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(Miniature) Marion Gauthier-Rat : « Nous comptons prendre notre revanche »
Marion Gauthier-Rat (debout, au centre) et les Nantaises veulent la Coupe.
23/03/2016
Marion Gauthier-Rat : « Nous comptons prendre notre revanche »
Deux ans après s’être inclinées face à Cannes à Coubertin, Nantes et Marion Gauthier-Rat retrouvent les Azuréennes dimanche au même endroit pour une nouvelle finale de la Coupe de France. La capitaine espère que cette fois, le VBN saura se montrer à la hauteur de l’événement. Elle évoque également l’équipe de France, qu’elle retrouvera sans doute en mai.
Marion, Nantes s'est incliné à domicile en Championnat face à Béziers (entretien réalisé avant le match en retard de la 15e journée joué et gagné mardi contre Chamalières), aviez-vous déjà la tête à la finale de la Coupe ?
Non, pour la bonne raison que nous sommes un peu en danger au niveau de la qualification pour les playoffs. Même si nous avons toutes les cartes en main, nous avons donc essayé de nous concentrer sur les matches de Championnat avant de nous projeter sur la finale. Après, nous y pensons forcément un peu, parce que cette échéance arrive cette semaine et il faut aussi la préparer sur le long terme.

Comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par Nantes cette saison en Ligue A ?
Nous manquons de régularité dans notre jeu : nous sommes capables de présenter un gros niveau de jeu et de faire de grosses performances, mais en même temps, nous perdons parfois notre niveau secteur par secteur, sans être capables de garder un niveau seuil. Nous sommes encore trop fébriles, nous payons parfois cette irrégularité.

Revenons sur cette finale de Coupe, la préparez-vous de façon spécifique ?
Depuis un mois, nous essayons de nous entraîner une fois par semaine avec les ballons Molten (rouge, blanc et vert, différent du Mikasa bleu et jaune utilisé en Ligue A, ndlr). C’est un gros changement, donc nous faisons beaucoup de contact pour nous habituer à la touche de balle. Sinon, avant de penser à l’adversaire, nous sommes surtout focalisées sur nous. Le problème, c’est notre niveau de jeu à nous, nous devons penser à retrouver nos sensations.

Il y a deux ans, vous aviez perdu en finale de cette Coupe de France face à Cannes, quel souvenir en gardez-vous ?
J’ai le souvenir d’un événement super à vivre. Je souhaite à tout le monde de disputer une finale de Coupe de France, c’est un environnement très particulier, tout se joue sur un match, c’est exceptionnel. Après, quant au match lui-même, nous étions passées un peu à côté, nous n’avions pas été capables de montrer ce que nous savions faire. Cela avait été une déception de ne pas être rentrées dans ce combat avec toutes nos armes. Donc cette fois-ci, nous comptons prendre notre revanche, nous avons vraiment envie d’aller chercher le titre.

"Il y a forcément quelque chose de symbolique à battre Cannes"

Cette équipe de Cannes, vous l’avez battue en Championnat cette saison, preuve que c’est faisable ?

Oui, c'est vrai, nous l’avons déjà fait ; au niveau du championnat, nous sommes à 1-1 puisque nous avons aussi perdu chez elles. On se rend compte que dans le Championnat cette saison, toutes les équipes sont capables de battre n’importe quelle équipe. Certaines tiennent davantage sur la durée, mais sur un match, on n’est jamais sûr à 100% du résultat, tout reste possible. Maintenant, une finale, ça passe très vite, si on est d’entrée à côté, on ne peut plus se rattraper, nous l’avons vécu à nos dépens il y a deux ans. Donc il faudra arriver très concentrées et déterminées, ce sera un grand combat parce que les Cannoises le seront aussi. Peut-être que la pression sera davantage sur elles, du fait de leur palmarès.

L’exemple, c’est Le Cannet l’année dernière, parvenu à arrêter une série de douze victoires de rang du RCC ?
Oui, nous avons toutes envie de vivre la même chose. Il y a forcément quelque chose de symbolique à battre Cannes qui a gagné tant de fois la Coupe, et inscrire son nom au palmarès, c’est quelque chose d’historique, ça ne s’efface pas.

Justement, Nantes n’a jamais gagné de titre national, ne craignez-vous pas la pression liée au poids de l’histoire ?
Non, s’il y a de la pression, c’est surtout dans la manière, dans le fait de produire un bon niveau de jeu. Nous savons que la victoire ne sera pas facile, que nous ne sommes pas forcément favorites, mais nous avons vraiment envie d’effacer cette première finale qui n’était pas représentative de ce que nous savions faire.

"Les garçons, un exemple à suivre pour nous"

Vous êtes aujourd’hui une joueuse importante du collectif nantais, comment jugez-vous votre saison ?
C’est une saison où j’ai effectivement un peu plus de responsabilités, à la fois dans le jeu, puisque j’ai été amenée à jouer une grande partie de la saison, mais aussi au niveau de mon rôle de capitaine. C’est à la fois excitant dans le sens où je me sens importante pour l’équipe, mais aussi un peu plus stressant car ces responsabilités supplémentaires, je les ai aussi dans la défaite. Au niveau collectif, notre saison est en demi-teinte car les résultats du Championnat ne sont pour l’instant pas à la hauteur des objectifs que nous nous étions fixés, mais nous sommes en finale de la Coupe, ce qui constituait aussi un de nos objectifs.

Autre objectif pour vous cette saison, l’équipe de France. Comment avez-vous accueilli le plan de relance du secteur féminin récemment annoncé avec notamment le retour cette saison en Ligue Européenne ?
Forcément bien, parce que par le passé, on nous a fait beaucoup de promesses qui n’ont pas été toutes tenues et nous avons été déçues de n’avoir que peu d’opportunités de pouvoir exister. Donc cet été, avec les stages et la Ligue Européenne, nous allons avoir les moyens de travailler pour construire cette équipe de France.

Plusieurs d’entre vous ont pris des responsabilités cette saison, peut-on dès lors s’attendre à voir cette équipe de France élever son niveau de jeu ?

Je suis persuadée que le niveau d’une joueuse grandit avec l’expérience du terrain, donc plus nous aurons de Françaises qui seront titulaires en clubs, plus nous aurons de chances de développer une équipe compétitive et performante.

Vous avez forcément suivi le parcours des garçons en 2015, ça donne envie ?
Oui, évidemment. Ça permet de montrer que la France en volley est capable de faire beaucoup de choses. Les garçons ont été excellents, bravo à eux, j’espère qu’on va pouvoir profiter de la lumière et de la médiatisation qu’ils ont gagnées au mérite et que nous serons capables de faire aussi de belles choses. On voit que c’est un groupe qui s’est construit à partir d’une bande de potes et qui a gravi des échelons, avec la volonté d’aller performer en se fixant des objectifs communs, c’est évidemment un exemple à suivre pour nous.