Accueil >>
HOME
06/03/2019
Barthélémy Chinenyeze : « Hâte de débloquer mon compteur »
Arrivé à Tours à la fin du Championnat du monde 2018, Barthélémy Chinenyeze, qui vient de fêter ses 21 ans, n’a pas tardé à s’imposer au centre de l’équipe championne de France en titre. Au moment d’accueillir le Final Four de la Coupe de France ce week-end à Robert-Grenon, le Nordiste se confie.
Avant de parler de Coupe, revenons sur le parcours de Tours en Ligue des champions, quel bilan en fais-tu ?
Le bilan est positif, parce que nous avons réussi à performer contre de grosses équipes. Nous avons gagné nos deux matchs contre Izmir, surtout le 3-0 chez eux, ça fait plaisir, parce que c’est une équipe du haut de tableau en Turquie et une bonne équipe européenne. Pareil à domicile, nous avons réussi à montrer de belles choses contre Perugia (défaite 1-3), une équipe qui va sans doute aller très loin en Ligue des champions cette saison. Après, les petits points négatifs, ce sont nos deux matchs face à moscou, surtout le match aller qui nous laissera tous des regrets parce qu’on perd de deux points à chaque set alors qu’il y avait vraiment moyen de faire quelque chose. Pareil au match retour qui se joue sur des petits détails qui auraient pu nous faire gagner le match. Donc un peu déçu du résultat final, mais quand même content d’avoir pu montrer de belles choses.

C’était ta deuxième participation à la compétition, ta première avec Tours, était-ce très différent de la précédente la saison dernière avec Toulouse ?
Oui, carrément. Avec Toulouse, ça avait été très difficile : nous n’avions pas gagné un match, nous n’avions pas vraiment l’équipe pour performer en Ligue des champions. Cette saison, l’objectif était de sortir de la poule, nous n’avons pas réussi, alors qu’avec Toulouse, c’était de s’amuser. Le niveau était plus élevé cette saison, c’était compliqué, mais c’est un vrai bonheur de jouer cette compétition et de se mesurer à de grosses équipes européennes.

En Championnat, l’équipe est leader, avec seulement deux défaites, la dernière fin octobre à Chaumont, vous êtes invaincus depuis quinze matchs, comment l’expliques-tu ?
Je pense que nous sommes hyper réguliers. Nous avons eu un départ un peu difficile (deux défaites lors des quatre premières journées), mais nous avons réussi vite à nous remettre dedans et depuis, nous sommes constants, nous affichons vraiment un bon niveau de jeu. Il faut continuer comme ça jusqu’à la fin, nous n’avons pas le choix parce que nous voulons gagner le Championnat. Nous avons aussi plein de bons joueurs, toute l’équipe est bonne, ça nous aide beaucoup parce qu’on peut tourner, même si on ne le fait pas si souvent, c’est aussi ça qui va nous aider à aller loin.

Le turn-over te concerne peu, puisque tu joues beaucoup depuis le début de la saison, comment te sens-tu ?
C’est vrai que je joue beaucoup, je suis content, parce que c’est aussi la raison pour laquelle je suis venu ici. Le fait d’avoir joué la Ligue des champions et qu'il y ait un bon niveau à l’entraînement me permet de continuer à progresser. Les objectifs sont de gagner le Championnat et avant ça la Coupe de France.

Dans quels domaines penses-tu avoir progressé ?
A l’attaque. J’ai eu du mal en début de saison, mais là, je me sens de mieux en mieux. Au service aussi, c’est meilleur que la saison dernière, même si je ne suis pas encore au niveau auquel je voudrais être. Je pense aussi avoir progressé dans le rôle que je peux avoir dans une équipe : mettre de l’envie, être un joueur important…

Tu as l’impression que tu es devenu un cadre de cette équipe de Tours ?
Oui et non. Oui, parce qu’on attend beaucoup de moi. Même si je suis jeune, je suis en équipe de France et j’ai un certain statut à assumer. Après, dans une équipe comme Tours, il y a beaucoup de joueurs comme ça qui peuvent être des cadres, comme Hubert (Henno), Nathan (Wounembaina), le pointu (Herman Egleskalns), mais j’espère que j'en suis un aussi.

