un jour, on verra ce que la vie me réservera.