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(Miniature) Earvin Ngapeth : « La motivation est à son paroxysme ! »
Photo : CEV
18/04/2019
Earvin Ngapeth : « La motivation est à son paroxysme ! »
Qualifié pour la deuxième finale de la Ligue des champions de sa carrière et pour les demi-finales de la Super League russe, Earvin Ngapeth aborde la dernière ligne droite de sa saison avec le Zénith Kazan, déterminé à tout gagner. Le réceptionneur/attaquant de l’équipe de France attaquera ensuite la saison internationale avec une motivation de briller tout aussi forte.
Revenons d’abord sur la demi-finale de la Ligue des champions remportée face à Pérouse, peut-on parler des deux matchs références de Kazan cette saison ?
Oui, je pense que ce sont les deux meilleurs matchs qu’on a faits cette saison. Nous avions fait un gros pas en réussissant l’exploit d’aller gagner chez eux, ça leur a mis un peu le moral dans les chaussettes. En plus, ils ont joué deux jours après en championnat et ils ont encore perdu (en quarts de finale retour de SuperLega face à Monza), c’était forcément difficile pour eux dans la tête. Nous, on a fait un match très concentré à la maison, ça nous a permis de gagner.

Te voilà en finale de la Ligue des champions pour la deuxième fois, forcément une satisfaction ?
C’est clair que je suis venu ici pour gagner la Ligue des champions. L’objectif n’est pas encore rempli, mais je suis très très heureux de jouer cette finale à Berlin contre Macerata (Lube Civitanova).

Que gardes-tu de ta première finale de Ligue des champions perdue en 2013 avec Cuneo face au Lokomotiv Novosibirsk ?
C’était forcément une grande désillusion, mais j’étais jeune à l’époque (22 ans), c’était déjà un peu comme un rêve pour moi d’être en finale. Et quand on a perdu, j’étais déçu, mais je me suis dit que j’aurais encore le temps d’en disputer d’autres. Finalement, la deuxième n’arrive que six ans après, donc je n’ai vraiment pas envie de passer à côté.

Comment vois-tu cette finale ?
Macerata est une grosse équipe, je ne suis pas du tout étonné qu’elle soit en finale, elle faisait partie des favoris de la compétition, comme Perugia, comme nous, ça va être un gros gros match. Mais on en a parlé entre nous : il y a un gros objectif avant, c’est de gagner le Championnat, pour l’instant, on est très concentrés là-dessus, avec notre première demi-finale le week-end prochain, on ne s’est pas encore penchés sur Macerata.

Sur la demi-finale, tu affrontais le Cubain Leon, à qui tu as succédé au Zénith, était-ce un match dans le match ?
Ce n’était pas un match dans le match, parce que Perugia est une équipe très complète, il n’y a pas que Leon en face, je répète souvent que le volley est un sport collectif dans lequel les sept joueurs sont tous très importants. Mais c’est sûr que pour moi, c’était une source de motivation en plus : d’abord parce que je l’avais remplacé, ensuite parce qu’il joue à Perugia, qui était notre grand rival pendant cinq ans à Modène.

Il a marqué le club lors de ses quatre saisons à Kazan, as-tu ressenti de la pression au moment de lui succéder ?
Tout le monde m’a mis à l’aise très rapidement vis-à-vis de ça quand je suis arrivé. Après, Kazan est un club qui a tout gagné ces dernières années, le club avait remporté la saison dernière les cinq compétitions dans lesquelles il était engagé, donc oui, il y avait de la pression, mais personne n’est venu me voir pour me le dire, je me la suis mise tout seul. Ça a été un peu compliqué au début, parce que je n’ai pas atteint mon meilleur niveau tout de suite, il y a eu l’élimination en poules au Championnat du monde des clubs qui a forcément fait monter la pression, mais on a beaucoup bossé et pour l’instant, en dehors de cette compétition, on a remporté la Coupe et la Supercoupe, c’est positif, il nous reste à remporter le Championnat et la Ligue des champions.

