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10/11/2017
Interview bleue : A Lugoj avec Silvana Dascalu
Après une année au Stade Français Paris Saint-Cloud, Silvana Dascalu a fait le choix d’évoluer cette saison à Lugoj, en Roumanie. La centrale internationale de 23 ans évoque son acclimatation et son été dernier avec l’équipe de France.
Pourquoi avoir fait le choix de la Roumanie ?
Mon père a un ami manager roumain dans le volley, qui, lors d’une discussion anodine, a appris que j’étais disponible après ma saison à Paris, il a pris contact avec moi pour savoir si j’étais intéressée à l'idée de quitter la France et découvrir le Championnat roumain. L’idée m’a plu, sans vraiment connaître ce championnat, j’avais tout de même une idée de son niveau, cela correspondait pas mal à ce que je cherchais. Il m’avait parlé de quelques clubs qu’il connaissait, dont Lugoj, avec qui les discussions se sont engagées et finalement, ça s’est fait très vite.

Aviez-vous des pistes en France ?
En fait, quand la proposition roumaine est arrivée, c’était à peine la fin du Championnat, je ne m’étais pas encore mise à chercher un club, du coup, j’ai attendu de voir comment les choses avançaient avec la Roumanie et comme nous nous sommes vite mis d’accord, je n’ai pas eu à étudier d’autres pistes.

Vous êtes d’origine roumaine par vos parents, cet aspect a-t-il joué dans votre décision ?
C’est vrai que toute ma famille, à part mes parents et ma sœur, vit ici, je parle parfaitement la langue, donc ça aide forcément à s’intégrer. Il y a des différences de culture, d’habitudes, de vie quotidienne, mais il n’y a pas la barrière de la langue que connaissent certaines joueuses étrangères lorsqu’elles arrivent ici. Donc c’est hyper intéressant de vivre cette première expérience à l’étranger dans ces conditions, j’ai l’impression de sentir un air nouveau.

La séparation d’avec vos parents et votre sœur Alexandra n’a pas été trop difficile ?
Moins que je ne le pensais. C’était un mélange d’excitation et de stress, j’avais hâte de découvrir comment ça allait se passer et finalement, j’ai réussi assez vite à me sentir chez moi. J’ai aussi pu voir ma famille qui habite en Roumanie, du coup je ne me suis pas sentie trop seule et ma mère est venue me rendre visite.

A quoi ressemble Lugoj, la ville et le club ?
C’est difficile de comparer avec la France, mais c’est une ville moyenne, assez simple, où tu trouves tout assez facilement, je peux accéder à pied de chez moi aux commerces et à la salle, c’est pratique. Le centre-ville est mignon, mais je n’ai pas trop le temps de sortir, sachant que nous avons deux entraînements par jour, un le matin et un le soir. Quant au club, c’est plus un club de milieu de tableau au niveau du budget, mais ça va, je m’y plais, ça change, je me sens bien ici. Cette année, ils ont pris plusieurs joueuses étrangères, il y a aussi une Australienne, une Ukrainienne et deux Serbes, avec lesquelles on parle anglais. Au niveau du public, comme ce n’est pas une grande ville, on est un peu le club de la ville, du coup, la salle est bien remplie quand on joue chez nous, j’aime bien l’atmosphère, il y a du bruit, les spectateurs sont à fond avec nous.

Comment jugez-vous ce Championnat roumain ?
C’est assez différent du Championnat de France, dans le sens où en France, ça s’est vraiment beaucoup homogénéisé ces dernières saisons, beaucoup d’équipes du bas de tableau sont capables d’aller embêter des formations du haut de tableau. En Roumanie, c’est plus hétérogène : il y a quatre-cinq équipes très fortes, on va dire du même niveau qu’en France, ensuite, il y a un milieu de tableau qui correspond à du bas de tableau français et un bas de tableau qui équivaut plus à la Ligue B en France. Mon idée en signant était d’intégrer une équipe de milieu de tableau pour gagner du temps de jeu, progresser et découvrir une nouvelle expérience.

