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22/10/2019
L’interview bleue-Antoine Brizard : « Un retour assez particulier »
Un peu plus de trois semaines après le dernier match de l’EuroVolley 2019 face à la Pologne, Antoine Brizard renoue avec la compétition officielle mercredi à l’occasion de la Supercoupe de Pologne à Gliwice entre son club de Varsovie et Kedzierzyn-Kozle, la formation de Benjamin Toniutti. Pour le passeur tricolore, le retour en club n’a pas été de tout repos…
Evoquons d’abord l’EuroVolley en France, que gardes-tu avec un peu de recul de la compétition ?
Ça s’est passé comme dans un rêve pendant toute la phase de groupe puis celle à Nantes, pour se terminer en cauchemar à Paris. On était super euphoriques de jouer à Bercy, et finalement, j’ai le sentiment que quoi qu’on en dise sur le niveau de jeu ou l’engouement, on a gâché une belle occasion de ramener le titre à domicile. Donc ça reste extrêmement frustrant, je suis encore très amer. Sur cette demi-finale perdue, la Serbie a extrêmement bien joué, c’est une très grosse équipe qui a fait un très bel Euro, mais on a manqué de quelque chose sur ce tie-break, c’est malheureux.

Vous avez suscité un gros engouement populaire, à Montpellier, Nantes et Paris, as-tu été surpris ?
Nous avons surtout été agréablement surpris du monde qu’il y avait à Montpellier, parce qu’après, on savait que si commençait à bien jouer et à gagner, les gens allaient s’intéresser au volley et à nous suivre, ce qui a été le cas, mais pour valider tout cet engouement, ça aurait été incroyable de gagner. J’espère que les gens reviendront et continueront à s’intéresser à nous, mais c’est forcément plus compliqué quand tu ne gagnes pas. Les gens en dehors du volley ont vraiment commencé à s’intéresser à nous avant les demi-finales et à l’arrivée, on perd les deux matchs, c’est très frustrant. C’était déjà incroyable, je garde des souvenirs magnifiques, mais ça aurait pu être beaucoup plus beau.

Comment s’est passé ton retour en club ?
Après une semaine de repos, je suis rentré dans mon club il y a un peu plus de deux semaines. Cela a été extrêmement compliqué, en dehors du fait de sortir d’un été extrêmement long et d’un Euro qui reste une déception, parce qu’il y a eu d’énormes problèmes suite au retrait du sponsor principal du club, si bien qu’on a cru que le club allait disparaître. Il y a une semaine, j’étais quasiment sûr de ne pas rester à Varsovie, la situation était dramatique, j’avais demandé à mon manager de trouver des solutions de secours, et finalement, un nouveau sponsor est arrivé et c’est sûr qu’on repart cette saison. Donc c’était assez particulier comme retour, très stressant.

Ces problèmes changent-ils la donne sportive ou le club repart-il avec les mêmes ambitions ?
Il n’y a que deux joueurs qui sont partis par rapport à l’équipe prévue, le deuxième pointu et le troisième réceptionneur-attaquant, donc on ne change pas notre six-titulaire, pour moi, on ne change pas d’ambitions, on a envie de gagner des titres, même si on a moins de banc, ce qui peut être compliqué à terme car la saison va être longue avec la Ligue des champions.

Quels sont les objectifs ?
Pour l’instant, on n’en a pas trop parlé, parce que les priorités étaient ailleurs, mais avec l’effectif qu’on a et les résultats qu’on a eus la saison dernière, on va essayer de jouer le titre, on veut au moins faire un podium, même si le championnat est extrêmement dense.

Tu parlais de Ligue des champions, qu’en attends-tu ? On a l’impression que ce n’est pas tout le temps une priorité pour les clubs polonais ?
Je pense que les gens sont lucides sur le fait qu’il y a moins de moyens en Pologne pour viser une victoire en Ligue des champions. Pour l’instant, les très grosses équipes sont surtout en Italie et en Russie, donc c’est vrai que le titre est plus accessible donc davantage une priorité. Personnellement, c’est la première fois que je vais la jouer en tant que titulaire, j’ai joué avec Paris mais j’étais deuxième passeur, donc c’est un gros pas en avant dans ma carrière, je suis très excité à l’idée de la jouer, en plus avec Varsovie où on a le sentiment d’avoir construit quelque chose depuis trois ans, j’espère que ça va bien se passer.

Comment as-tu vécu le départ de Stéphane Antiga et comment cela se passe-t-il avec le nouvel entraîneur italien Andrea Anastasti ?
Comme j’étais proche de Stéphane, ça m’a fait de la peine de voir qu’il partait, mais c’est comme ça, et ça se passe très bien avec le nouveau coach, je suis content aussi de voir quelque chose de nouveau, c’est la première fois que je travaille avec un coach étranger, ça me montre d’autres manières de faire, de penser le volley, c’est positif. Et on a un coach assez fan du jeu à la française, il essaie aussi de s’en inspirer, je pense qu’il y a aujourd’hui moins de spécificités liées à la nationalité des coachs par rapport à il y a quelques années.

Stéphane est parti, mais Kevin Tillie est arrivé, est-ce important d’avoir un compatriote dans l’effectif ?
Oui, c’est génial. C’était bien avec Steph’, mais c’était mon coach, ce n’est pas pareil. Avec Kevin, on s’entend super bien, c’est vraiment agréable d’avoir un Français dans l’équipe, on se sent mieux au quotidien, on s’entraide, je suis très content qu’il soit là.

Vous disputez la Supercoupe mercredi face à Zaksa, est-ce le gros rival cette saison ? Et ce match est-il important pour bien lancer votre saison ?
Je pense que ça va être assez ouvert. Zaksa sera toujours là et est un candidat naturel au titre, même s’ils ont perdu un joueur majeur avec Sam Deroo (parti au Zénith Saint-Pétersbourg, ndlr), il y a aussi Jastrzebski (l’équipe de Julien Lyneel, ndlr) qui a une très bonne équipe, avec un gros collectif et un gros banc, Belchatow, Zawiercie, quatrième l’an dernier, qui s’est renforcé, ça fait cinq équipes au-dessus, avec quelques outsiders comme Radom ou Katowice qui vont prendre des points contre les gros, ça va être intéressant à jouer. Quant à cette Supercoupe, c’est un match important, c’est un trophée que tu peux gagner en un match, ce n’est pas forcément le plus prestigieux ni le match le plus important de la saison, mais c’est bon à prendre dans un palmarès et on va l’aborder comme une finale, on est contents de commencer la saison par un match à enjeu.

Finissons par là où nous avons commencé, l’équipe de France, que tu vas retrouver en fin d’année pour préparer le Tournoi de qualification olympique, est-ce d’ores et déjà une préoccupation pour toi ?
Oui, je pense que tout le monde y pense déjà. C’est un tournoi extrêmement relevé avec cinq-six grosses équipes, une place aux JO qui se joue au milieu de la saison, c’est assez aléatoire car comme tu ne peux pas vraiment te préparer, une équipe peut être très différente en fonction des blessés et des états de forme du moment des uns et des autres. Ce n’est jamais facile de tout contrôler, mais là, tu contrôles encore moins, je trouve que c’est extrêmement compliqué de jouer un tournoi aussi important à cette période de l'année.