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31/03/2016
Salvan : « On doit se qualifier »
Comme les garçons, les juniors françaises disputent cette semaine à Riga (Lettonie) un Tournoi de Qualification au Championnat d’Europe 2016 U19. Arrivé à la tête de cette équipe l’été dernier, Philippe Salvan espère que les Tricolores arriveront à décrocher leur billet pour la compétition qui aura lieu fin août en Slovaquie et Hongrie.
Pouvez-vous nous présenter l’équipe de France U19 ?
Avec Laurent Laval, mon adjoint, nous avons repris cette équipe en juillet 2015, nous sommes partis de l’ossature de l’équipe de France cadette et nous avons fait évoluer le groupe à travers les différents stages que nous avons faits depuis la Toussaint. Par rapport à l’équipe cadette de l’année dernière, il reste six joueuses, la plupart sont regroupées à l’IFVB à Toulouse, quatre, qui jouent en club, viennent de l’extérieur : Solenn Fabien en Suisse (Neuchâtel), notre capitaine, Clara Martin, à Béziers, Katia Tetuanui à Meximieux, près de Lyon, et Sarah Lecrosnier à Rennes. Nous avons une équipe très jeune, puisque la majorité des joueuses sont de 1999, même celles de 1998 sont nées à la fin de l’année, nous n’avons qu’une joueuse majeure. Et à cet âge, un an d’écart, c’est énorme en termes de maturité physique, technique et mentale. Pour certaines qui n’ont fait que cinq-six ans de volley, un an de plus, ça peut représenter 20% de leur carrière.

Comment s’est passée la préparation ?
Nous l’avons démarrée le 28 février, et pendant un mois, nous avons eu les joueuses à disposition, à l’exception des quatre qui ne sont pas à l’IFVB qui ont dû jongler avec leurs impératifs de club et d’études et ont fait quelques allers-retours. Nous avons commencé par deux premières semaines de préparation physique et technique à Toulouse, puis nous avons disputé trois rencontres avec des clubs pros, une contre Béziers, deux contre Istres, je tiens d’ailleurs à remercier ces clubs qui ont joué le jeu de nous aider à nous préparer en nous ouvrant leurs portes, c’était vraiment très riche pour nos joueuses. Ensuite, nous sommes partis faire trois matches aux Pays-Bas contre les Hollandaises, qui, jusqu’à présent, étaient clairement d’un niveau supérieur. L’idée, plutôt que de jouer des équipes à notre portée, était d’aller chercher dans l’adversité une élévation du niveau de performance des filles, cela ne peut que nous aider à monter notre niveau d’exigence et d’intensité. Contre les clubs pro, nous avons perdu, ce qui est complètement normal, mais sans être ridicules ; contre les Hollandaises aussi, mais nous ne perdons le premier match, avec toutes nos joueuses, que 3-2.
 Ensuite 3-1 le suivant et 4-0 le dernier, avec pas mal d’absentes. Par rapport à l’année dernière, où on faisait 16 points en moyenne par set contre elles, nous avons indéniablement progressé.

Comment se présente ce TQCE ?
Cette équipe avait un gros retard à l’allumage quand nous l’avons prise en main puisqu’elle ne s’est pas qualifiée l’année dernière pour le Championnat d’Europe, elle travaille dur pour le combler. Il va falloir que ce soit suffisant pour la qualif, mais nous avons eu la chance d’avoir un tirage au sort « clément », puisque nous avons évité les grosses nations, les Italiennes, les Russes, les Allemandes, les Serbes, les Turques. Nous avons une poule très ouverte, le premier match contre les Slovènes va être décisif.

