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30/09/2019
EuroVolley 2019 : Le débrief de Laurent Tillie
Au lendemain de la défaite de l'équipe de France face à la Pologne pour la troisième place de l'EuroVolley 2019, Laurent Tillie, juste avant la finale entre la Serbie et la Slovénie, a rencontré la presse pour dresser le bilan de ces deux semaines et demie de compétition. Morceaux choisis.
Ce qu’il reste de l’Euro. « C’était une aventure, une montée en puissance, le fait de voir le public derrière nous, les salles qui se remplissaient, des articles de volley, le combat sur la fin pour essayer de décrocher une médaille. On reste sur la frustration de finir quatrièmes, mais il n’y a jamais eu de renoncement, il y a toujours eu de la combativité et de l’engagement, je suis très fier de l’attitude des joueurs pendant tout le Championnat d’Europe. »

La quatrième place. « C’est notre place dans la hiérarchie européenne. L’année dernière, on avait fini septièmes du Championnat du monde, l’année d’avant neuvièmes du Championnat d’Europe, l’important, c’est de faire partie du gotha des six-sept meilleures équipes mondiales. Ça veut dire qu’une fois on va gagner, une autre fois non, par contre, il faut essayer de ne pas descendre en-dessous. »

Des choses à changer ? « Non, il n’y a pas grand-chose à changer, il y a juste à essayer de jouer aussi bien et ne pas partir avec un 0-5 au tie-break (contre la Serbie en demi-finale), et ça, ça se passe en une ou deux minutes. Dans le volley, ça arrive tout le temps. Ce qui est étonnant, c’est l’aspect mental et comment un ou deux points peuvent faire basculer un match. C’est comme une marée qui attaque une digue et à force de l’attaquer, la digue casse. Jusqu’ici, on était prêts, mais on a lâché sur ce tie-break. Ça demande un tel niveau de concentration et d’engagement que par moments, sur un match de 2h15, on peut lâcher, nous, on a flanché deux minutes. Pour toutes les équipes qui ont perdu sur cette compétition, il y a toujours eu un moment où elles ont lâché. Pour gagner, il faut que tout s’aligne et c’est difficile de tout aligner. Mais ce que je retiens, c’est que le lendemain, moins de seize heures après, on était au combat. Donc je pense qu’il ne faut rien jeter, mais au contraire s’appuyer sur ce qu’on a fait, sur la confiance et le niveau de jeu qu’on a développés, en éliminant une ou deux fautes. »

Le bilan de la saison. « Ce qui est clair, c’est qu’il n’y a pas réussite dans nos objectifs. On a des objectifs qui, depuis sept ans, sont de monter sur les podiums, mais on fait du sport, pas des mathématiques. Ce qui est important à mes yeux, c’est la qualité de jeu et la qualité de l’engagement. Il y a certaines compétitions, où on n’avait pas ça, sur cet Euro, elles étaient là. C’est donc une frustration, une déception, mais pas un échec. »

La communion avec le public, l’organisation en France. « On ne s’attendait pas à voir les salles debout pour nous supporter pendant une ou deux heures. C’était un vrai spectacle, exceptionnel, les gens participaient. Vous l’avez sans doute tous connu avec les autres sports, comme le handball ou le basket, mais pour nous, c’était la première fois, on se rend compte que le public français soutient son équipe nationale à partir du moment où elle performe, et qu’elle montre qu’il y a de l’engagement et du respect. Il faudrait que ça arrive plus souvent ! D’autant qu’on a une équipe qui a besoin de partager ses émotions pour bien jouer. C’était très important d’organiser cet Euro, parce que dans la perspective des Jeux de 2024, il était hors de question de ne pas faire une grosse compétition à domicile avant.
 Dans cette équipe, vous avez 80% de l’équipe de 2024. C’était donc sportivement très important, tout comme il était important l’année dernière d’organiser les Finales de la Volleyball Nations League à Lille pour sentir ce contact avec le public. »

Le dernier message délivré aux joueurs.
« Je leur ai dit qu’ils devaient ressentir de la fierté par rapport à ce qu’ils ont fait, par rapport à leur engagement, et que ce qu’ils ont vécu va au-delà du résultat brut. Je pense que c’est une aventure qui va marquer leur vie au fer rouge, comme le Championnat du monde 1986 en France a marqué ma vie. Quand vous jouez dans des salles pleines, que vous êtes supportés, que vous êtes suivis par les médias, un peu comme des stars, ça marque, et je veux que ce soit un bon exemple pour eux, qu’ils gardent cette aventure comme un trésor pour toute leur carrière et toute leur vie. C’était hors sport. »