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(Miniature) Alexandra Dascalu : « Si on joue bien, il y aura peut-être une récompense »
Photo : Julien Crosnier / FFVolley
25/08/2019
Alexandra Dascalu : « Si on joue bien, il y aura peut-être une récompense »
Auteur A.C., à Ankara
A l'image de l'équipe de France, Alexandra Dascalu, performante vendredi en ouverture de l'EuroVolley 2019 face à la Bulgarie (3-2), a été moins en réussite samedi face à la Grèce (0-3). La pointue des Bleues revient sur ce début de compétition et évoque son statut en sélection.
La déception de la défaite face à la Grèce est-elle digérée ?
Il le faut, ça ne sert pas à grand chose de s’apitoyer sur son sort, nous avons effectué une séance vidéo aujourd’hui où nous avons étudié ce que nous avons fait, ou plutôt pas fait sur ce match, c’est important de revoir ces actions pour apprendre de nos erreurs et essayer de les corriger au plus vite, parce que la compétition n’est pas finie. Il faut laisser les états d’âme de côté et passer vite à la suite.

La défaite s’explique-t-elle par le fait que la Grèce a fait un très bon match ou plutôt parce que de votre côté, vous avez fait un match moyen ?
Il y a un peu des deux. Il ne faut pas leur enlever ce qu’elles ont fait, elles ont très bien joué autant individuellement que collectivement, elles nous ont bien étudiées. Après, c’est sûr que de notre côté, ça a été le contraire, je pense que de l’extérieur, on n’a pas su reconnaître l’équipe de la veille face à la Bulgarie. On a eu du mal à respecter les consignes, on a eu du mal dans nos attitudes à mettre autant de vie que la veille ou ce qu’on peut faire normalement. On a aussi manqué de réussite dans les moments où on arrivait à faire quelque chose et où le ballon tombait du mauvais côté du terrain. C’était un jour sans pour nous.

La veille, vous aviez effectivement montré un autre visage, comment avez-vous vécu ce match pour lequel vous n’étiez pas forcément favorites ?
Nous y sommes allées dans le bon état d’esprit. Nous avons travaillé pour cette compétition et nous venons ici pour se faire plaisir, nous savions que les Bulgares étaient devant nous au ranking mondial, mais nous nous sommes dit que nous n’avions rien à perdre, qu’il fallait appliquer toutes les consignes, tout ce qu’on travaille depuis plus d’un an avec Emile. Ça nous a réussi et quand on a vu que ça nous réussissait, ça nous a mises encore plus en confiance.

Les Grecques étaient présumées moins fortes que la Bulgarie, ne penses-tu pas qu’il y a eu un certain relâchement mental après cette victoire ?
Non, je ne pense pas qu’on soit parties dans cet état d’esprit. On a tout fait pour rester humbles, ce n’est pas parce que nous avons battu la Bulgarie que nous sommes au top. Visiblement, on a un peu échoué, mais on apprend aussi à gérer nos propres émotions.

Place maintenant à la Serbie lundi, dans quel état d’esprit allez-vous aborder ce match ?
On va essayer de retrouver l’état d’esprit dans lequel nous sommes venues, tout simplement, ça va être notre fil rouge. Nous sommes ici pour nous jauger en essayant de faire de notre mieux et de prendre du plaisir, c’est exactement ce que nous allons essayer de faire. Après, c’est sûr que contre les Serbes, ça va être d’un autre niveau que les Bulgares et les Grecques, mais si déjà, on arrive à appliquer les consignes, ça sera déjà très très bien.

Tu les connais, les Serbes ?
Non, je les connais juste parce que je les vois à la télé et on se croise ici à l’hôtel. Là, c’est la première fois que nous allons véritablement être confrontées à des joueuses de ce calibre, ça va être intéressant de voir ce que nous allons être capables de faire contre des joueuses comme ça, qui ont tout vécu, ont un énorme palmarès.

Elles te paraissent intouchables ?
C’est clair qu’on n’y va pas en se disant qu’on va gagner, ça serait manquer d’humilité et leur manquer de respect. Le principal pour nous sera de donner le maximum sur le terrain et de sortir en ne regrettant rien de ce qu’il s’est passé. Sur le papier, ça semble écrit, mais on va quand même jouer le match !

