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10/08/2017
Barthélémy Chinenyeze : « Une super expérience »
Ex-capitaine en équipe de France junior, Barthélémy Chinenyeze a fait ses débuts chez les Bleus cette saison, une intégration particulièrement réussie. Au moment de disputer le Mémorial Wagner en Pologne, le central nordiste se confie.
Vous avez connu vos premières sélections en équipe de France A, comment se sont passés ces premiers pas en bleu ?
Je ne pouvais rêver d’un meilleur début avec les Bleus puisque nous avons gagné les deux premières compétitions auxquelles nous avons participé (TQCM et Ligue Mondiale). J’avais déjà vécu plusieurs étés en équipe de France jeune mais ici, le niveau d’exigence à l’entrainement et l’intensité lors des compétitions sont doublés. Heureusement, notre intégration s’est vraiment bien passée.

En effet, aussi bien sur le terrain que dans la vie du groupe, vous semblez avoir facilement trouvé votre place…
Le noyau de l’équipe joue ensemble depuis de nombreuses années. À notre arrivée au début de la saison, ils ne nous ont jamais rejetés. Malgré le fait que des amis à eux, ex-coéquipiers, n’aient pas été pris ou soient blessés pour un moment, ils ont réellement facilité notre intégration. Étant tous passés par là, ils savent certainement à quel point c’est important. Nous représentons une nouvelle génération.

Vous étiez capitaine de l’équipe de France moins de 21 ans. Les compétitions internationales, vous connaissiez déjà. Constatez-vous une grande différence entre les catégories jeunes et les seniors ?
Il y a un écart énorme. Entre les U19 et U21, on note une petite différence, physique surtout. Mais entre la catégorie U21 et les seniors, la marche est très haute. Tout va plus vite, plus haut, plus fort. Ce qui m’impressionne le plus, ce sont les changements de vitesse et de trajectoires à la passe. Cela m’a amené à élever énormément mon niveau de jeu. Tactiquement, la différence avec les tournois internationaux jeunes, c’est que les joueurs se connaissent davantage. En jeune, on avait déjà ce gros travail des statisticiens et avec la vidéo. Mais en deux ans, on jouait contre le même adversaire une ou deux fois seulement, pas plus. Tandis que là, des joueurs adversaires en saison internationale peuvent jouer dans le même club, ou participent au même championnats lors de la saison régulière. L’analyse est plus poussée.

En arrivant dans l’effectif de Laurent Tillie, vous attendiez-vous à autant de temps de jeu ?
Absolument pas… Cela a commencé lors du tournoi de qualification au Mondial 2018, Laurent Tillie m’a donné ma chance plusieurs fois et cela était déjà énorme. Ensuite, il y a eu le Final Six de la Ligue mondiale, lors duquel j’ai joué tous les matchs suite à la blessure de Nicolas Le Goff. Je ne m’y attendais pas du tout, cela est tombé un peu par hasard. J’ai adoré, en plus, nous avons gagné la compétition, c’était une super expérience.

On a vu beaucoup d’émotion lors des deniers points de la finale de cette World League, ce match était vraiment intense ?
Il y a toujours ce petit stress, puisque la situation était extraordinaire : nous étions en finale de la Ligue Mondiale, au Brésil, face aux Brésiliens, dans un stade en folie. Ma responsabilité était relative. On me demandait de jouer mon jeu, de faire mon boulot. En effet, ce n’était pas à moi de faire la différence, c’était plutôt le rôle des anciens : Earvin (Ngapeth) ou Totti (Benjamin Toniutti). Il y avait de la pression, mais je devais uniquement me concentrer sur mon jeu.

On se souvient quand même de ce bloc décisif, dans les derniers points du tie-break de la finale…
Oui, j’ai eu une chance énorme de me retrouver avec ce retour direct entre les mains. La balle est arrivée, Kevin (Le Roux) nous offrait une belle série au service, j’ai saisi cette opportunité et cela a fonctionné. À ce moment là, toute l’émotion est sortie d’un coup ! J’ai regardé mes camarades sur le banc et j’ai explosé de joie. Il n’y avait là aucune démonstration, comme on peut en faire quelquefois lorsque l’on marque un point. C’était purement naturel, c’était tellement beau.

Vous êtes en route pour le tournoi amical Wagner en Pologne, quel est l’état des troupes à mi-chemin de la préparation à l’Euro ?
On a bien profité de nos deux semaines et demie de vacances. Elles nous ont fait un bien fou physiquement mais surtout moralement parce qu’avant cela, on n’avait pas arrêté durant quasiment deux mois. On a repris le 27 juillet à Montpellier et pendant dix jours. Nous avons hâte de voir ce que cela donnera face à la Pologne, la Russie et le Canada. Ce sont de sérieux adversaires et ces matchs seront de bons tests pour préparer l’Euro.

Comment appréhendez-vous ce troisième rendez-vous de la saison internationale ?
On est très déterminés, on a à coeur de réaliser un doublé en conservant le titre remporté par les anciens il y a deux ans et en l’ajoutant à celui de la World League. On sait que l’on nous attendra avec une casquette de favoris, à nous de tenir notre rang pour finir champions. On a eu la chance d’avoir beaucoup de supporters en France lors du TQCM ou des matchs de la World League, j’espère que nous retrouverons certains d’entre eux en Pologne parce que cela nous donne véritablement de la force.

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A 13 en Pologne. L'équipe de France dispute de vendredi à dimanche le traditionnel Mémorial Hubert Jerzy Wagner qui a lieu à la Tauron Arena de Cracovie. Un tournoi sur invitation sous forme de mini-championnat à quatre équipes auquel elle avait été conviée une fois jusque-là, en 2015 (3e place), l'année de sa première victoire en Ligue Mondiale. Les Bleus, pour qui cette compétition sert de répétittion générale avant l'Euro, également en Pologne (24 août-3 septembre), affronteront successivement la Pologne (20h30 vendredi), la Russie (18h, samedi) et le Canada (15h, dimanche). 13 joueurs ont été retenus pour ce tournoi, dont Kevin Tillie, de retour après son opération à l'épaule en mars dernier, et Jean Patry tandis que Earvin Ngpaeth, ménagé, n'est pas du voyage. Les 13 : Benjamin Toniutti, Antoine Brizard (passeurs), Stephen Boyer, Jean Patry (pointus), Kevin Le Roux, Nicolas Le Goff, Barthélémy Chinenyeze, Daryl Bultor (centraux), Trévor Clevenot, Julien Lyneel, Thibault Rossard (réceptionneurs/attaquants), Jenia Grebennikov, Kevin Tillie (libéros).