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29/05/2017
Laurent Tillie : « Les yeux qui brillent »
C'est un Laurent Tillie comblé qui a commenté la victoire de l'équipe de France sur l'Allemagne dimanche, synonyme de qualification pour le Championnat du monde 2018. Comblé par le résultat et par le potentiel d'une équipe à laquelle il prédit un brillant avenir.
Quel est votre sentiment après cette victoire contre l’Allemagne ?
Vous ne pouvez pas imaginer ma satisfaction, parce que quand nous avons vu le tirage au sort, nous nous sommes dit que ce n’était pas possible, on se retrouvait encore dans une poule de la mort avec l’Allemagne, une grosse nation de volley. En plus, je voyais beaucoup de joueurs blessés, plus les retraites, nous étions inquiets. Donc le fait de passer avec la manière et une équipe encore rajeunie, c’est une grosse satisfaction et un arc-en-ciel. La moyenne d’âge, c’est 24 ans. Là, vous voyez 2020 et 2024, C’est fantastique ! Quand j’ai pris l’équipe de France, nous n’étions qualifiés pour rien, là, nous sommes qualifiés jusqu’à 2019, il ne reste plus que les Jeux de Tokyo, nous avons une belle campagne à mener.

Vous êtes un entraîneur heureux ?
Oui, heureux, parce que je vois la qualification, je vois une programmation, je vois l’épine dorsale de cette équipe toujours aussi solide et les jeunes qui arrivent, Boyer, Chninenyeze, Bultor, Brizard. Je vois aussi Clevenot qui ne jouait pas beaucoup l’année dernière et rayonne aujourd’hui, Julien (Lyneel), qui avait eu des blessures et a fait un très bon tournoi, j’ai les yeux qui brillent de voir toutes ses potentialités.

Les joueurs évoquent souvent l’ambiance qui règne dans ce groupe, là aussi, c’est fondamental, non ?
C’est primordial. C’est vrai que quand on parle de sport de haut niveau, on parle de physique, de technique, de mental et de tactique. Ce soir, c’était un match tactique, mais il y a aussi la dimension sociale de l’équipe : comment on s’entend ? Est-on prêts à se supporter et à se rentrer dedans ? Cette dimension sociale est très très importante, je crois que les anciens ont très bien accueilli les jeunes qui se sont intégrés très rapidement.

"Ce qui a bien motivé les joueurs, ce sont les vacances que je leur ai promises si on passait"

Quel était votre plan de jeu face à l’Allemagne ?
Nous avions prévu d’alterner services puissants et flottants, nous avions prévu d’éliminer Fromm en réception ainsi que le 6 (Kaliberda), nous avions aussi prévu de prendre des angles précis au bloc et nous avons réussi à faire disjoncter leur pointu, Grozer. Après, ce qui a été primordial, c’était la rotation de départ : on savait que les Allemands partaient toujours dans la même position, donc il fallait calculer la bonne rotation pour tenir leurs services. Et Jenia (Grebennikov) a fait un match énorme, accompagné de Julien (Lyneel) et Trévor (Clevenot), ça nous a permis de tenir. Ce soir, la grosse satisfaction, c’est la rigueur au bloc : 15 blocs ! On a fait tout un Championnat du monde en 2014 en faisant 15 blocs en tout ! C’est la preuve que le travail paie, qu’il y a de la rigueur, de l’envie et du physique.

Comment avez-vous décidé la titularisation de Stephen Boyer ?
Elle s’est faite au cours du tournoi : j’ai vu qu’il prenait de l’envergure et de l’assurance, on l’a intégré petit à petit et il a pris ses aises. Il a une grosse présence au filet au niveau du bloc, et face aux Allemands, j’avais besoin d’un peu plus de bloc. Après, il a tenu au service et à l’attaque, c’est bien.

Après le premier set, n’avez-vous pas eu peur que votre équipe ne parvienne pas à tenir le rythme élevé ?
Si, normalement, on aurait dû exploser. Je pense que le match a tourné au deuxième set : on est menés 15-13, je voulais faire un double changement parce que l’équipe commençait à plonger, j’avais prévu de faire rentrer Antoine Brizard et Thibault Rossard pour relancer du dynamisme. Mais avec les tablettes, on n’a pas réussi à faire ce double changement, et comme par hasard, Benjamin (Toniutti) nous a fait un bloc, et là, le match a basculé, ça a redonné de l’énergie à l’équipe.

Ce match, on a l’impression vous l’avez préparé depuis un mois…
Oui, quand on a vu la poule, on a tout de suite commencé à préparer l’Allemagne. Ce qui a bien motivé les joueurs, ce sont les vacances que je leur ai promises si on passait.

Avant les vacances, il y a la World League, dans quel état d’esprit allez-vous aborder cette compétition ?
Nous y allons avec l’ambition de jouer tous les matchs à ce niveau. Quand on joue aussi bien que ça, on n’a pas envie de redescendre. En fait, on se fait plaisir à bien jouer. Nous, on vise les podiums. Maintenant, on sait qu’on est dans une poule difficile parce qu’on va jouer la Russie, la Bulgarie qui a une nouvelle équipe, l’Argentine, puis on revient en France où on va jouer les Etats-Unis, la Russie et l’Italie, après on repart en Belgique.