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22/11/2017
L’interview bleue : A Toulouse avec Barthélémy Chinenyeze
A seulement 19 ans, Barthélémy Chinenyeze a été l’une des révélations de la saison internationale de l’équipe de France cette année. Revenu dans son club de Toulouse qui connaît un début de saison compliqué, le jeune central évoque cet été en Bleu et sa saison en club.
Ce début de saison compliqué de Toulouse (une victoire, cinq défaites) était-il prévisible ?
Oui, nous avons changé complètement d’effectif l’été dernier, nous ne sommes plus que quatre de la saison dernière. Nous sommes donc une équipe en reconstruction, il y a des automatismes à prendre, nous devons apprendre à jouer ensemble, à créer un groupe petit à petit, c’est normal que ce début de saison soit un peu compliqué.

Comment expliquez-vous votre défaite à domicile face à Nantes le week-end dernier (1-3) ?
On n'a pas su jouer nottre jeu, tout simplement, je suis très déçu de ce match. On sait que si on a perdu, c'est uniquement de notre faute, pas forcément parce que l'adversaire était meilleur, on n'est pas arrivés à mettre notre jeu en place, rien n'a été, c'est un match à oublier.


Est-ce frustrant à vivre après votre bonne saison dernière ?
Ce n’est pas facile pour les anciens, parce que cela fait un gros changement par rapport à ce que nous avons vécu la saison dernière. L’année dernière, nous avions vraiment un groupe soudé, avec beaucoup de jeunes et de Français, c’était un super groupe. Cette année, on a plus d’étrangers, mais ce sont tous des gars sympas, et je suis persuadé que nous avons un bon groupe, une bonne cohésion. Le début est certes difficile, mais on se dit que ça va venir.

Dans quel domaine en particulier péchez-vous ?

Je pense que c’est en bloc-défense que nous avons le plus de difficultés. Il y a des matchs où on touche des ballons au bloc, mais ça ne défend pas trop, il y en a d’autres où tous les ballons qu’on touche au bloc ne sont pas jouables, donc c’est là que c’est plus compliqué, il faut aussi qu’on s’améliore un peu en réception.

Quels sont du coup vos objectifs cette saison ?
Comme les saisons dernières : atteindre les playoffs, aller le plus loin en Coupe de France, et essayer de prendre du plaisir en Ligue des champions.

Vous vous êtes effectivement qualifiés pour la phase de poules de la Ligue des champions en renversant la situation face à Novi Sad il y a dix jours, comment avez-vous vécu ce match ?
Nous savions que tout allait se jouer sur le match à domicile et nous avons réussi un petit exploit en parvenant à bien jouer en équipe. C’est clair que cette qualification peut nous donner un coup de boost, mais cette Ligue des champions est du bonus, il faut vraiment qu’on se concentre sur le Championnat.

Le fait de jouer la Ligue des champions va effectivement vous rajouter des matchs, comment l’aborder ?

Oui, ça nous rajoute des matchs et des déplacements, on va affronter de grosses équipes, ce n’est pas facile, mais c’est une super expérience de disputer la Ligue des champions, beaucoup de joueurs dans l’équipe vont la jouer pour la première fois, le mot d’ordre sera de prendre du plaisir et de l’expérience.

Le tirage au sort a eu lieu vendredi, vous jouerez Kazan, Berlin et Jastrzebski Wegiel
 que pensez-vous de vos trois adversaires ?
Avec Kazan, on a tiré le gros lot, c'est la meilleure équipe d'Europe qui a gagné la Ligue des champions les trois dernières années et possède d'excellents joueurs. C'est une chance pour nous de se frotter à eux et d'aller jouer dans leur salle. Berlin, c'est une équipe qui, ces dernières années, monte en puissance, là encore, ils évoluent dans une belle salle et ce sera un beau match à jouer, tandis que l'équipe polonaise a terminé troisième du dernier Championnat, ça veut dire qu'elle sera également compliquée à jouer, et une fois de plus, on peut s'attendre à une belle ambiance là-bas. On sait que pour nous, cette phase de poules de la Ligue des champions sera très dure, mais il faut qu'on y aille dans l'idée d'en profiter au maximum.