Christina Bauer disait la semaine dernière qu’il faut profiter de ces matchs, es-tu sur la même longueur d’onde ?
Oui, complètement. Ce sont des nations qu’on n’a pas l’habitude de jouer, ne serait-ce qu’en match amical, on n’est jamais confrontées à ce niveau, c’est donc véritablement une découverte, il va falloir utiliser ce match pour grandir.

Derrière, il y aura un match capital face à la Finlande, qu’as-tu pensé du match des Finlandaises qui ont sérieusement contrarié la Turquie samedi soir (défaite 3-2) ?
Elles ont été extras, elles ont fait un super match, elles ont trouvé des solutions face à des joueuses d’un calibre physique supérieure à elles, elles se sont arrachées du début à la fin, ont réussi à faire déjouer les Turques par moments, ce qui n’est pas simple. C’est clair que c’est une équipe qu’il faudra prendre extrêmement au sérieux.

Un huitième de finale est-il un objectif pour vous ?
Ce n’est pas un objectif que nous affichons. Nous parlons du principe que si on fait ce qu’il faut sur le terrain, le reste sera la conséquence, il faut essayer de penser à ça comme une conséquence, pas comme un objectif. Si on joue bien, il y aura peut-être une récompense.

"Emile est dur mais juste"

Parlons de toi, tu disputes ton deuxième Championnat d’Europe, le premier était en 2011, quel souvenir en gardes-tu ?

J’étais toute jeune, je n’avais pas du tout le même statut, c’était complètement différent. C’était un peu la découverte avec des yeux émerveillés. Depuis, j’ai vécu beaucoup de choses et aujourd’hui, j’ai envie de véritablement aider l’équipe à performer, on ne m’attendait pas forcément dans ce rôle-là à l’époque.

Tu parles de statut, quel est celui que tu penses avoir aujourd’hui en équipe de France ?
Par rapport à cette première expérience, on attend forcément plus de moi, on attend aussi que j’apporte de la sérénité dans les moments difficiles, savoir gérer les ballons sans taper les yeux fermés. On attend des « anciennes » qu’elles apportent leur expérience et leur vécu.

Le groupe est très jeune, 23 ans de moyenne d’âge, vous, les « anciennes », parlez-vous beaucoup aux jeunes pour les aider à mieux aborder cette compétition ?
Ce sont de jeunes joueuses en âge, mais pas mal d’entre elles ont déjà une certaine expérience, sont déjà titulaires dans leur club, elles savent déjà pas mal gérer leur compétition. OK, c’est leur premier Championnat d’Europe, mais globalement, je les trouve assez matures, posées. Après, oui, on échange beaucoup, certaines sont en demande, notamment les jeunes de l’IFVB, elles sont très à l’écoute, ce qui nous encourage aussi à échanger. Et ça va aussi dans les deux sens, nous apprenons aussi des jeunes !

C’est la deuxième saison sous les ordres d’Emile Rousseaux, que vous a-t-il apporté depuis qu’il est arrivé ?
Beaucoup de choses ! Il nous a déjà apporté de nouveaux systèmes de jeu, on met en place des choses qui restent d’une compétition à l’autre, d’une année sur l’autre, ce que nous avions auparavant un peu perdu avec le turn-over des entraîneurs. Ça nous aide parce que c’est carré, il y a des systèmes très clairs et très précis, ce qui fait que quand de nouvelles arrivent de l’IFVB, comme elles travaillent déjà toute l’année avec ces systèmes, elles savent déjà ce qu’on attend d’elles, où elles doivent se placer dans telle ou telle situation, ça facilite l’intégration. Après, il s’appuie beaucoup sur les vidéos, les chiffres, on a beaucoup plus d’informations qu’auparavant, ça nous aide à analyser d’autres choses par nous-mêmes. Ensuite, il apporte une grosse rigueur à l’entraînement, en ce qui me concerne, j’avais l’impression de savoir ce qu’était l’exigence, mais là, je trouve qu’il repousse nos limites, c’est hyper intéressant d’avoir un entraîneur aussi exigeant.