Que vaut cette équipe de Slovénie ?
C’est une équipe qui a un peu le même profil que nous, à savoir que ce n’est pas forcément très fort sur les postes de contreuse-centrale, le niveau de taille est à peu près équivalent, nous avons comme elles des compétences importantes autour du service, les deux équipes ne tapent pas forcément, mais elles sont organisées, avec un plan de jeu, un ballon qui vit, il va falloir que les filles soient patientes, le match va sans doute être long. L’entrée dans une compétition est toujours difficile, l’équipe qui sera la plus libérée prendra l’avantage sur le début du match qui donne souvent le rythme pour la suite, nous allons donc travailler là-dessus avec les joueuses pour qu’elles soient prêtes émotionnellement à entrer dans la compétition. Parce qu’à cet âge-là, les filles sont parfois mortes de peur quand elles abordent des matches de ce niveau, c’est normal, je l’ai aussi vécu quand j’ai été joueur.

"Le premier match sera décisif"

Que pensez-vous des deux autres adversaires ?

L’Azerbaïdjan est peu apparu sur le circuit international, c’est compliqué d’avoir des infos sur cette équipe, mais comme nous les jouerons sur le troisième match, nous aurons l’occasion de les voir sur les deux premières journées, ce sera suffisant pour faire une analyse. Ce qui est sûr, c’est que quand on regarde les tailles des joueuses, il n’y a pas d’énormes gabarits, maintenant, l’Azerbaïdjan, c’est l’école russe, service-block-attaque, sans doute un défi physique, ça fait quarante ans que c’est comme ça. Quant à la Lettonie, c’est normalement sur le papier l’équipe la plus faible, mais à cet âge-là, l’émotion joue beaucoup, le fait de jouer à domicile peut avoir une influence. C’est une équipe qui « bricole » bien le ballon, avec des joueuses pas forcément grandes mais qui se bagarrent, il faudra là encore beaucoup de patience, ne pas se crisper si on n’arrive pas à faire le point.

Pensez-vous avoir les moyens de jouer la première place, directement qualificative pour le Championnat d’Europe ?
Le premier match sera décisif, il faut être premier de la poule pour passer, donc on ne doit pas passer à travers de ce match. Après, si nous sommes lucides, cette équipe de France a disputé quatorze matches internationaux, elle n’en a gagné qu’un, donc nous n’allons pas dire que nous sommes favoris. Les Slovènes étaient au Championnat d’Europe cadettes, nous non. Ce qui est sûr, c’est que favori ou non, je n’imagine pas qu’on ne se qualifie pas, j’ai plus envie de parler d’état d’esprit et de volonté, nous partons en Lettonie pour nous qualifier. Face à la Slovénie, nous avons 50% de chances de passer, je ne veux parler que de ces 50%. Nous voulons que les filles ne regrettent rien à la fin, il faut qu’elles ne soient pas intimidées, la qualif ne viendra que si elles sont investies et heureuses d’y être.

Si la France ne termine pas première, il y aura toujours un tour de repêchage…

Oui, chaque second ainsi que le meilleur troisième de l’ensemble des poules se retrouveront dans deux poules de quatre. Maintenant, le moyen de se qualifier le plus facile est de terminer premier, parce que comme je vous l’ai dit, nous avons eu un bon tirage et le tour de repêchage peut être bien plus compliqué : dans les autres poules, il y a deux voire trois grosses équipes, je pense notamment à celle qui comprend l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, trois équipes qui ont été dans les six premières du Championnat d’Europe cadettes, ou celle avec la Russie et la Pologne. Comme seul le premier se qualifie directement, certaines de ces équipes iront en poule de repêchage, ce sera donc très compliqué. Donc on doit se qualifier là, c’est la meilleure route.

L’équipe de France en Lettonie :

Réceptionneuses-attaquantes: Scherine Dahoue, Clara Martin (capitaine), Solenn Fabien, Bruna Pezelj
Pointues: Lisa Jeanpierre, Pia Szewczyk
Centrales: Constance Plat, Katia Tetuanui
Passeuses: Adeline Aubry, Sarah Lecrosnier
Liberos: Ludivine Casali, Chloé Once

Entraîneurs : Philippe Salvan, Laurent Laval (adjoint)

Le programme de la Poule F :
Vendredi 1er avril (15h30) : France-Slovénie
Samedi 2 avril (17h) : France-Lettonie
Dimanche 3 avril (14h30) : Azerbaïdjan-France