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(Miniature) L’interview bleue – Alexandra Dascalu
Photo: Facebook Les Mariannes
17/01/2020
L’interview bleue – Alexandra Dascalu
La pointue des Bleues est de retour dans le championnat de France ! Alexandra Dascalu a quitté cet hiver le Stiinta Bacau pour retourner au Stade Français Paris Saint-Cloud, le club où elle a évolué entre 2015 et 2018. Elle nous explique les raisons de ce choix.
Alexandra, peux-tu nous raconter pourquoi tu as quitté la Roumanie ?
Je ne vais pas trop rentrer dans les détails, mais disons que ça ne s’est pas très bien passé avec le coach, principalement. Ses méthodes ne me convenaient pas. Au-delà des méthodes d’entraînement, c’est même plus son attitude en tant que personne avec les joueuses qui était très dérangeante. C’est la vieille école, beaucoup d’irrespect. Ça n’allait pas du tout avec mes principes et mes valeurs.

Tu l’avais senti dès le début de la saison que ça n’allait pas coller entre vous ?
Non, je pensais que ce serait un peu compliqué. Mais au fil des semaines, ça n’a fait que se confirmer. On était plusieurs étrangères dans l’équipe, et on était toutes d’accord pour dire que ce n’était pas normal ce qu’il se passait. Il y a d’ailleurs une autre joueuse française qui était avec moi, Kim Nowak, qui est partie en décembre.

Et te voilà donc de retour chez les Mariannes. Un choix évident ?
Je me suis rapidement rapprochée de Paris parce que je savais que le club cherchait à se renforcer. Moi, je voulais partir, j’avais demandé à mon agent de regarder. En fait, ça s’est fait très vite avec Paris, plus vite que ce que j’aurais pensé. Ce n’est pas que Paris était ma priorité dès le départ, mais assez rapidement ils m’ont dit qu’ils voulaient que je revienne. Après quelques détails à régler, c’est allé vite. J’avais besoin de ça, d’être sereine, dans un environnement plus tranquille.

C’est plus facile, pour s’intégrer en cours de saison, de rejoindre un club qu’on connaît bien…
Disons que j’aurais pu le faire dans un autre contexte. Mais après le passage en Roumanie, j’avais vraiment besoin d’être tranquille dans ma tête.

"Je sors grandie de cette expérience en Roumanie"

Tu as vite retrouvé les terrains du championnat de France avec une belle affiche contre Cannes, mardi soir, à Charpy (défaite 3-1). Un beau cadre pour un retour…
C’était chouette, il y avait du monde, le public était là et nous a soutenues. Contre Cannes, on est remis dans le bain immédiatement. En même temps, c’était bien parce que Cannes n’est pas un adversaire direct cette année, il ne faut pas se leurrer. C’est le premier match qu’on a joué ensemble, dans la nouvelle composition de l’équipe, avec aussi le retour d’Isaline (Sager-Weider) sur le terrain. Finalement, c’est un match qu’on a pu utiliser pour travailler.

Quand on regarde votre effectif désormais, on a l’impression que l’équipe vaut sans doute mieux que son classement actuel (12e de Ligue AF)…
Je l’espère ! Et j’espère surtout qu’on va réussir à améliorer ce classement. On verra…

Quel est votre objectif ?
Il faut d’abord y aller par étapes. Mathématiquement, on n’est pas encore sauvées. Il faut d’abord assurer le maintien. Et ensuite, si tout se passe bien, si on fait de bonnes choses et si on se rapproche des places un peu plus hautes, on pourra commencer à parler des playoffs. Mais je pense qu’il ne faut pas en faire un objectif à atteindre impérativement. Ce serait sans doute se tromper de voie. Ce sera la conséquence, si on joue bien. Mais sinon on risque de se mettre une mauvaise pression.

Tu parlais d’Isaline, il y a en effet des joueuses que tu connais bien dans l’effectif…
Oui, c’est sympa ! C’est toujours plus facile de s’intégrer dans un groupe quand on connaît certaines joueuses. Il y a Isaline, « Mallo » (Mallory Caleyron, ndlr), et puis les plus jeunes, la libero (Auriane Biemel, ndlr) je la connaissais aussi, même si je n’avais pas encore joué avec elle, Nicole Szyba… Et certaines je les connaissais de nom, ou pour avoir joué contre elles. Ça a aidé pour l’intégration.

A l’avenir, tu espères encore revivre une aventure à l’étranger ? Celle-ci a été compliquée en Roumanie, mais la saison précédente en Italie s’était très bien passée…
Oui, ce passage en Roumanie, malgré le fait que ce ne soit pas une bonne expérience, ne m’a pas du tout rebuté pour repartir à l’étranger. Il y a des choses à tirer de chaque expérience, je pense que je sors grandie de celle-ci malgré tout. Donc oui, pourquoi pas l’étranger de nouveau l’année prochaine. J’aimerais bien.

"Avec les Bleues, on est sur la bonne voie"

On va finir en parlant un peu de l’équipe de France. Quel bilan fais-tu de l’été dernier, et notamment de cet Euro où il y avait eu de belles choses, et d’autres un peu moins bonnes ?
C’est un peu frustrant. On a fait de très bonnes choses, contre de très bonnes équipes. J’ai même l’impression que c’est contre les meilleures équipes qu’on a fait nos meilleurs matchs. On a montré qu’on était capable de faire vraiment ce qu’il faut. Et contre les équipes un peu plus à notre portée, celles qu’on pourrait plus facilement accrocher, c’est dommage qu’on soit passé à côté. Donc la frustration, c’est le premier sentiment qu’on avait en sortant de l’Euro. Et en même temps, c’est tout de même encourageant. Il faut retenir le positif. On travaille, on est sur la bonne voie. Petit à petit, on sera capable de mieux gérer les matchs à notre portée, pour que la balance tourne en notre faveur.

On peut dire que cette équipe a montré du potentiel…
Complètement ! Il y avait plusieurs jeunes joueuses, pour qui c’était le premier été en équipe de France, et qui se sont révélées. Il faudra confirmer et faire le bilan dans quelques années, mais c’est prometteur. 

Sur le site des Mariannes, il est écrit que tu penses aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Tu confirmes ?
Oui, je n’en fais pas un secret, j’y pense. Il y a encore quelques années à tenir, je n’ai plus 20 ans, et il y a la concurrence qui arrive, des filles qui poussent derrière. Donc ça ne va pas être simple. Mais je pense aux J.O, oui.