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(Miniature) Léandra Olinga Andela : « J’ai lâché pas mal de larmes… »
Photo : CEV
Léandra Olinga Andela : « J’ai lâché pas mal de larmes… »
Naturalisée française en avril, Léandra Olinga Andela, 21 ans, dispute sa première saison sous le maillot de l’équipe de France. A mi-parcours de la European Golden League, la centrale de Mulhouse évoque ses débuts avec les Bleues.
Avant de parler de l’équipe de France, revenons rapidement sur ta saison en club avec Mulhouse, quel bilan en fais-tu ?
On a fait une très bonne saison régulière, puisque nous n’avons perdu que deux matchs, nous avons vraiment vécu de bons moments, malheureusement, nous manquons nos deux grands rendez-vous de fin de saison, la Coupe de France à la maison, puis les playoffs face à Marcq-en-Baroeul. C’est difficile à expliquer, nous voulions tellement bien faire pour finir ce que nous avions commencé, je pense que c’est surtout mentalement que ça s’est joué, nous nous sommes mis beaucoup de pression.

Evoquons maintenant l’équipe de France et cette naturalisation qui est arrivée il y a deux mois, comment avez-vous vécu la période l’ayant précédée puis son annonce ?
Ça a été dur à vivre, six ans, c'était long. On peut relativiser en comparant à des personnes qui ont attendu beaucoup plus longtemps, mais d’autres ont attendu beaucoup moins longtemps que moi ! Si bien que quand j’ai appris la nouvelle, j’ai eu du mal à y croire, j’ai mis du temps à réaliser, c’est quand j’ai eu mon passeport français que je me suis dit que c’était bien réel.

Vous avez du coup débuté en équipe de France en mai, comment avez-vous vécu votre première sélection ?
C’était très fort, d’autant que ma première Marseillaise, c’était contre le Cameroun, mon pays d’origine, il y avait beaucoup d’émotion, j’ai lâché pas mal de larmes pendant les deux hymnes, parce que je reste très attachée à mes origines, mais à côté, ça me tenait vraiment à cœur de jouer pour la France. C’est chose faite, c’est vraiment du bonheur, je me sens vraiment chanceuse d’être là maintenant.

Vous ne découvrez ni le groupe ni le staff, puisque vous aviez déjà participé aux stages l’année dernière, comment se passe le travail au quotidien avec Emile Rousseaux ?
Avec Emile, on travaille très dur, il veut vraiment nous convaincre qu’il n’y a pas de raison que nous n’arrivions pas un jour à atteindre le très haut niveau. Il prend souvent exemple sur les autres sports collectifs en France qui réussissent tous, il nous dit qu’il n’y a pas de raison que les volleyeuses ne réussissent pas, même si, aujourd’hui, nous sommes en retard car nous sommes loin au classement mondial. Je n’étais pas là avant, mais je crois qu’il y a un gros changement au niveau de la préparation, Emile nous pousse beaucoup, il nous met parfois en difficulté, mais c’est pour notre bien, pour nous permettre de progresser et de viser plus haut.

Pouvez-vous nous parler de l’ambiance dans cette équipe de France, avec un mélange de jeunes et de joueuses plus expérimentées ?
C’est clair qu’il y a un choc des générations, par exemple entre Mallory Steux et Juliette Gelin, c’est le grand écart (30 ans et 17 ans), mais elles s’entendent très bien ! On apprend toutes à se connaître, l’ambiance est très saine, nous avons toutes envie de travailler, de nous améliorer, nous regardons dans la même direction.

La première partie de la Golden League s’est soldée par trois défaites, deux face à la Hongrie (3-1), une contre l’Autriche (3-2), que vous manque-t-il encore pour que ces matchs basculent du bon côté ?
Il nous manque de la constance, de respecter les consignes du début à la fin du match. Souvent, on débute bien, parce que nous avons envie de bien faire, mais à un moment, on se dissipe un peu et on le paie à chaque fois très cher. C’est dommage, parce que nous montrons de belles choses, mais nous n’arrivons pas à être régulières sur la totalité d’un match. Maintenant, nous sommes dans une phase où le staff cherche avant tout à nous faire travailler le fonctionnement collectif sur le terrain plus que des secteurs en particulier, parce qu’il y a plusieurs groupes, entre celles qui ont disputé la première partie de la Golden League, celles qui vont jouer la seconde, puis celles qui prépareront l’Euro en juillet.

On vous imagine tout de même impatientes de décrocher une première victoire, sentez-vous de l’agacement dans le groupe ?
La déception vient surtout du match de l’Autriche, que nous avions bien démarré, nous menions 2-0, nous avons ensuite mené 13-9 dans le tie-break, avant de finalement perdre un peu bêtement, c’était vraiment difficile. Je ne dirais pas que c’est de l’agacement, mais ce qui est sûr, c’est qu’on a envie de gagner, d’autant qu’on sait que nous sommes capables de faire de belles choses. Si on parvient à rester plus concentrées, je pense qu’on peut y arriver, j’espère samedi en Autriche, on aura en tout cas un sentiment de revanche contre cette équipe.

Le grand rendez-vous de la saison est l’EuroVolley avec une poule en Turquie fin août, pensez-vous beaucoup à cette échéance ?
Oui, c’est tous les jours dans la tête. Là, nous sommes concentrées sur la Golden League, mais on sait bien que tous les matchs, que ce soient des défaites ou des victoires, nous construisent en vue du Championnat d’Europe. Si on veut arriver à ne pas se faire marcher dessus en Turquie où on va rencontrer de grandes équipes, il faut y penser et travailler tous les jours. On a beaucoup de travail d’ici là, l’été va être très long, mais on a vraiment hâte d’arriver à cette compétition pour tout donner et profiter du moment, c’est une chance de jouer un Championnat d’Europe.

Quel objectif pensez-vous que l’équipe de France peut se fixer sur cette compétition ?
Il faut d’abord finir cette Golden League, on fera un bilan après et le coach saura mieux nous situer, c’est lui qui nous fixera l’objectif ! Après, vu les belles équipes qu’on a dans notre poule, se qualifier pour les huitièmes de finale serait déjà une très bonne chose.