Peut-on dire que Tours est le favori de ce Final Four ?
Oui, on a un avantage quand même. En Championnat, on enchaîne les victoires, on n’a pas encore perdu à domicile, on a battu Narbonne la semaine dernière, contre qui on va jouer en demi-finale, puis Rennes dimanche, mentalement, ça nous met dans de bonnes conditions. Et le fait de jouer chez nous nous donne un vrai avantage, c’est notre salle, on la connaît et on aura beaucoup de supporters avec nous. Après, sur des matchs couperets, tout peut se passer, tout le monde peut gagner.

Tours a cependant tout à perdre face à des équipes qui, elles, joueront leur va-tout dans un rôle d’outsiders…
Oui, c’est sûr, on va être l’équipe à abattre chez nous, d’autant que c’est pour nous un réel objectif de gagner cette Coupe de France.

Pour toi aussi, qui n’a pas encore gagné de Coupe ?
Oui, je n’ai même jamais gagné de titre en club, c’est une belle opportunité d’ouvrir mon compteur, je suis très impatient, je l’attends depuis longtemps, je veux à tout prix gagner cette Coupe de France.

Que penses-tu de Narbonne que vous allez affronter en demi-finale ?
C’est une belle équipe qui, après des débuts un peu difficiles, joue de mieux en mieux. Il faudra s’en méfier, parce que je trouve que physiquement, ils peuvent être très bons en bloc/service, l’arrivée de Jaumel leur a aussi fait du bien, je ne m’attends pas à un match facile. On l’a vu contre eux chez eux : on a perdu le premier set parce qu’ils nous avaient vraiment mis la pression au service/bloc, il faudra être à 100% pour gagner ce match.

Sens-tu de l’engouement autour du Final Four à Tours ?
Oui. Depuis que nous sommes qualifiés et que nous avons appris que ça allait se passer à Tours, tout le monde en parle et tout le monde y pense. On sent l’échéance qui arrive, on a tous hâte, joueurs, supporters, dirigeants, staff, que ça commence.

Finissons par l’équipe de France que tu retrouveras à partir de mai. Que t’ont inspiré les tirages au sort du Tournoi de qualification olympique (Pologne, Slovénie, Tunisie) et de l’EuroVolley 2019 (Italie, Bulgarie, Portugal, Grèce, Roumanie) ?
Le TQO, ça ne va vraiment pas être facile. Jouer la Pologne double championne du monde chez elle, ça risque d’être un gros combat, sachant qu’ils vont avoir Leon, ça va être encore plus difficile. Et il ne faut pas oublier les autres équipes, comme la Slovénie qui avait été finaliste du Championnat d’Europe 2015. Maintenant, il y a carrément moyen de gagner et on va tout faire pour terminer premiers de cette poule et se qualifier pour les Jeux Olympiques. Quant à l’EuroVolley, c’est pareil, on a une des poules les plus compliquées. L’Italie est vice-championne olympique, c’est toujours compliqué contre eux ; pareil pour la Bulgarie qui, je pense, va venir avec une grosse équipe et va peut-être rappeler d’anciens gros joueurs pour faire quelque chose à cet Euro. Et il ne faut pas oublier les « petites » équipes » contre lesquelles il ne faudra rien lâcher car chaque set sera important. Il ne faudra rien laisser passer. Donc, ce ne sera pas facile, mais on est à domicile et on sait ce qu’on veut.

C’est-à-dire ?
On veut être champions d’Europe à la maison. Le podium serait déjà un bel objectif, mais je pense, que dans l’équipe, tout le monde veut cette médaille d’or à la maison.