Vous êtes trois avec Matt Anderson et Maxim Mikhailov à vous partager les responsabilités offensives, est-ce plus confortable pour toi ?
Oui, c’est une des grosses différences que je ressens. A Modène, c’est moi qui avais le rôle offensif principal, les moments importants reposaient souvent sur moi. Là, je suis très bien entouré, le danger peut arriver de partout, c’est pour ça que le Zénith Kazan est un grand club.

Comment se passe ta relation avec le coach, Vladimir Alekno ?
On a une superbe relation. C’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup mais fait très attention à ses joueurs. Il a vécu longtemps en France, puisqu’il y a joué et entraîné, donc il connaît bien notre mentalité. Il m’a tout de suite mis très à l’aise et m’a beaucoup aidé pour m’intégrer à l’équipe et m’adapter au Championnat russe qui est complètement différent du Championnat italien. C’est un grand entraîneur.

En quoi le Championnat russe est-il si différent ?
En Italie, c’est plus technique et tactique, alors qu’ici, c’est le physique qui prime sur tout. Donc le coach, même s’il a voulu que je garde ma liberté, ma folie et mes gestes techniques, m’a vite dit qu’il fallait que je bosse pour me mettre au niveau du jeu très physique qu’on pratique en Russie. Si tu n’es pas prêt physiquement, tu te fais vite étouffer.

As-tu l’impression d’être un autre homme physiquement ?
Pas un autre homme, mais j’ai beaucoup travaillé pour être au niveau, ça a mis un peu de temps, mais je pense avoir maintenant quelques variantes en plus dans mon jeu. Je me sens vraiment bien et super motivé pour aller prendre les deux derniers gros titres.

"Les objectifs en équipe de France, c’est de tout gagner"

Comment vois-tu votre demi-finale face à Fakel Novyi Urengoy qui a sorti Belgorod en quarts ?
C’est une équipe qui nous a battus deux fois sur trois cette saison, au Championnat du monde des clubs et chez nous en Championnat, elle s’appuie notamment sur Volkov et Kliuka qui sont les deux réceptionneurs/attaquants de l’équipe nationale russe. Maintenant, je pense qu’on reste un peu au-dessus d’eux dans le jeu, il va en tout cas falloir faire des matchs très très sérieux pour les sortir.

Raconte-nous un peu le Zénith Kazan : est-ce différent de ce que tu as connu auparavant ?
C’est une dimension vraiment à part. J’avais entendu dire que Kazan, c’était quelque chose de monstrueux, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce niveau. On est vraiment au niveau de certains clubs de foot, c’est extraordinaire. Rien que pour les déplacements, on a un jet privé, ça n’existe nulle part ailleurs, au niveau de la récupération, c’est un plus immense.

Comment s’est passée ton adaptation à la vie locale ?
Je m’étais vraiment préparé à fond dans la tête l’été dernier pour justement que cette adaptation se passe du mieux possible, ça a du coup été plus facile. Je savais que les mois de janvier et février allaient être les plus durs, parce que je rentrais en France pendant les fêtes et que ça allait être forcément compliqué de repartir, surtout à une époque où il fait tellement froid ici que tu restes enfermé à la maison quand tu n’es pas à l’entraînement. Ce n’est pas forcément facile à vivre, mais ça y est, le soleil est là, on est passés dans le positif, il fait 5 degrés, c’est nickel !

Finissons par l’équipe de France : comment appréhendes-tu la saison internationale à venir ?
Les objectifs, c’est de tout gagner. Après, l’Euro en France et la qualif pour les JO sont forcément deux objectifs majeurs par rapport à la VNL, celle-ci va nous servir de préparation. J’ai bien discuté avec le coach et le staff, je vais avoir du repos à la fin de ma saison en club, ça va me permettre de revenir ensuite en équipe de France avec pas mal de fraîcheur et de foncer tête baissée dans cette saison. L’Euro en France, on ne peut pas se rater, on a vu en décembre les handballeuses françaises gagner à Bercy, ça fait rêver, on veut faire la même chose. Et la qualif aux JO, on a une grosse poule, il faudra terminer premiers ou deuxièmes.

Penses-tu que cette saison à Kazan t’a donné plus d’armes pour briller en équipe de France ?
Je l’espère. En tout cas, ce que je peux dire, c’est que la motivation est à son paroxysme !