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(Miniature) TQO: Les Bleus face au défi polonais
Photo: FIVB
08/08/2019
TQO: Les Bleus face au défi polonais
L’équipe de France dispute ce week-end à Gdansk (9-11 août) un tournoi de qualification olympique qui lance pour de bon un été riche en grands objectifs, puisqu’il y aura l’EuroVolley en France dans la foulée. Les Bleus, qui débuteront contre la Slovénie avant d’affronter les Polonais puis la Tunisie, s’avancent avec prudence et ambition.
C’est l’heure d’être immense. L’équipe de France attaque ce week-end le tournoi de qualification olympique en Pologne, le premier grand rendez-vous d’un été qui mènera les Bleus vers l’EuroVolley, qu’ils disputeront devant leur public, à Montpellier, à Nantes puis à Paris. "C’est peut-être l’été le plus important de notre carrière en équipe de France", juge ainsi Earvin Ngapeth.

Les Bleus sortent d’un stage à Tours où ils ont pu bien se préparer, en dominant notamment les Etats-Unis (3-0), vendredi dernier, en match amical. L’idéal pour refaire le plein de confiance avant Gdansk. "On était plein d’interrogations avant le stage contre les Américains, confie le sélectionneur Laurent Tillie. On avait des joueurs blessés, un joueur qui a dû se faire opérer du genou, Antoine Brizard, Kévin Le Roux qui n’a pratiquement pas pu s’entraîner, Earvin Ngapeth qui revenait d’un long arrêt. Le match amical contre les Américains, plus les trois entraînements qu’on a pu faire contre eux, ça a redonné du rythme et du sens à ce qu’on faisait."

Entre mai et juillet, les Tricolores ont disputé la Volleyball Nations League, où ils ont su rester performants en atteignant les Finales à Chicago, malgré les rotations effectuées par le staff, et tout en sachant que les principaux objectifs de l’été se situaient ailleurs. "Quand j’ai rejoint l’équipe cet été, je ne voulais même pas entendre parler de la VNL, mon objectif c’était le TQO et l’Euro, confirme ainsi le libéro Jenia Grebennikov. C’est tellement difficile, mentalement et physiquement, de gérer autant de compétitions. Performer et être au top à chaque fois, c’est impossible."

Les Bleus ont ainsi gardé du jus pour ce très grand défi. On rappelle les données du problème : placés dans une poule de quatre, la "poule de la mort" selon Benjamin Toniutti, les Français vont affronter la Slovénie, vice-championne d’Europe en 2015, la Pologne, double championne du monde en titre, et la Tunisie, tout juste sacrée championne d’Afrique. Avec un seul billet promis au vainqueur de ce TQO, les "perdants" étant condamnés à disputer un tournoi de rattrapage avec les nations de leur continent en janvier. "On a la poule la plus difficile, mais ça va être compliqué aussi pour les Polonais, les Slovènes et les Tunisiens, souligne Grebennikov. On est en confiance, on pense qu’on peut bien jouer. C’est notre but principal, de bien jouer, de n’avoir aucun regret. Il faudra tout donner, c’est la mission que je me suis donnée."

La Pologne avec Leon, sans Kurek

Si la Pologne, à domicile, apparaît comme le favori légitime du tournoi, les Bleus croient en leurs chances, et ne feront pas de complexes. "On a quand même changé de statut ces dernières années, estime Grebennikov. Nos joueurs jouent les premiers rôles dans leurs championnats respectifs et évoluent dans des très gros clubs européens." Mais cette ambition n’empêche pas d’aborder le premier match contre la Slovénie avec humilité, face à une équipe qui vient de remporter la Challenger Cup, la deuxième division de la VNL. En rappelons qu'en 2015, France-Slovénie, c’était quand même une finale de championnat d’Europe. "On les connait bien, ce sont des joueurs de la même génération que les Français, rappelle Laurent Tillie. Ils s’appuient sur six-sept joueurs, très physiques, qui jouent dans les meilleurs championnats. On connaît la valeur de cette équipe." "Sur des matchs comme ça, ils peuvent faire l’exploit, appuie Benjamin Toniutti. On l’a vu à l’Euro 2015, ils sortent la Pologne et l’Italie, et ils arrivent en finale, alors que personne ne les attendait."

