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(Miniature) L’interview bleue : Alexia Richard et Lézana Placette
Photo : Alexia Richard et Lézana Placette,
avec leur coach Isabelle Kadjo (à gauche), en stage à Tenerife.
17/04/2026
L’interview bleue : Alexia Richard et Lézana Placette
Alors que les autres paires françaises ont déjà repris la compétition, Alexia Richard et Lézana Placette ont décidé de ne lancer leur saison qu’en mai, pour prendre le temps de souffler physiquement et mentalement. Les deux Tricolores expliquent leur démarche, avec les Jeux Olympiques de Los Angeles en ligne de mire.
Comment s’est passée votre préparation cet hiver ?
Lézana :
On a décidé de reprendre la saison plus tard que d’habitude. Les tournois ont repris, les autres équipes de France ont rejoué fin mars, début avril. Mais on a décidé de ne reprendre qu’en mai, pour plusieurs raisons. La première, c’est que depuis le début de la qualification pour les JO de Paris, en 2023, on n’a pas eu de vrai hiver pour se préparer correctement, sur une longue période, parce qu’on devait reprendre la saison assez tôt à chaque fois. Cette fois, on a pu faire un vrai travail de fond au niveau physique, d’une ampleur plus importante que les années précédentes. On a fait beaucoup de muscu, et on a aussi travaillé de manière assez diversifiée, avec de la piscine, de la course à pied, du travail neurocognitif, du Pilates pour Alex pour son dos, de l’Hyrox... On a essayé de se développer de manière un peu plus complète, avec ce temps de préparation supplémentaire.

L’idée était-elle aussi de souffler au niveau mental ?
Alexia : Complètement, le but était aussi de casser un peu la routine. Maintenant, on a un peu d’expérience sur la qualification olympique, on sait ce que ça demande en termes d’investissement, d’énergie physique mais aussi mentale. C’était bien, en sachant que la qualification pour Los Angeles débute un peu plus tôt que prévu, de prendre ce temps maintenant parce qu’on sait qu’on ne l’aura pas plus tard. Cela tombait sur un moment adéquat. C’était bien de faire autre chose que du beach-volley, de se concentrer sur la préparation physique, sur les blessures, les faiblesses. Résultat, on était vraiment contentes de repartir en stage pour se remettre dans le bain petit-à-petit.

Que gardez-vous de la saison 2025 ? Après votre défaite aux Mondiaux (19-17 au tie-break contre les Brésiliennes Thamela/Victoria), vous disiez que la saison avait été longue et riche en challenges...
Lézana : C’est vrai que la saison a été assez difficile sur le plan mental. On s’en est rendu compte après coup, on n’a pas vraiment pris le temps de tourner la page des Jeux, de réorganiser notre équipe avec le départ de Lissandro Carvalho, qui était avec nous depuis six ans et qui nous avait amenées aux JO. Il fallait récupérer mentalement des Jeux de Paris, une expérience qui ne se reproduira plus, en faire le deuil. Il fallait aussi récupérer de cette qualification olympique où on était à l’étranger dix mois sur douze. On a repris un peu vite, on s’est rendu compte que mentalement on n’était pas forcément prêtes. On a retrouvé notre flamme sur la fin de saison. Et cette défaite en Australie est dure, mais en même temps on fait un super match contre l’équipe qui a été n°1 mondiale toute l’année. On était contentes de ces Mondiaux, on se dit que c’est de bon augure pour la saison qui arrive.

Vous attaquez votre 12e saison ensemble, ce n’est pas rien...
Alexia : C’est un atout. On sait que c’est assez rare dans le beach-volley, mais c’est un choix de notre part, au-delà de la Fédé qui nous soutient. C’est une belle aventure. On est contentes de poursuivre ensemble, on sait qu’on sera ensemble jusqu’à Los Angeles. On continue de travailler dur, et on peut comparer cela à un couple. On est ensemble 24h/24, on part aux quatre coins du monde, la communication se travaille encore, même après 12 ans de relation (rires). Le but étant de performer ensemble sur le terrain, tout en passant des moments agréables. Il y a toujours à apprendre, sur le terrain comme en dehors, en discutant avec les autres ou avec notre staff.
Lézana : On voit aussi que le beach-volley évolue au fil des ans, il faut s’adapter aux nouvelles tendances. Le jeu s’est accéléré, sur les passes, le coaching est en train d’être testé sur le terrain. C’est intéressant, il y a toujours des choses à revoir et à améliorer sur la dynamique de l’équipe.

Avez-vous un peu de visibilité sur votre calendrier du début de saison ?
Lézana : On termine bientôt un stage de 10 jours à Tenerife, où l’on est notamment avec les Tchèques. Ensuite on reprendra à Xiamen, en mai, pour un tournoi Challenge. On devrait ensuite enchaîner aux Philippines la semaine suivante. On a un planning, qui variera ensuite en fonction des états de forme et du ranking. La priorité de l’année, ensuite, sera les championnats d’Europe en août. Il faudra se placer au mieux, pour la course olympique qui va débuter en novembre, un peu plus tôt que prévu, parce que cela devait démarrer en mars 2027. La formule du Beach Pro Tour devrait également changer, donc on devra rester flexibles.

Vous vous étiez qualifiées grâce au ranking pour les Jeux Olympiques de Paris. L’idée est d’en faire de même pour Los Angeles ?
Alexia : On peut aussi être championnes d’Europe cette année (le vainqueur est automatiquement qualifié pour les JO, ndlr), et on n’en parlera plus, on aura deux ans pour se préparer ! Sinon, effectivement, ce sera le ranking, ou un ticket par les tournois de qualification. Peu importe le chemin, notre objectif est d’être à Los Angeles. On l’aborde assez sereinement, parce qu’on sait qu’on a fait une bonne préparation, et financièrement on sait qu’on est soutenues par la Fédération et par l’Armée des Champions, c’est un aspect mental important pour le haut niveau. Ce sera à nous de jouer, on va tout donner sur le terrain, à l'entraînement ou en match, pour continuer à développer notre jeu, en nous adaptant aux nouvelles techniques comme la jump-set (sur la deuxième touche de balle après la réception, le joueur saute et choisit ensuite entre la passe et l’attaque, pour perturber le bloc adverse, ndlr), ou pourquoi pas les postes inversés.

Les postes inversés, c’est une piste de travail ?
Alexia : C’est important de développer nos “skills”. Parfois, si on a une grande joueuse en face, que Lézana puisse aller au bloc comme elle a plus de hauteur. Ou si on a une joueuse où il faut de la lecture, pouvoir alterner en défense. Le but est d’utiliser nos points forts au bon moment, donc il faut les travailler dans toutes les circonstances, pour diversifier aussi notre jeu. On arrive à mettre cela en place avec Isabelle Kadjo, notre nouvelle coach. C’est cool d’avoir aussi cet aspect féminin, c’est un autre point de vue, une autre manière de communiquer, c’est complémentaire d’un entraîneur masculin, et c’est important d’avoir les deux.