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20/02/2018
Arnaud Gauthier-Rat : «On espère passer un cap»
Après plusieurs saisons avec Arnaud Loiseau, Arnaud Gauthier-Rat fait désormais équipe avec Maxime Thiercy. Les deux futurs ingénieurs ont bien attaqué l’année 2018 avec un quart de finale au 4 étoiles de La Haye, ils disputent cette semaine le 3 étoiles de Kish Island, l’occasion de s’entretenir avec Arnaud Gauthier-Rat.
Comment s’est décidée la nouvelle association que vous formez avec Maxime Thiercy ?
Nous avons eu une réflexion en fin de saison dernière sur les types de paires susceptibles de marcher au très haut niveau, en vue des qualifications pour les Jeux Olympiques. Personnellement, j’étais un peu limité en tant que bloqueur du fait de mon physique, dans le sens où il n’y a pas beaucoup de bloqueurs de 1,95 mètre dans le Top 20 mondial, nous avons donc réfléchi aux différentes évolutions possibles avec les joueurs de l’équipe de France et on s’est dit qu’alterner entre deux bloqueurs assez complets, Max et moi, sachant qu’il a le même profil que moi, pouvait être une formule intéressante. De plus, ça correspondait au moment où Arnaud (Loiseau) se faisait opérer de l’épaule, il est encore en convalescence, le concours des deux explique que l’on ait décidé cette association, et ça a plutôt bien marché, donc nous poursuivons sur notre lancée.

Vous êtes-vous vite habitués l’un à l’autre ?
Oui, nous nous sommes trouvés assez vite, parce que nous avons des jeux assez similaires, nous avons tous les deux plutôt une bonne passe, ce qui facilite les choses au niveau relationnel, nous n’avons pas mis trop de temps à régler cet aspect du jeu. Du côté de la défense, comme on découvre, il y a en revanche beaucoup de travail. Au niveau du positionnement, Maxime joue en 4, moi en 2, et on alterne en bloc/déf : celui qui sert reste en défense, l’objectif est de moins se fatiguer avec des sprints au bloc et de bien se concentrer sur la qualité de notre service.

Quels ont été vos premiers résultats communs ?
Au niveau des résultats, il y a eu plusieurs étapes : nous avons commencé en octobre sur un Satellite à Bakou, un tournoi à notre portée où nous avons fait une troisième place ; derrière, nous avons enchaîné par un World Tour 1 étoile (Aalsmeer) puis un World Tour 2 étoiles (Sydney) où on fait cinquièmes, en perdant à chaque fois contre les futurs gagnants. Ces tournois nous ont permis de prendre de l’expérience avant d’attaquer le premier gros tournoi de l’année, le 4 étoiles de La Haye, où nous sommes parvenus à sortir des qualifications pour finir neuvièmes. C’est notre meilleur résultat en termes de points.

Ce résultat est-il finalement conforme à ce que seront vos attentes sur le World Tour cette saison ?
Oui, c’est clairement ce qu’on doit chercher à reproduire sur les prochains tournois. Nous voulons performer pour continuer à grimper dans le classement mondial, ce qui passe par des résultats meilleurs que des quarts de finale, il faut arriver à se hisser en demi-finales ou en finale. Maintenant, on verra si on y arrivera. A Kish Island, nous sommes directement dans le main draw, c’est forcément mieux de ne pas passer par les qualifs, c’est une très bonne opportunité pour nous, mais nous savons qu’il y a de très bonnes équipes et qu’il faudra être très vigilants pour ne pas se faire surprendre.

Comment avez-vous préparé les rendez-vous à venir ?
Après La Haye, nous sommes rentrés dans une nouvelle phase de préparation avec les tournois de Kish Island et de Doha en ligne de mire. Pendant une bonne semaine, nous nous sommes d’abord concentrés sur nos études à l’INSA Toulouse : je devais passer tous mes examens (il est en troisième année en automatique/électronique, ndlr) et Max devait lancer son stage, lui est en dernière année, il a débuté un stage chez Veolia en énergie et environnement, normalement, il aura tout fini à la fin de l’été. Après, nous sommes repartis sur une phase de travail, avec une semaine à Toulouse puis un stage en Italie, à Formia, avec l’équipe de France et les équipes italiennes, notamment Nicolai/Lupo, vice-champions olympiques à Rio, avant de revenir à Toulouse où nous avons pu nous entraîner dehors, parce qu’il faisait beau.

Cette année marque le véritable coup d’envoi de la course à la qualification olympique, comment l’abordez-vous ?
Avec forcément beaucoup d’envie. Le système de classement a changé : pour les points d’entrée dans les tournois, il retient les quatre meilleurs résultats sur les six derniers tournois, ce qui signifie que quand on a fait une bonne perf, il faut essayer de faire mieux sur les tournois suivants pour pouvoir disputer des tournois de plus en plus relevés. Si on ne fait pas mieux lors des six prochains tournois, on retournera sur des tournois de moindre importance, si on confirme, cela nous ouvrira la porte des quatre ou cinq étoiles… C’est un système difficile, surtout qu’en ce moment, le niveau masculin est très relevé et assez homogène : il y a le Top 15-20 qui ne bouge pas trop avec des équipes super solides, mais derrière, de 20 à 50, c’est vraiment la guerre entre beaucoup d’équipes de niveaux très proches qui espèrent toutes accéder à l’échelon supérieur. Pour l’instant, nous sommes dans ce groupe.

Pensez-vous que vous avez justement changé de statut, passés des jeunes qui découvraient le World Tour à une équipe qui est désormais plus attendue au niveau international ?
Personnellement, cela ne sera quand même que ma première vraie saison sur le World Tour. J’ai profité d’une super année la saison dernière avec Arnaud, pendant laquelle on s’est fait vraiment fait plaisir et on a pris pas mal d’expérience, même si c’était plus sur des tournois européens et de moindre envergure, on avait d’ailleurs justement disputé notre premier tournoi sur le World Tour à Kish Island, où nous avions perdu contre Losiak/Kantor, qui est une des meilleures équipes du monde. Maintenant, c’est vrai que cette année, on espère passer un cap, même si on sait que ce sera difficile, parce que les 3 ou 4 étoiles, ce sont des tournois d’un niveau supérieur sur lesquels je n’ai personnellement quasiment aucune expérience.
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Deux paires tricolores sont engagées sur le tournoi World Tour 3 étoiles de Kish Island (Iran), qui débute mardi : outre Arnaud Gauthier-Rat et Maxime Thiercy, têtes de série n°11 dans le main draw, Olivier Barthélémy et Romain Di Giantommaso sont parvenus mardi à sortir des qualifications en passant deux tours : le premier face aux Danois Rosager/Trans (21-9, 17-21, 15-12), le second aux dépens des Polonais Paszkowski/Lysikowski (17-21, 21-15, 15-8).