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(Miniature) L’interview bleue : Clémentine Druenne
Photo : Julien Crosnier/FFVolley
30/04/2020
L’interview bleue : Clémentine Druenne
A seulement 26 ans, Clémentine Druenne vient d’annoncer l’arrêt de sa carrière professionnelle qu’elle aura passée dans le même club, le Volley-Ball Nantes. L’internationale tricolore (58 sélections) explique sa décision dans L’Interview bleue de la semaine.
Pourquoi avez-vous pris la décision d’arrêter votre carrière ?
Je m’étais blessée au genou gauche en janvier 2018 (rupture du ligament croisé antérieur), j'avais mis plus de temps que prévu pour revenir, et après cette saison galère, je m’étais dit que je repartais pour un an et qu’au bout de cette saison, je verrais où j’en serais, parce que j’avais déjà ressenti des moments un peu compliqués dans ma relation avec le volley. La saison est passée, je n’ai pas beaucoup joué, mais le groupe était vraiment top et en tant que capitaine, je me suis vraiment éclatée ; humainement, cette saison m’a beaucoup apportée. En revanche, je me suis rendue compte que je m’amusais quand même moins à jouer au volley, or mon leitmotiv a toujours été de me dire que le jour où je prenais moins de plaisir, ça serait bien d’arrêter. Le club m’avait proposé quelque chose, mais en parallèle, un cabinet de kiné dans lequel j’avais déjà fait des remplacements m’avait aussi proposé un poste, je me suis dit que c’était le moment de me lancer en tant que kiné dans un endroit qui me plaisait vraiment, donc j’ai pris la décision d’arrêter le volley.

Avez-vous beaucoup hésité, compte tenu justement de cette belle dernière saison ?
Oui, bien sûr, ce n’est jamais simple à prendre comme décision, parce que ça fait vingt ans que je joue au volley, neuf à Nantes. Pendant un moment, je me suis posée la question de repartir sur une saison, mais j’avais quand même l’impression d’arriver en bout de course, je n’avais vraiment pas envie de faire la saison de trop, c’est ce qui a prédominé dans mon choix. Je pense aussi que depuis ma blessure, je n’avais pas réussi à retrouver le niveau que j’avais, ça aussi a joué dans ma décision, parce que ça amène une certaine frustration.

Avez-vous consulté vos proches avant de vous décider ?
Oui, j’en ai parlé avec mes amis et ma famille. Mon père m’a toujours dit que ça serait bien que je joue le plus longtemps possible, parce qu’une carrière professionnelle, c’est éphémère, c’est finalement une période très courte dans la vie, mais il s’est aussi rendu compte que je m’amusais moins, donc il a totalement compris ma décision. Au final, mes parents m’ont toujours soutenue et ils savent que c’est mieux pour moi d'autant que je me lance dans quelque chose où je serai heureuse, c’est la volonté de tous les parents que leurs enfants soient heureux !

Une fois la décision prise, qu’avez-vous ressenti ?
La première annonce, je l’ai faite à Cyril (Ong, l’entraîneur de Nantes), ça faisait bizarre. Parce que même si je savais que j’arrêtais, le formuler, lui dire « J’arrête », c’était encore un cap à franchir, parce que ça veut vraiment dire que c’est fini et qu’il n’y a plus de retour en arrière possible, ça a quelque chose de définitif. Mais à côté de ça, j’étais soulagée et contente de passer à autre chose.

Que vous a-t-il dit quand vous lui avez annoncé ?
Il m’a dit : « Clem, si tu arrêtes, il n’y a pas de souci, je comprends totalement, si tu penses que tu ne vas pas totalement t’épanouir et que tu es arrivée au bout, fonce, surtout si tu as une super proposition de boulot à côté ». Il a été très compréhensif.

Quels moments forts retiendrez-vous de votre carrière professionnelle ?
Déjà, ce qui prédomine, ce sont les émotions, aussi bien celles que l’on ressent dans les défaites que dans les victoires, parce que je sais très bien que c’est quelque chose que je ne retrouverai pas. Et c’est ce qui est le plus fort dans le sport de haut niveau, la compétition, l’adrénaline, c’est hyper intense. J’ai aussi eu la chance de créer des amitiés très fortes dans le volley, c’est important, et je garde obligatoirement les sélections en équipe de France, parce que c’est génial dans une carrière d’avoir pu porter ce maillot. Dans mes meilleurs souvenirs, il y a également la première victoire de Nantes contre Cannes lors de la saison 2014-2015, toutes nos finales, même si on les a toutes perdues, et cette saison, le plus beau match était celui contre Blaj en Ligue des champions.

Vous avez accompagné la progression de Nantes, pensez-vous qu’elle va se poursuivre ?
Je l’espère en tout cas ! Mais c’est clair que depuis quelques années, le club a pris en envergure, il s’est professionnalisé, les résultats sont plus constants, le Volley Ball Nantes est devenu un club vraiment important dans l’élite du volley français. Et je pense qu’il va continuer à avoir de très bons résultats, dès la saison prochaine, avec de nouveau une Ligue des champions, j’espère surtout qu’il gagnera un titre, c’est tout ce que je lui souhaite.

Pour revenir à l’équipe de France, dont vous n’avez pas porté le maillot depuis 2017, comment voyez-vous son évolution avec un nouveau départ insufflé par Emile Rousseaux ?
L’équipe est assez jeune, mais elle montre de bonnes choses, notamment lors de la dernière compétition (l’EuroVolley 2019), ça manque un peu de constance, mais ça va venir au fur et au mesure, à force de jouer ensemble et de faire des stages. Et par rapport aux années que j’ai pu connaître, la plupart des filles sont titulaires dans leur club, ça aide beaucoup à avoir une équipe de France qui performe.

Dans votre carrière, y a-t-il des joueuses, des entraîneurs qui vous ont marquée ?
Je pense que cette dernière saison m’a beaucoup marquée, elle a une saveur particulière, donc je suis obligée de citer Cyril, parce que j’ai appris à le découvrir et que la relation que nous avons pu avoir en tant que coach et capitaine était vraiment géniale, ça restera inoubliable. Pour ce qui est des joueuses, je citerais Marion Gauthier-Rat, mon binôme, qui a arrêté la saison dernière.

Vous êtes encore jeune (26 ans), vous dites-vous qu’un jour, vous pourriez reprendre le volley si l’envie revenait ?
Je sais déjà que la saison prochaine, je ne jouerai pas au volley, j’ai envie de faire autre chose, de me concentrer sur mon métier de kiné, de découvrir ce que c’est que les week-ends libres. Après, je ne dis pas que je ne rejouerai plus au volley, peut-être que dans quelques années, ça me titillera et j’y retournerai. Je ne sais pas du tout, mais pour l’instant, je fais une pause.

Quand et où débutez-vous votre nouveau métier de kiné ?
Je commence normalement à travailler le 1er juin, je serai kiné à plein temps dans un cabinet en périphérie de Nantes, il est très bien équipé, je connais déjà tout le monde, j’ai la chance d’arriver dans un endroit que je connais déjà bien.