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30/10/2019
L’interview bleue-Aline Chamereau : « Il faut qu’on ouvre la porte »
Associée depuis l’été 2018 à Alexandra Jupiter, Aline Chamereau est cette semaine à Qinzhou (Chine) pour l’avant-dernier tournoi du World Tour de l’année qui débute jeudi pour elles. Sur ce 3 étoiles puis le 4 étoiles de Chetumal (Mexique, 12-17 novembre), les deux Françaises, qui sortent d’une grosse période de travail à Toulouse, nourrissent de grosses ambitions.
L’année 2019 s’apprête à se terminer avec deux derniers tournois en Chine et au Mexique, quel bilan en fais-tu ?
Il est super positif, parce que nous partions d’assez loin et que nous avons gagné beaucoup de points sur le World Tour. Nous avons beaucoup progressé, nous avons fait des résultats intéressants, nous sommes très proches de la qualification aux Jeux Olympiques en termes de points. Maintenant, nous attendons plus et nous espérons que la dernière ligne droite, avec les deux derniers tournois de l’année 2019 puis les six premiers mois de 2020, vont nous permettre d’atteindre cet objectif.

Tu penses que cette qualification via le classement mondial (15 premières) est à votre portée ?
Oui, nous nous disons que c’est complètement faisable. Forcément, le temps joue contre nous, mais vu notre progression, nous y croyons. Je pense que nous sommes en train de franchir un cap et que dans ces conditions, tout peut arriver. Nous sommes en tout cas hyper enthousiastes, nous restons sur une grosse période d’entraînement à Toulouse de plus d’un mois, nous avons hâte de voir ce que ça va donner sur les deux derniers tournois de l’année, j’espère que tout ce travail va se traduire en résultats, on a envie d’aller chercher les grosses équipes.

Vous avez plusieurs fois atteint des 9e places sur les tournois du World Tour, que vous manque-t-il pour passer le cap des huitièmes de finale ? Un petit déclic ?
Il nous manque quelque chose au niveau de la gestion mentale des matchs, mais on sent que ce n’est pas loin, il faut qu’on ouvre la porte. Je pense que physiquement et techniquement, nous n’avons pas grand-chose à envier aux autres, maintenant, il faut qu’on arrive à mieux gérer les fins de match. On travaille pour, ça ne fait quand même qu’un an et demi que nous jouons ensemble. En plus, nous venions du même poste, donc il a fallu déjà apprendre à jouer avec une autre partenaire, ensuite que « Jupi » se fasse à son nouveau poste en défense, c’était un challenge supplémentaire.

La qualification olympique passe également par la Continental Cup, compétition par équipes que vous jouerez en mai et juin (en cas de qualification pour la finale), est-ce aussi une priorité pour vous ?
Clairement ! On veut mettre toutes nos chances de notre côté pour cette Continental Cup qui est en plus une compétition géniale parce que c’est la seule par équipes, nous sommes deux paires à défendre les couleurs de la France, c’est assez fort. Et si jamais nous arrivions à nous qualifier au ranking, ça pourrait être l’occasion de qualifier une deuxième équipe, c’est très important.

Les Jeux, c’est une obsession pour vous ?
C’est en tout cas le rêve ultime de toute joueuse de beach-volley. Aujourd’hui, on sent que ce rêve est accessible, donc oui, on y pense tout le temps. Et on sait aussi que c’est très important pour la suite, ça peut ouvrir des portes pour nous, pour emmagasiner de l’expérience en vue de Paris 2024, mais aussi pour le développement du beach-volley en France, parce que ça fait très longtemps qu’il n’y a pas eu de participation française aux JO, on serait très heureuses et fières de réussir à se qualifier, c’est un gros challenge.

Tu parles de Paris 2024, tu y penses aussi ?
On y pense forcément, parce qu’on en entend beaucoup parler, mais aujourd’hui, on a l’image de Tokyo omniprésente dans nos têtes, d’autant qu’on a vu le site cette année, c’est notre priorité n°1, l’objectif Tokyo prend toute la place. Après, on sait que ça fait partie de la ligne droite jusqu’à Paris.

Toutes les équipes de France sont désormais réunies à Toulouse, est-ce important pour structurer le projet beach en France ?
Oui, nous sommes super contentes, on sent effectivement que tout est plus structuré, on travaille énormément avec les coaches brésiliens arrivés l’année dernière, mais aussi avec les coaches qui étaient déjà en place à Toulouse. Là, les garçons nous ont rejoints, ça ressemble vraiment à un vrai pôle de compétition de haut niveau. Et on se sent aussi beaucoup plus soutenues, les gens commencent à s’intéresser à nous, à ce qu’on fait, ça nous aide, parce que nous sommes tellement dans notre bulle de travail et de compétition toute l’année, que nous sommes parfois déconnectées de la réalité. Ça fait du bien de prendre conscience de ce soutien, ça nous donne encore plus de force.

Trois paires françaises en lice. Trois duos tricolores disputent ce World Tour 3 étoiles de Qinzhou, en Chine : Alexandra Jupiter et Aline Chamereau sont têtes de série n°11 dans le tableau féminin, tandis que côté masculin, Quincy Ayé et Arnaud Gauthier-Rat font partie des prétendants au podium, n°4, et que Jérémy Silvestre et Arnaud Loiseau, n°27, ont réussi à passer le cap des qualifications en sortant les Chinois Tang/Zhou (22-20, 21-15). Les matchs de poules ont lieu jeudi et vendredi.