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07/09/2018
Jenia Grebennikov : « Nous visons le titre »
A quelques jours du début du Championnat du monde en Bulgarie et en Italie (9-30 septembre), les Bleus ont reçu la presse ce vendredi à l’INSEP où ils terminent leur préparation. L’occasion d’échanger avec le libero tricolore, Jenia Grebennikov.
Jenia, comment s’est passée cette préparation ?
La préparation a été longue, comme d’habitude. Je n’aime pas du tout ça, mais on sait qu’il faut bosser pour être dans les meilleures conditions, faire de la prépa mentale, physique, technique et tactique, parce que ça va être une compétition super longue. Le Championnat du monde, je l’ai fait il y a quatre ans, j’en ai un bon souvenir, mais c’était super éprouvant physiquement et mentalement, parce qu’il y a tellement de matchs à jouer, c’est super long. La formule est très difficile, il ne faut pas lâcher un seul match, tous les points comptent. Si tu lâches un ou deux points sur la première phase, tu te mets déjà dans la difficulté, il faut gagner tous les matchs pour être avantagé dans la deuxième phase, donc c’est super dur, parce qu’on joue direct des gros dans la première poule. Mais c’est comme ça, et au moins, le champion du monde mérite de l’être.

Il y a quatre ans, vous aviez obtenu votre premier gros résultat en atteignant les demi-finales, qu’en gardes-tu ?
Ce Championnat du monde a été un tremplin qui nous a donné une force en plus, nous avons vu que nous étions capables de viser haut. Nous étions super jeunes, nous avions terminé quatrièmes après avoir fait une compétition extraordinaire. Ça nous a montré que nous faisions partie des meilleures équipes du monde et ça nous a poussés à aller sur chaque compétition avec l’envie d’avoir une médaille. Aujourd’hui, nous faisons encore partie des grands et nous visons le titre, même si on sait que ce sera hyper dur et qu’une médaille, ça serait déjà très grand. Maintenant, il faut se concentrer sur la première poule qui est super importante, parce que si tu finis troisième ou quatrième, c’est quasiment fini, il faut terminer premier ou deuxième. Si tu commences bien, tu es avantagé pour la suite de la compétition.

Depuis, vous avez remporté plusieurs titres, avec un style de jeu qui vous est propre, sentez-vous que les autres équipes se sont inspirées de ce jeu ?
Oui, je pense notamment aux Russes qui commencent à jouer plus malin, comme nous, à jouer les mains… On sent que de plus en plus d’équipes défendent, parce qu’elles ont vu que la défense était importante. A la base, il n’y avait pas beaucoup d’équipes qui défendaient, certaines ont pris exemple sur nous, parce qu’on ramasse pas mal de ballons et que ça donne de la difficulté aux adversaires. Je pense que ce style a plu et on voit des équipes qui n’attaquent pas toujours en force, placent plus les ballons, font des feintes… On commence à être connu dans le monde du volley, nos adversaires se sont adaptés et certains nous connaissent aujourd’hui par cœur. C’est pour ça que c’est important d’avoir quatorze bons joueurs dans l’équipe, pour faire des changements.

Tu parles de la Russie, as-tu l’impression avant ce Championnat du monde, que cette équipe est au-dessus du lot ?
Oui, ils sont au-dessus du lot, mais il y en a plein d’autres. Cette année, on a vu pendant la Volleyball Nations League que des équipes ne jouent pas à 100%. Sur un Championnat du monde, il y a toujours deux-trois équipes surprises, un gros qui tombe… On verra déjà après la première phase de poules qui nous réserve de bonnes équipes, avec le Brésil, le Canada et les Pays-Bas.

Avant cela, il y aura la Chine mercredi prochain pour le premier match, ressentiras-tu un peu d’anxiété au moment d’ouvrir la compétition ?
On commence à être habitué, mais il y a toujours l’adrénaline qui monte, un peu de stress et de pression, mais c’est positif, j’aime bien cette sensation de début de compétition, on se pose toujours des questions la veille sur comment ça va se passer. Maintenant, on n’appréhende pas ce match, mais on sait qu’il va être super important pour la suite, c’est primordial de bien rentrer dans la compétition, parce que la seule fois où on est mal rentrés, c’était au Championnat d’Europe l’année dernière contre les Belges, et c’est un mauvais souvenir.

Ressens-tu un plaisir particulier à l’idée de jouer ce Championnat du monde en Italie, où tu évolues en club ?
Oui, si on y va ! (la France joue son premier tour en Bulgarie, à Ruse, elle ira en Italie si elle termine à l’une des deux premières places de sa poule). Là-bas, il y a un superbe engouement autour du volley et de l’équipe nationale, d’autant que cette année, l’équipe de foot n’était pas à la Coupe du monde. Ils sont au taquet, font plein de pub pour le Championnat du monde. En Bulgarie aussi, le volley est bien suivi, j’en ai parlé avec Sokolov qui jouait en club avec moi, on a toujours eu du monde quand on y a joué, ce sont deux belles destinations.