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03/08/2017
Margaux Carrere et Alexia Richard : « On prouve que l’on existe »
Depuis le début de la saison, la jeune paire française Carrère/Richard enchaîne les bons résultats, victorieuse sur le Satellite de Siofok mais aussi en Série 1, à Orléans et au Touquet. Avant les finales du Championnat de France de Saint-Quay-Portrieux, elles ont répondu à nos questions.
C’est votre première saison ensemble et déjà plusieurs victoires au compteur. Quelle est la force de votre paire et celle de votre partenaire ?
Margaux Carrère : On est différentes et très complémentaires. On se bat sans cesse tout en s’amusant. Physiquement, on reste en-dessous des équipes du circuit mondial, mais on est plus rusées, plus malignes. Alexia est une vraie joueuse, elle aime piéger les adversaires. Elle joue aussi beaucoup sur l’euphorie et cela nous apporte une super dynamique.
Alexia Richard : Margaux a un fond de jeu très propre, ses passes de contre-attaque nous permettent de rester stables dans toutes les situations. Elle est très forte mentalement également, même s'il lui arrive de s'énerver trop rapidement, elle le gère de mieux en mieux. Mon point fort étant surtout le mental, elle sait me recadrer lorsqu’il faut être plus rigoureuse techniquement. Elle trouve toujours les bons mots.

Vous avez déjà remporté deux tournois de Série 1 cette année, un tournoi CEV
 Satellite en Hongrie et un titre universitaire. Pensiez-vous performer aussi vite ? 
Margaux Carrère : Sincèrement, non. À chaque tournoi, le maître-mot est de s’amuser. Cela nous permet de jouer libérées et ça fonctionne bien pour nous. On ne s’attendait pas à faire autant de podiums. Sachant que nous avons commencé l’entraînement ensemble en décembre seulement, à partir du tournoi indoor de Dijon.

Chacune de ces victoires a-t-elle la même signification pour vous ?

Margaux Carrère : Le Satellite de Siofok avait une saveur particulière. Aucune équipe française n’avait encore remporté un tel tournoi. Et puis finalement, on n’a pas vraiment le temps de savourer nos victoires puisque les tournois s’enchaînent à une vitesse folle. Les victoires en Série 1 sont vraiment géniales pour nous puisque, depuis trois saisons, la paire composée par Vendula Haragova et Micha Formankova gagnait tout. On a fini par les battre.
Alexia Richard : On a fait de beaux matchs en demi-finale aussi, en battant plusieurs fois Aline Chamereau et Lézana Placette. Malgré notre statut de troisième équipe de France, on est plus faibles sur le papier, mais on a montré par deux fois que l’on pouvait battre les équipes au-dessus. On serait finalement pas loin derrière, si ce n’est à niveau égal. On prouve que l’on existe.

Cette saison vous avez hérité d’un calendrier très chargé, mais très professionnel à la fois. C’était la première fois que vous viviez une telle saison ?
Margaux Carrère : Pour ma part, c’est bien la première fois que je participe à autant de tournois internationaux, autant de tournois tout court d’ailleurs. C’est un calendrier chargé mais cela fait plaisir, ça prouve que l’on nous fait confiance.
Alexia Richard : J’avais déjà vécu un telle saison, lorsque je jouais avec Lézana Placette l’an passé. Mais c’est la première année où je prends conscience que nous avons vraiment quelque chose à faire sur le circuit international.

Avec une compétition chaque week-end quasiment, ce calendrier représente peut-être aussi une source de motivation supplémentaire…
Alexia Richard : À l’image du match que nous avons joué lors du World Tour de Monaco contre Juliana, la Brésilienne médaillée olympique à Londres, ces oppositions ne durent que trente minutes mais sont riches en enseignements. Peu importe le résultat, il y a un tel niveau d’opposition que, de ces matchs, on ne veut retenir que le meilleur.
Margaux Carrère : On apprend beaucoup en match, plus qu’à l’entraînement désormais. Techniquement, nous avons déjà atteint un bon niveau. Ce que nous devons travailler, ce sont des situations particulières, des configurations du jeu que, par l’expérience, certaines équipes gèrent mieux que nous. C’est la compétition qui nous fait progresser.

Avec cinq étapes féminines avant les phases finales cette année, quelle est l’importance du Championnat de France dans votre saison ?
Margaux Carrère : Sur chaque étape du championnat de France, à partir des quarts de finale, tous les matchs deviennent intéressants. Cela nous permet de nous confronter régulièrement à des équipes de niveau élevé. C’est important aussi de prouver que nous méritons notre statut d'équipe de France. Gagner ces tournois permet de conforter notre statut.
Alexia Richard : Sur le Championnat de France, nous rencontrons souvent les mêmes équipes. On peut alors mesurer l’évolution de notre jeu. Nos matchs contre l’équipe franco-tchèque en sont un parfait exemple. On peut alors voir si l’on travaille avec la bonne méthode et si l’on avance sur le bon chemin.

Les phases finales du Championnat de France se tiendront à Saint-Quay-Portrieux du 4 au 6 août, vous faîtes partie des équipes favorites. Quel sont vos objectifs pour cette compétition ?
Margaux Carrère : L’objectif ne change pas : prendre du plaisir sur tous les matchs, ne pas avoir de regrets en se battant sur chaque point. Si l’on arrive à faire cela, on aura alors une chance d’arriver au moins sur le podium.

Ces phases finales marquent la fin des tournois de Série 1 en France, mais peut-être pas la fin de votre calendrier personnel, quelles sont vos prochaines échéances ?

Margaux Carrère : Ce n’est pas fini en effet ! Nous avons un tournoi Satellite fin septembre en Roumanie, et peut-être un World Tour 3 étoiles, donc avec les meilleures équipes du circuit international présentes, en Chine au mois d’octobre !
Alexia Richard : Nous saurons bientôt si nos points internationaux sont suffisants pour entrer dans le tableau. Autrement, nous avons déjà un plan B, un tournoi satellite à Bakou au même moment.