"Un été très enrichissant avec l'équipe de France"

Sportivement, comment se passe le début de saison ?
Il a été un peu compliqué, parce que nous avons perdu nos quatre matchs. Le premier match, nous avons joué contre les championnes en titre (Alba Blaj) qui nous étaient supérieures, ensuite, nous avons fait un gros volley chez nous contre Bacau, qui est aussi une grosse écurie, nous avons malheureusement un peu lâché sur la fin alors que nous aurions pu aller chercher le tie-break, il y a davantage de déception sur les deux derniers matchs parce que nous avons joué des concurrentes directes (Timisoara et Dinamo Bucarest) contre lesquelles nous n’avons pas montré notre vrai visage. Pour l’instant, on ne va pas parler de crise ni de pression, ce n’est que le début du Championnat, mais nous ressentons une attente d’un résultat positif, j’espère qu’il va arriver, notre objectif cette saison étant de terminer vers la 5e-6e place.

A titre personnel, comment cela se passe-t-il ?
Pour l’instant, je n’ai pas eu énormément de temps de jeu. Quand je suis arrivée, un mois après tout le monde parce que j’étais en équipe nationale, le coach m’a expliqué ce qu’il attendait de moi : il voulait avoir plus de temps pour travailler avec moi, pour que je prenne mes habitudes, sans presser les choses, avant de me donner plus de temps de jeu. Notre objectif, avant la fin de la saison, est que je sois tout le temps sur le terrain, que j’arrive à exprimer le potentiel qu’il a vu en moi. Donc, pour l’instant, je travaille, ça se passe très bien.

Suivez-vous les résultats du Stade Français et d’Alexandra ?
Oui, je suis le Championnat de France de très près, je suis très contente du bon début de saison du Stade Français, elles ont un bon collectif, un bon groupe qui vit bien, ça fait plaisir à voir, et Alexandra est aussi très bien partie à titre personnel. J’espère que ça va continuer et qu’elles vont finir la saison dans le haut de tableau.

Finissons par l’équipe de France : comment avez-vous vécu l’été international ?
Je l’ai vécu comme une très longue saison, quand on compte, on a dû jouer plus de matchs que lorsqu’on joue en club et lorsque je pense à ma saison dernière avec Paris, j’ai l’impression que c’est très loin, tellement l’été a été chargé. Mais ça a été très intéressant sportivement, il y a eu une grosse évolution sur le plan collectif : on a commencé aux qualifications pour le Championnat du monde avec un collectif qui n’était pas encore rodé, on sentait que tout le monde essayait de trouver une cohésion, il fallait que la mayonnaise prenne, et à la fin de l’été, même en juillet quand on a joué le Grand Prix, nous avons montré un autre visage, c’était fluide, c’était une équipe. Pour moi, ça a été très enrichissant.

Maintenant que certaine bases sont posées, peut-on s’attendre à une montée en puissance en 2018 ?
Oui, je pense. Comme le niveau du Championnat a encore augmenté en France, selon moi, les filles qui y jouent vont elles aussi augmenter de niveau, certaines, qui étaient absentes l’été dernier, vont revenir, le groupe va du coup s’en trouver renforcé.

A titre personnel, où vous situez-vous en équipe de France ?
Cette saison, j’ai eu conscience d’avoir de la chance d’être en équipe de France, parce que sur mon poste, il y a eu pas mal de filles qui n’étaient pas là, entre les blessées et celles qui n’ont pas pu venir. Du coup, au fur et à mesure, j’ai gagné du temps de jeu, cela m’a permis de progresser et peu à peu de me sentir à ma place dans cette équipe, je ne me disais plus que j’étais là par « chance ». Après, j’ai conscience que l’année prochaine, certaines filles vont revenir, nous serons plus nombreuses sur mon poste, je suis venue en Roumanie pour progresser, on verra bien comment ça se passera.