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(Miniature) 1979-2019 : Souvenirs et retrouvailles
Photo : Julien Crosnier / FFVolley
16/09/2019
1979-2019 : Souvenirs et retrouvailles
Auteur A.C., à Montpellier
La France accueille en ce mois de septembre l’EuroVolley 2019, quarante ans après le dernier Championnat d’Europe organisé dans l’Hexagone. Réunis samedi à la Sud de France Arena à l’occasion de la rencontre entre la Grèce et l’équipe de France de Laurent Tillie (0-3), les internationaux de 1979 en ont profité pour ouvrir la boîte à souvenirs.
En ce mois d’octobre 1979, la France accueille la phase finale du Championnat d’Europe qui réunit douze équipes, réparties en trois poules, à Nantes, Saint-Quentin et Toulouse, où évolue l’équipe de France. Dirigée par Jean-Marc Buchel, cette dernière a particulièrement préparé l’événement : « Nous avions mis beaucoup de sérieux dans la préparation qui avait duré six mois en continu. Nous étions basés à Toulouse, où avait eu lieu la poule qualificative, nous avions aussi fait beaucoup de tournois à l’étranger, notamment une tournée en Chine », se souvient Jean Hornain qui, comme Lionel Devos (19 ans tous les deux à l’époque), est alors propulsé de l’équipe de France juniors aux A : « Jean-Marc Buchel nous avait intégrés en cours de préparation, nous étions les plus jeunes de l’équipe, ce Championnat d’Europe a lancé ma carrière », confirme ce dernier.

Stéphane Faure, qui évoluait alors à Asnières, n’avait que deux ans de plus mais il était déjà capitaine, fruit d’une politique tournée vers les jeunes : « C’était le début d’une nouvelle ère, l’équipe était un peu en changement avec pas mal de jeunes qui arrivaient. De mon côté, je démarrais le volley international, quand on est jeune, on a envie de tout enfoncer ». Dans leur poule, l’objectif des Bleus est de tenter de finir parmi les deux premiers de la poule pour disputer la poule finale à six équipes, à Coubertin, à Paris. Un objectif compliqué dans la mesure où leurs trois adversaires, la République tchèque, la République démocratique d’Allemagne (RDA) et la Roumanie sont alors des équipes qui font partie des grosses écuries européennes.

Mais les Bleus démarrent en trombe en battant les Tchécoslovaques 3-2, le meilleur souvenir de Lionel Devos : « Cette victoire s’est jouée sur un coup de poker et a lancé beaucoup de choses. Il y avait eu une ambiance phénoménale à Toulouse, qui nous avait littéralement portés, un engouement auquel nous ne nous attentions pas du tout. » Stéphane Faure confirme : « Le Palais des Sports de Toulouse était une toute petite salle, mais elle était bondée, le monde du volley était derrière nous, et même au-delà, il y avait une vraie ferveur autour de nous. » Dans la foulée, les Bleus battent la RDA en trois sets avant de buter sur la Roumanie (2-3), ils terminent deuxièmes et montent à Paris où ils battent de nouveau les Tchèques (3-2) puis l’Italie (3-1), s’inclinant ensuite contre la Yougoslavie (0-3), la Pologne future championne d’Europe (2-3) et l’URSS (1-3), pour terminer le tournoi à une inattendue quatrième place. La France est alors la première équipe depuis… la France en 1951 (troisième) à empêcher un Top 4 européen composé exclusivement de pays du bloc de l’Est.

« C’était un exploit que nous avons réussi un peu à notre surprise, parce qu’à l’époque, les pays de l’Est dominaient vraiment le volley, nous sommes parvenus à bousculer tout ça », confirme Stéphane Faure, rejoint par Jean Hornain qui confie cependant un petit regret : « Nous avons été la première équipe à contrarier la domination des pays de l’Est, c’était une grosse performance, j’aurais juste bien aimé qu’on fasse une médaille de bronze parce qu’elle était qualificative pour les Jeux de Moscou ». Reste que tous gardent « un souvenir fantastique », pour reprendre les mots de ce dernier, de cette aventure qu’ils se sont remémorée, quarante ans après, samedi à la Sud de France Arena, juste avant Grèce-France, à l’occasion d’une cérémonie orchestrée par l’Association des internationaux français de volley-ball dirigée par Hervé Mazzon, à laquelle étaient également conviées les anciennes internationales de 1979, la France ayant accueilli aux mêmes dates le Championnat d'Europe féminin (les Bleues avaient terminé 11e).

« Quand on se revoit, c’est comme si c’était hier, c’est vraiment génial, le sport de haut niveau permet ça », a apprécié Lionel Devos, tandis que le président de la FFVolley Eric Tanguy, présent avec certains de ses prédécesseurs, comme « l’emblématique » et toujours malicieux Jacques Shaw, a confié : « C’est important de ne pas oublier les gens qui ont porté le maillot de l’équipe de France et ont permis de laisser un héritage et une culture de la performance à leurs successeurs. Cette cérémonie était l’occasion de les associer, 40 ans après, à cette belle fête qu’est l’EuroVolley 2019 en France ». Une belle fête qui s’est prolongée en tribunes, puisque dans la foulée, les Bleus de Laurent Tillie ont offert à leurs aînés, ainsi qu’aux 5617 spectateurs de la Sud de France Arena, une bien belle démonstration.