Est-il dur ?
Il est dur, mais juste, donc on accepte. Et on sait qu’il y a toujours une certaine bienveillance derrière cette dureté, ce n’est jamais de la méchanceté gratuite. C’est quelqu’un qui dit les choses quand ça ne va pas, mais il le dit parce qu’il sait qu’on peut faire mieux. On sait que c’est positif, même si ce n’est pas toujours facile de s’en rendre compte quand ils nous gueulent dessus ! Maintenant, même si on est encore en phase de construction, j’ai l’impression que l’équipe fait mieux et grandit.

Finissons par ta situation en club, quel bilan as-tu tiré de ta saison en Serie A2 italienne avec Baronissi ?
Je suis très contente de ma saison, c’était ma première à l’étranger, une vraie découverte, et ça s’est hyper bien passé, j’ai fini systématiquement parmi les meilleures marqueuses du Championnat chaque journée, c’était mon objectif. Maintenant, collectivement, on s’est maintenues, ce qui était l’objectif minimal, mais il y a la frustration de ne pas avoir accroché les playoffs alors que nous étions en capacité de le faire.

Tu évolueras la saison prochaine en Roumanie, à Bacau, pourquoi ce choix et que sais-tu du championnat roumain ?
Parce que j’ai eu de bons contacts avec eux, avec l’entraîneur, j’ai hâte d’y aller. D’autres clubs en Roumanie se battent pour le titre, mais c’est un club qui vise chaque année le podium, il se donne les moyens de le faire, en plus je vais rejouer la Coupe d’Europe, la Challenge Cup, donc le challenge me va bien. Je connais deux joueuses, la centrale finlandaise Laura Pihlajamäki, qui est ici à l’Euro, et Kim Nowak qui a déjà rejoint l’équipe. Pour ce qui est du niveau, ma sœur Silvana, qui a aussi joué là-bas, m’a résumé ça en me disant qu’il y avait en gros cinq équipes au-dessus, les autres sont d’un niveau plus moyen, mais c’est aussi un challenge de garder son niveau contre des équipes présumées moins fortes, ça demande de la concentration.


TOUS LES MATCHS SONT DIFFUSES EN DIRECT SUR LE SITE INTERNET www.lequipe.fr

Programme et résultats (heures françaises) :

23/08/19 - 13h30
FRANCE / BULGARIE 3-2 (25-20, 13-25, 25-15, 19-25, 15-13)
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La feuille de match
> Les photos

24/08/19 - 16h00
FRANCE / GRÈCE 0-3 (12-25, 21-25, 21-25)
La feuille de match

26/08/19 - 16h30
FRANCE / SERBIE

27/08/19 - 16h00
FINLANDE / FRANCE

28/08/19 - 18h30
FRANCE / TURQUIE

SIte officiel de la compétition : https://eurovolley.cev.eu/fr/women

Le groupe France :

1 -
CAZAUTE Héléna Récep/Attaquante - 17/12/1997 - Mulhouse
3 -
GIARDINO Amandine Libéro 30/03/1995 Le Cannet
4 -
BAUER Christina Centrale 01/01/1988 Firenze
5 -
MARTIN Pauline Centrale 20/10/1995 Mougins
9 -
STOJILJKOVIC Nina Passeuse 01/09/1996 Maribor
11 -
GICQUEL Lucille Pointue 13/11/1997 Nantes
15 -
SYLVES Amandha Centrale 29/12/2000 Nantes
16 -
FIDON Juliette (C) Récep/Attaquante 28/10/1996 Legionovo (Pol)
17 -
DASCALU Alexandra Pointue 17/04/1991 Bacau
22 -
MOREELS Manon Récep/Attaquante 22/03/2001 IFVB
23 -
OLINGA ANDELA Leandra Centrale 12/08/1997 Mulhouse
45 -
NDOYE Odette Récep/Attaquante 25/08/1992 Nantes
59 -
CALEYRON Mallory Passeuse 24/10/1988 Paris
99 -
GELIN Juliette Libéro 02/11/2001 IFVB

Le staff : 

Emile Rousseaux (entraîneur principal), Félix André (entraîneur adjoint), Laurent Delacourt
(entraîneur adjoint), Emmanuel Fouchet (manager), Cédric Mangione (kiné), Sébastien Devaud (scout), Nicolas Oesterlé (médecin)