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(Miniature) Antoine Brizard: « On peut encore aller chercher le titre »
Photo: Plusliga.pl
30/04/2019
Antoine Brizard: « On peut encore aller chercher le titre »
Avant la deuxième manche de la finale du championnat polonais, mercredi soir, face au Zaksa de Benjamin Toniutti, Antoine Brizard revient sur le premier match de cette série, perdu samedi par Varsovie au tie-break dans des conditions litigieuses. L’ancien passeur de Toulouse et Paris espère que son équipe saura rebondir.
Antoine, dans quel état d’esprit es-tu avant le deuxième match de la finale, mercredi ?
C’est très compliqué… Je pense que ça n’a pas trop été suivi en France mais il y a eu une énorme polémique en Pologne après le match 1. Un match qu’on avait gagné, mais qui a été annulé par l’arbitre après un point extrêmement litigieux. Dans les têtes, c’est vraiment compliqué. On est censé mener 1-0, et finalement on est mené 1-0. Mais on a montré qu’on pouvait très bien jouer contre Zaksa, et même qu’on pouvait gagner contre Zaksa chez eux. On va faire du mieux qu’on peut, sachant qu’en plus on a beaucoup de blessés. C’est un sentiment partagé. On est satisfait de ce qu’on a fait au match aller, mais le résultat n’est pas ce qu’il aurait dû être. Je suis curieux de savoir comment on va réagir demain (mercredi).

Ce point litigieux, c’était une balle de match pendant le tie-break (25-23, 25-21, 20-25, 27-29, 17-15) ?
On a eu deux balles de match sur notre « side-out ». Ils ont bloqué la première. Et sur la deuxième, il y a une réception qui est litigieuse. L’arbitre ne siffle pas, on marque le point. Et l’arbitre appelle son assistant, ce qu’il ne doit pas faire pour prendre ce genre de décision. Et finalement il donne le point à Zaksa, mais pratiquement une minute après, alors qu’il nous avait donné le point au début. C’était extrêmement particulier. Je n’avais jamais vu ça. C’était très compliqué, voire impossible de gagner après ça. Malheureusement, on devait gagner trois matchs, il va falloir qu’on en gagne quatre... Mais on n’abandonne pas, loin de là.

Quel est le discours de votre entraîneur, Stéphane Antiga ?
C’est le premier à dire que c’est très compliqué de ne pas penser à ce match 1. Personnellement, comme il est français, on peut en parler entre nous, le reste de l’équipe ne comprend pas le français. On a pu en parler tous les deux. Toute la journée de dimanche, c’était extrêmement compliqué. Je ne repensais qu’à ça, j’ai très mal dormi. La première chose qu’il a dit, c’était qu’on a montré qu’on était capable de très bien jouer, et capable de gagner. C’est ça qu’il faut retenir.

Zaksa, vous les aviez déjà battus durant la saison…
Oui, on avait gagné là-bas, alors qu’on avait perdu chez nous. A chaque fois, c’est serré. La série va être longue, je pense. On a encore du temps pour aller chercher le titre.

« Varsovie, un gros projet »

Dans l’équipe d’en face, il y a un certain Benjamin Toniutti. Vous avez pu vous parler après le match ?
Je suis parti très vite. On s’est parlé par texto après le match, quand j’étais un peu calmé. Il était évidemment très content de sa victoire, ce qui est normal, il était aussi désolé pour moi que ça se soit passé comme ça. Lui aussi, il pense que la série va être longue. Ça a tourné en sa faveur samedi, il sait que c’était très litigieux. Il sait qu’ils ont été chanceux, il est désolé pour nous. C’était un très beau match.

Sur le plan sportif, qu’est-ce que cela fait d’affronter un autre passeur français, que tu connais très bien en plus ?
Franchement, ça ne change pas grand-chose. On s’entend vraiment très bien, on se voit avant, on se voit après, on est toujours content de jouer l’un contre l’autre parce qu’on se peut se voir, alors que les saisons sont très denses en Pologne. C’est toujours agréable. Après, pendant le match, il n’y a pas de confrontation directe entre les passeurs.

A titre personnel, tu fais une très bonne saison pour ta deuxième année à Varsovie...
Oui, je suis très content, ça se passe vraiment très bien. Je pense avoir beaucoup progressé, encore plus que l’année dernière. Je suis ravi, j’espère que ça va bien se finir. C’est un peu la fin d’un cycle à Varsovie. Stéphane (Antiga) ne va pas être gardé. Pour lui aussi, même si on fait déjà une très belle saison, j’espère que tout va bien se finir. On a envie d’aller chercher ce titre. Avec toutes les péripéties qu’on a pu avoir dans l’année, ce serait une magnifique récompense.

Contractuellement, où en es-tu ?

J’ai encore un an de contrat ! Ça se passe très bien en Pologne, ça se passe très bien à Varsovie. Je suis très content. Varsovie est en train de monter un projet encore plus gros que ce qu’est le club actuellement. Je suis ravi d’en faire partie.

Et la vie en Pologne ?
Ma copine est avec moi ici, c’est plus facile de s’adapter. Ça va, ça se passe bien. Ce n’est pas le pays que je préfère au monde, mais c’est européen, on trouve tout ce qu’on veut, ce dont on a besoin. Et Varsovie, c’est la meilleure ville de Pologne, donc c’est bien. Pour le quotidien, on serait peut-être mieux en Italie, ou même en France, évidemment, mais ça va.

« L’Euro en France, une vraie excitation »

Un dernier mot sur l’équipe de France, qui va arriver assez vite après cette finale. C’est déjà dans un coin de ta tête ?
Ça a été dans ma tête il y a un petit moment, quand Laurent Tillie est venu me voir en Pologne. On a pu discuter, avec « Toti » (Benjamin Toniutti), avec Julien Lyneel (qui joue à Jastrzebski Wegiel, le club éliminé par Varsovie en demi-finale, ndlr). Mais depuis le début de la finale, depuis la demi-finale même, j’ai vraiment la tête au championnat. J’aurai le temps de penser aux Bleus après.

Avec Laurent Tillie, vous avez pu parler de la gestion du calendrier, qui serait l’un des enjeux de cet été ?
C’est sûr que le calendrier va être encore démentiel cette année. On le savait. C’est malheureux. Il y a eu une réunion entre les joueurs et la FIVB, mais rien ne changera cet été. C’est un peu le dilemme, ou plutôt le compromis à trouver, en profitant de la Ligue des nations pour bien travailler, tout en s’accordant du repos, surtout dans les têtes. Les saisons sont vraiment denses. On arrive déjà bien essoré en équipe de France, même si on est très content de retrouver l’équipe nationale. Mais dans les têtes, surtout avec la perspective de retourner directement dans les clubs juste après, il arrive un moment où c’est difficile. C’est tout un tas de paramètres à gérer pour arriver le plus compétitif possible au tournoi de qualification olympique et à l’Euro en France.

Le fait d’avoir cet Euro en France, très attendu, rend cette année pré-olympique encore plus dense…
Oui même si c’est surtout une motivation supplémentaire, et une vraie excitation. Et un élément important, c’est aussi que la préparation se fera en France, et ça, ça change tout. On n’aura pas de match amical à l’étranger, etc. Le fait de rester en France pendant pratiquement toute la deuxième partie de l’été, c’est un élément important. C’est plus facile pour voir nos familles, notamment. J’espère que ça nous servira pour arriver le plus prêt possible à l’Euro.