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03/01/2020
Benjamin Toniutti : « Ça va être la guerre »
L’équipe de France s’envole ce vendredi avec 14 joueurs (voir ci-dessous) pour Berlin, où elle dispute du 5 au 10 janvier un tournoi de qualification olympique européen à huit équipes dont seul le premier décrochera son billet pour les JO de Tokyo. Avant de décoller, le capitaine Benjamin Toniutti s’est confié.
Dans quel état d’esprit abordez-vous ce TQO qui s’annonce très relevé ?
Comme pour toutes les autres équipes, c’est une compétition très particulière, parce qu’il y a très peu de temps de préparation. Pour nous, Earvin (Ngapeth) a joué la Coupe de Russie jusqu’au 26 décembre, pareil pour les joueurs qui évoluent en Italie, et ont eu une journée la veille du premier jour du stage, nous n’avons été au complet que le 28. Ça fait une toute petite semaine pour se préparer avec beaucoup de pépins physiques, ce n’est pas facile, mais on va essayer de se battre au maximum avec le groupe qui a été formé pour aller chercher cette place olympique. On sait que ça va être très compliqué, parce que cette compétition équivaut à un mini Championnat d’Europe, sans la Russie, l’Italie et la Pologne, mais avec le champion d’Europe (la Serbie), le vice-champion d’Europe (la Slovénie), le quatrième de l’Euro (la France), ça va être la guerre, on va tout faire pour accrocher ce ticket.

C’est une vraie opération commando pour l’équipe de France ?
Oui, mais ça l’aurait été quoi qu’il arrive. Ça ne sert à rien de se plaindre et de parler des absents, il y a des joueurs présents qui vont tout donner pour essayer d’avancer du mieux possible dans cette compétition et aller au bout. Ce tournoi est du même style que celui que nous avions disputé à Berlin il y a quatre ans, à la grosse différence près qu’en 2016, on pouvait finir deuxièmes ou troisièmes avec une grande chance d’aller aux Jeux derrière car il restait un tournoi mondial, alors que là, nous n’avons pas cette chance, c’est la dernière occasion de se qualifier.

Cela engendre-t-il du stress, de l’angoisse, de rater les Jeux ?
Oui, mais c’est pareil pour toutes les équipes. Ce tournoi peut changer notre été prochain et plein de choses, on sait que l’enjeu est très important, on n’est pas forcément dans les meilleures conditions, mais les joueurs qui sont là vont tout faire pour défendre nos chances du mieux possible.

Comment juges-tu la Serbie, le premier des trois adversaires de l’équipe de France dans la poule B ?
On débute par la Serbie, qui a fait un Euro exceptionnel. On n’a pas beaucoup parlé d’eux avant les demi-finales, mais ils ont répondu présent à Paris en jouant très bien. Ils vont forcément arriver à Berlin avec la confiance de cet Euro, mais peut-être aussi avec la pression d’être le favori de cette qualification. Ce n’est jamais facile de rentrer dans une compétition comme ça, on va essayer de les faire déjouer. Ce match n’est peut-être pas décisif, mais ce serait bien de commencer par une victoire pour engranger de la confiance.

Les deux matchs suivants face à la Bulgarie et les Pays-Bas seront en revanche vraiment décisifs, quel regard portes-tu sur ces deux équipes ?

La Bulgarie, trois semaines avant l’Euro, avait eu trois balles de match contre le Brésil pour se qualifier pour les JO, ça situe la valeur de cette équipe qui, sur un match et une compétition comme ce TQO, peut être en feu. Un joueur comme Sokolov peut la faire gagner à lui tout seul. C’est une équipe contre laquelle nous avions très bien joué à l’Euro, mais on sait que ce sera un match complètement différent à Berlin contre ces joueurs qui restent très dangereux et misent beaucoup sur ce tournoi. Quant aux Pays-Bas, ils s’appuient sur un joueur, Nimir, qui a fait une première partie de saison exceptionnelle en Italie (avec Milan), c’est le pointu le plus stable et le plus efficace du Championnat italien depuis le début de saison, on va d’ailleurs jouer contre trois équipes qui ont chacune un pointu très fort, Atanasijevic avec la Serbie, Sokolov avec la Bulgarie et Nimir avec les Pays-Bas. Contre ce dernier, il va falloir essayer, pas forcément de l’arrêter, car on sait que c’est un joueur qui mettra toujours beaucoup de points, mais plus de le limiter dans ses possibilités, il faudra être très agressifs et propres.

Les 14 joueurs pour le TQO de Berlin :

Passeurs : Benjamin Toniutti (Zaksa Kedzierzyn-Kozle/Pologne, capitaine), Antoine Brizard (Varsovie/Pologne)
Réceptionneurs/attaquants : Kevin Tillie (Varsovie/Pologne), Julien Lyneel (Jastrzebski Wegiel/Pologne), Earvin Ngapeth (Zénith Kazan/Russie), Yacine Louati (Monza/Italie), Timothée Carle (Callipo Sport/Italie)
Pointus : Jean Patry (Top Volley Cisterna/Italie), Julien Winkelmuller (Chaumont)
Centraux : Kévin Le Roux (Pékin/Chine), Nicolas Le Goff (Berlin/Allemagne), Barthélémy Chinenyeze (Callipo Sport/Italie), Daryl Bultor (Arago Sète)
Libéro : Jenia Grebennikov (Trentino Volley/Italie)

Le staff : Laurent Tillie (entraîneur), Arnaud Josserand (entraîneur adjoint), Pascal Foussard (team manager), Eric Verdonck (médecin), Olivier Maurelli (préparateur physique), Jean-Paul Andréa (kiné), Paolo Perrone et Thomas Bortolussi (scouts)