Ensuite viendra la Pologne, dont il est inutile de souligner la valeur. Son palmarès, avec ses deux titres mondiaux en 2014 et 2018, parle pour elle. "En plus ils jouent vraiment très bien depuis le Mondial, estime Laurent Tillie. Ils intègrent des jeunes, plus un joueur comme Wilfredo Leon, une superstar du volleyball, comme notre Earvin Ngapeth." La présence du Cubain naturalisé va modifier le visage de cette équipe polonaise. "Il y aura peut-être quelque chose qui sera moins là, techniquement, mais qui va être compensé par le côté physique de ce joueur, juge Ngapeth. Mais il ne faut pas qu’on fasse une fixation sur Leon. Il y a du monde autour. Ils ont été deux fois champions du monde sans lui." Par ailleurs, la Pologne devra se passer de Bartosz Kurek, le MVP du Mondial 2018, absent tout l’été. Ce qui ne change pas grand-chose selon Laurent Tillie. "Ils ont deux autres pointus très impressionnants, ça montre le réservoir qu’ils ont. Et ils ont Leon, qui est l’équivalent d’un super pointu, avec un service dévastateur." "Contre Leon, tu peux mener 20-10, il peut ramener son équipe à 20-20 juste avec son service", ajoute Grebennikov.

A cela, il faut ajouter un calendrier ultra-serré concocté par les organisateurs polonais, puisque les Bleus joueront à 20h30 le vendredi, puis le samedi à 15h et enfin le dimanche à 12h. Le tout dans une salle pleine à craquer, dans ce que beaucoup appellent "LE" pays du volley. "Mais le public polonais n’est pas hostile comme celui de la Bulgarie, précise Ngapeth. Ils viennent voir un spectacle, ils applaudissent les actions, ce sont des connaisseurs."

En conclusion, ce tournoi, qui peut ouvrir aux Bleus les portes d’un nouveau rêve olympique, est un rendez-vous très excitant. "Ce serait énorme de se qualifier, confirme Grebennikov. C’est un moment important. Ça nous assurerait une nouvelle olympiade avec ce groupe. C’est LE rendez-vous. Ça te permet de ne pas disputer un autre tournoi en janvier, de te reposer en janvier, de préparer tranquillement ton année. En club, il faut se le dire, l’année avant les Jeux, on travaille en pensant aux Jeux. On a raté ceux de Rio (élimination en phase de poules, ndlr), on a envie de se racheter. Et ça lancerait idéalement le championnat d’Europe."

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TQO, comment ça marche ?
Pour ce premier Tournoi de Qualification Olympique (TQO), les 24 meilleures équipes mondiales ont été réparties en 6 poules. Au sein des poules, toutes les équipes se rencontrent et à l'issue du tournoi, l'équipe la mieux classée est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.
Pour les équipes non-qualifiées, un tournoi par continent aura lieu en janvier 2020.
La poule des Bleus (Poule D) : Pologne, France, Slovénie, Tunisie

Programme des matchs :
Vendredi 9 août :
17h00 : Pologne - Tunisie
20h30 : France - Slovénie / Diffusion sur La Chaîne l'Equipe
Samedi 10 août :
15h00 : Pologne - France / Diffusion sur La Chaîne l'Equipe
18h30 : Tunisie - Slovénie
Dimanche 11 août :
12h00 : France - Tunisie / Diffusion sur La Chaîne l'Equipe
15h00 : Pologne - Slovénie

Liste des 14
Passeurs : Benjamin Toniutti (Zaksa Kedzierzyn-Kozle/Pologne), Antoine Brizard (Onico Varsovie/Pologne)
Réceptionneurs/attaquants : Kevin Tillie (Onico Varsovie/Pologne), Earvin Ngapeth (Zénith Kazan/Russie), Julien Lyneel (Jastrzebski Wegiel/Pologne), Trévor Clevenot (Milan/Italie), Thibault Rossard (Fenerbahçe/Turquie)
Centraux : Kévin Le Roux (Pékin/Chine), Nicolas Le Goff (Berlin/Allemagne), Daryl Bultor (Sète), Barthélémy Chinenyeze (Vibo Valentia/Italie)
Liberos : Jenia Grebennikov (Trentino Volley/Italie)
Pointus : Jean Patry (Top Latina/Italie), Stephen Boyer (Vérone/Italie)
(Entre parenthèse leur club de la saison 2019/2020)