A titre individuel, vous avez vécu un premier été très intense en équipe de France, comment vous êtes-vous remis de cet été chargé ?
Ça n’a pas été facile de se relancer. Quand je suis revenu du Japon, je suis rentré directement dans mon club. Mentalement, c’est difficile de se dire qu’on n’a pas eu de vacances et qu’il faut repartir sur une longue saison, et physiquement, il y a forcément de la fatigue, des petites douleurs, d’autant que depuis le début de la saison, on enchaîne Championnat, Coupe d’Europe, Coupe de France, ça fait beaucoup de charge, si bien que j’ai eu une petite baisse de niveau, mais je pense que ça va revenir. A côté de ça, j’ai dû découvrir de nouveaux partenaires, il y a aussi eu un changement de niveau, tu passes du top niveau international à la Ligue A ; même si le niveau y est aussi très bon, c’est différent. Mais ça reste excitant de redémarrer une nouvelle saison avec le club.

"Je suis toujours le jeune de 19 ans qui apprend tous les jours"

Pour revenir à cet été en Bleu, comment l’avez-vous vécu ?
C’était un rêve, je ne pensais vraiment pas arriver là. Déjà être pris en stage parmi les 25, puis parmi les 16, puis intégrer complètement l’équipe pour toutes les compétitions. Et on a réussi à se qualifier au Championnat du monde, ce qui est une très bonne chose pour l’année prochaine, puis gagner la Ligue Mondiale, je n’y croyais pas !

Vous avez en plus eu beaucoup de temps de jeu, titulaire une grande partie de cette saison internationale et souvent décisif, vous êtes-vous surpris vous-même ?
Oui, je me suis surpris. Déjà, je ne m’attendais pas à jouer, on ne va d’ailleurs pas se cacher que c’est grâce aux blessures d’autres joueurs que j’ai pu jouer, mais c’est vrai qu’au fur et à mesure de l’été, je me suis senti de mieux en mieux, j’ai vraiment senti que je progressais. Le fait de côtoyer des joueurs qui évoluent toute la saison au très haut niveau international m’a boosté, ça m’a permis d’être meilleur sur le terrain.

On a aussi l’impression que vous êtes entré très facilement dans ce groupe, sans vraiment de phase d’adaptation…
Oui, carrément. Je connaissais déjà quelques joueurs de Toulouse et les jeunes qui arrivaient comme moi. Pour les anciens, ce sont vraiment des gars en or, ils nous ont acceptés facilement dans un groupe formé depuis quatre ans comme si nous étions là depuis longtemps, c’était vraiment facile de s’intégrer dans ces conditions.

Quel a été le moment le plus fort de votre été ?
C’est la finale de la World League : jouer au Brésil, devant 23 000 Brésiliens dans un stade de foot, contre le Brésil champion olympique, en plus j’ai pu jouer le match et on a gagné, c’était incroyable ! C’est vraiment mon moment fort de l’été.

Comment avez-vous vécu la seconde partie de l’été plus difficile ? On a eu l’impression que vous avez eu du mal à relancer la machine en août…
Oui, la première partie de l’été avait été longue avec la préparation, la qualification pour le Championnat du monde, la World League avec des déplacements… Du coup, même si nous avions vraiment envie, nous avons eu du mal à nous remettre dedans et à nous dire qu’il fallait repartir. En plus, il y a eu quelques blessures pour le Championnat d’Europe et la compétition au Japon où nous n’étions que douze et où nous avons encore eu des blessés, mais nous avons essayé de donner notre maximum et de profiter de ce tournoi au Japon.

Le Championnat d’Europe a-t-il été difficile à vivre, sachant que la France était tenante du titre ?
Oui, d’autant qu’on sait que nous n’avons pas joué à notre niveau et que nous étions capables de produire mieux que ça, c’était vraiment frustrant de perdre en 8e de finale, ce n’était pas la place de cette équipe de France, vu ce que nous avions produit jusque-là.

Comment voyez-vous votre avenir dans cette équipe de France ?
J’espère que j’y serai encore ! Après, je sais qu’il va y avoir des retours de blessure et qu’il va falloir se battre pour avoir sa place durant toute la saison, on verra bien, tout dépend de mon année.

Avez-vous tout de même l’impression d’avoir marqué des points l’été dernier ?
Oui, je pense. J’ai pu jouer la phase finale de la World League et on l’a gagnée, je pense que Laurent m’a fait confiance pour amener quelque chose à l’équipe, c’est positif pour moi.

Trouvez-vous depuis votre retour en France que le regard des autres a changé sur vous ?
Oui, un peu, forcément. On va dire que j’ai en quelque sorte un statut, puisque j’ai été en équipe de France et que j’ai gagné la World League. Après, je reste le même, je suis toujours le jeune de 19 ans qui apprend tous les jours pour être meilleur.