Accueil >>
HOME
(Miniature) Benjamin Toniutti : « On est dans le truc »
Photo : FFVolley
28/09/2019
Benjamin Toniutti : « On est dans le truc »
A l’issue de la séance d’entraînement du jour jeudi à l’AccorHotels Arena de Paris, Benjamin Toniutti et Laurent Tillie se sont livré à l’habituel cérémonial de veille de match, posant aux côtés du trophée de l’EuroVolley 2019 avant de répondre aux médias. L’occasion d’un dernier échange avant la demi-finale vendredi face à la Serbie avec le capitaine des Bleus.
Même si vous en avez l’habitude, sentez-vous un peu monter la pression au moment de vous retrouver sur le terrain de Bercy à 24 heures du coup d’envoi de la demi-finale ?
Non, on a l’habitude, c’était déjà le même rituel quand on est arrivés à Montpellier puis à Nantes, avec de nouveaux hôtels, de nouvelles salles, on s’adapte.

Et comment est-elle cette nouvelle salle de l’AccorHotels Arena ?
Elle est magnifique. J’en garde un souvenir, en 2011 contre Cuba, on avait perdu, à l’époque où Leon jouait encore pour Cuba (il joue depuis cette saison pour la Pologne, Julien Lyneel et Jenia Grebennikov avaient également participé à ce match), les sièges étaient encore rouges. C’est le temple du sport français, c’est vraiment bien d’être là en demi-finale du Championnat d’Europe organisé en France.

Est-ce compliqué de prendre ses repères dans une nouvelle salle ?
Comme dans toutes les salles, mais c’est vrai que celle-là est plus grande que la normale, ce qui est vraiment sympa, c’est que c’est assez sombre sur les extérieurs, du coup, on a vraiment cette notion du terrain illuminé, c’est vraiment agréable. Après, au niveau du service et de la réception, ça prend peut-être un peu plus de temps de s’adapter, on a encore un petit entraînement demain matin pour s’y faire.

Laurent Tillie parlait du danger éventuel d’une décompression entre les matchs, comment ça se passe depuis votre victoire face à l’Italie mardi à Nantes ?
C’est sûr que la nuit après le match a été difficile, parce qu’on a fini tard, qu’il y a beaucoup d’émotion et de tension qui retombent, mais hier, on a eu une journée un peu « off » qui nous a permis de se reposer physiquement et mentalement, on en avait besoin. Et aujourd’hui, on est repartis en mode compétition, on a eu une séance de muscu ce matin, un entraînement cet après-midi, on a fait une petite réunion hier pour discuter des Serbes, on est dans le truc.

Psychologiquement, comment vivez-vous cette compétition qui est quand même assez longue ?
C’est vrai que c’est long, avec des changements de ville, des médias de plus en plus nombreux, c’est aussi la richesse d’avoir un Euro en France et d’aller loin dans le tournoi. Maintenant, il faut qu’on reste dans notre bulle et qu’on prépare nos matchs comme on l’a fait depuis le début, il ne faut surtout pas changer nos habitudes et que le public soit là pour nous aider.

Regardez-vous, lisez-vous, écoutez-vous ce que l’on dit sur vous ?
Pas beaucoup. Personnellement, je lis L’Equipe tous les matins, donc je ne change pas mes habitudes. Ce qui est sûr, c’est que c’est bien qu’on parle de nous, on joue aussi cet Euro pour ça, pour développer le volley en France, j’espère que ça marche.

Vous affrontez vendredi soir la Serbie, un adversaire qui vous avait battus l’an dernier au Championnat du monde, vous privant notamment de l’accession au Final Six à Turin, qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas que cette défaite qui nous avait privés du Final Six, on avait auparavant perdu contre la Hollande et le Brésil, mais c’est vrai qu’elle avait été importante. Après, c’est une équipe qui est toujours dans le dernier carré, toujours là dans les grands rendez-vous, qui a eu un parcours assez facile avant son quart de finale contre l’Ukraine, qui a été plus difficile parce que l’Ukraine est aussi une très bonne équipe.

A ce stade de la compétition, que visez-vous ? On vous entend peu parler de titre…
Et vous ne m’en entendrez pas parler, parce qu’il faut qu’on se concentre sur la demi-finale, on verra, il ne faut surtout pas parler d’autre chose et mettre tous les ingrédients sur le terrain pour essayer de gagner. On a fonctionné comme ça avant le quart de finale, jamais on n’a perdu l’objectif de se concentrer sur ce qu’il faut faire sur le terrain.

Jenia Gebennikov disait ce matin que ce match était peut-être le plus important de l’Euro parce qu’une victoire vous assurerait une médaille, qu’en penses-tu ?
Oui, mais depuis le début de l’Euro, chaque match a été important. Le premier l’a été parce qu’il fallait bien débuter notre compétition, celui contre la Bulgarie a été super important pour ne pas finir troisième et éviter la Russie en huitièmes, le match contre la Finlande est couperet, celui contre l’Italie aussi parce qu’il nous permettait d’aller à Paris, ce qui était l’objectif minimum, celui de demain le sera parce qu’il nous permettra effectivement d’avoir une médaille, si on se qualifie, celui de dimanche permet d’avoir l’or, si on perd, celui de samedi est pour la médaille de bronze… Donc chaque match est important.

Le discours que vous a tenu Laurent sur l’échec de l’équipe de France lors du Championnat du monde 1986 a-t-il été bien reçu de la part des joueurs ?
Oui, il a été entendu, Laurent a été touché par ce Championnat du monde où tout le monde voyait l’équipe de France sur le podium, il nous a mis en garde par rapport à ça, mais même nous, avec notre passé, on a essayé de se détacher de ça.